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Les caractéristiques d’un bon shôjo

by on28 avril 2013
 

Dans le cadre de la semaine du shôjo, nous avons organisé un événement interblogueur. L’objectif est de confronter l’avis de plusieurs blogueurs sur un thème commun. Quelles sont les caractéristiques d’un bon shôjo ? Qu’est ce qui nous intéresse dans les shôjo ? Tu pourras donc trouver les liens vers tous les articles de la série à la fin de notre billet.

Nous avons rédigé cet article à deux donc il nous a fallu trouver un point commun malgré nos goûts différents. C’est pourquoi, nous avons volontairement réduit notre champ d’analyse. Nous avons confronté nos idées et avons déduit que ce qui faisait un bon shôjo, selon nous, ce sont ses capacités à nous permettre de nous identifier aux personnages mais aussi et surtout de nous faire ressentir toutes sortes d’émotions.

Des personnages à la psychologie développée favorisant l’introspection et l’identification

Gros plans sur les émotions

Les auteurs de shôjo usent souvent de monologues intérieurs ou introduisent une voix off qui explicitent les pensées ou le ressenti des personnages. Ces textes mettent des mots sur des idées et des sentiments. Ils sont souvent écrits en marge des bulles de dialogue et insistent sur le cheminement intérieur du personnage, consécutif à un échange ou un événement.

Parfois, nous parvenons à comprendre les protagonistes par leurs actes ou leurs expressions faciales. Les mangaka font souvent de gros plans sur un visage ou un regard pour les mettre en valeur. Le découpage déstructuré des pages facilite ces mises en avant. Il n’est pas rare d’avoir une seule image sur une page entière ou une demi-page.

Les tramages accentuent aussi les émotions. La joie sera symbolisée par des arrière-plans légers, des bulles, des fleurs ou des paillettes alors que le drame ou la souffrance seront matérialisés par des fonds sombres et opaques.

Des personnages qui nous ressemblent

Dans certains shôjo et josei, les personnages sont très réalistes. C’est le cas des protagonistes du manga Complément affectif qui brosse le portrait de plusieurs hommes et femmes adultes confrontés au monde du travail. Le shôjo Comme elles dépeint la vie de deux lycéennes se heurtant à des difficultés de la vie quotidienne.

Dans un style plus humoristique, nous pouvons citer Switch girl, Hotaru et No longer héroïne. Le premier parodie et amplifie toutes les petites manies des filles. Le contraste entre le mode off et on de Nika est trop spectaculaire pour être un véritable reflet des habitudes féminines. Néanmoins, nous avons toutes tendance à porter des vêtements confortables, des coiffures pratiques une fois que nous sommes loin des regards.

Manga switch girl Nika en mode on et off

Le contraste entre les modes off et on de Nika

Les deuxième et troisième caricaturent des comportements féminins qui ne sont pas si rares dans la vie de tous les jours. Hotaru reste spectatrice de sa vie, en flemmardant et s’enfermant dans une agréable routine. Quant à Hatori, elle fantasme sa vie plutôt que d’agir. Leurs agissements nous font rire parce que nous pouvons y retrouver certaines de nos propres attitudes tournées en dérision.

Dans les shôjo fantastiques, d’aventure ou mettant en scène un héros ou une héroïne exceptionnels, il est tout de même possible de s’identifier à eux. Même s’ils possèdent un don hors du commun ou vivent dans un monde très différent du nôtre, leurs réactions sont réalistes. Nous nous mettons à leur place et nous nous interrogeons sur la façon dont nous aurions agi en pareilles circonstances.

Par exemple dans Basara, Sarasa a perpétuellement des doutes sur sa légitimité. Elle se demande sans cesse comment son frère aurait agi, quelles décisions il aurait prises dans une situation similaire. Parfois, son combat et la poursuite de son objectif, aussi louable soit-il, la conduisent à sacrifier un camarade.

Dans Hikari no densetsu, l’héroïne, bien qu’excellente, est aussi en proie aux doutes. Elle remet à plusieurs reprises son talent en question face à celui de ses adversaires. Chaque compétition l’amène à se dépasser.

Des situations qu’on a déjà vécues

Le lecteur peut aussi se projeter à la place d’un personnage parce que la situation qu’il vit pourrait lui arriver ou parce qu’il l’a déjà vécue.

Dans Le sablier, la petite An se voit contrainte de quitter sa ville après le divorce de ses parents. Elle constate, impuissante, jour après jour la souffrance de sa mère. An se retrouvera seule, sans ses parents et devra apprendre à vivre sans eux malgré son jeune âge.

Les rapports avec les parents sont souvent développés dans les shôjo, notamment lorsque les personnages sont collégiens ou lycéens. Soyo de Simple comme l’amour est en rébellion contre son père peu démonstratif et sévère. Ce manga dévoile aussi un aspect original des relations filiales car les histoires de jeunesse des adultes influent plus ou moins celles de leurs enfants.

Piece de la même auteur que Le sablier présente une large galerie d’adolescents rencontrant tous des difficultés de ce type. La mère d’Haruka par exemple n’a jamais essayé de connaître sa fille. Celle de Narumi, qui est psychologue, ne lui prodigue aucune affection et se sert de lui comme sujet d’expérimentation.

Le thème du passage de l’enfance à l’adolescence est un grand classique dans les shôjo. Les filles découvrent que leur corps change. Le meilleur exemple est le manga Les secrets de Léa dont l’objectif est clairement pédagogique. Le sablier démontre que la fin de l’insouciance caractéristique de l’enfance marque l’entrée dans la vie adulte.

A fleur de peau ou Comme elles décrivent la descente aux enfers de leurs héroïnes. Victimes d’agression, elles doivent toutes deux faire face à la dépression et apprendre à vivre avec leurs traumatismes. Les descriptions des tourments psychologiques de Natsume et Kazumi sont criantes de vérité. Si vous avez déjà connu ce genre de situation, vous vous retrouverez dans ces deux personnages.

Dans le même style, nous pouvons citer les cas d’ijime (brimades) avec un manga tel que Life. Dans cette série, les profils des personnages sont tellement variés que nous pouvons nous projeter sur l’un ou l’autre des personnages : la victime, ses amis qui cherchent à la défendre mais aussi ses bourreaux, ou les spectateurs passifs.

Manga Life scène d'automutilation

Ayumu s’automutile

Les josei ou les shôjo dont les protagonistes sont des adultes mettent en exergue les difficultés du monde du travail. Les héroïnes ne savent pas toujours quels sont leurs désirs. Quel métier ont-elles envie de faire ? Préfèrent-elles favoriser leur vie personnelle ou détriment de leur carrière ou vice-versa ?

Hachiko dans Nana fera ainsi plusieurs tentatives rarement couronnées de succès. L’apparente immaturité de la jeune fille cache en fait son incapacité à savoir ce qu’elle désire réellement. Mlle Oishi dans le josei du même nom est confrontée au même dilemme.

Complément affectif et In the clothes named fat mettent en évidence les obstacles auxquels une femme peut être confrontée dans son travail. Elles peuvent être victimes de discrimination ou peinent à faire reconnaître leurs qualités et compétences.

Dans leur vie personnelle, les héroïnes de shôjo subissent parfois l’infidélité de leur partenaire. C’est le cas de Kazumi de Comme elles et de Noko de In the clothes named fat. Dans Nana, Hachiko est trompée par Shôji puis à son tour elle blesse le gentil Nobuo.

Des sentiments qu’on a déjà ressentis

Personne n’a jamais vu de yokai comme Natsume du pacte des yokai. Par contre, le sentiment de solitude avec lequel il vit quotidiennement et le rejet dont il est victime ne sont pas rares. C’est d’ailleurs la large palette de réactions humaines mises en scène dans ce manga qui le rendent si exceptionnel.

Au fil des tomes, nous pouvons d’ailleurs constater la lente évolution du héros. Il va en effet découvrir l’amitié et le plaisir de côtoyer ses semblables mais aussi les yokai. Princess Jellyfish possède une trame un peu similaire. Au contact de Kuranosuke, Tsukimi et ses colocataires vont faire de nouvelles expériences et s’ouvrir aux autres.

Dans Nana ou Comme elles, nous suivons un couple d’amies à travers les bons moments qu’elles partagent, les démonstrations de solidarité dont elles font preuve lorsqu’elles souffrent, mais aussi leurs petits conflits ou leurs jalousies.

Kanori et Kazumi du manga comme elles

Les deux amies du manga Comme elles

Dans les shôjo, l’amour est évidemment très présent et dépeint sous toutes ses formes. Il y a énormément de mangas décrivant les premiers émois amoureux tels que Sawako, Cat Street, A romantic love story, Strobe edge, etc.

Parfois, les histoires de cœur peuvent prendre une tournure plus dramatique ou torturée comme c’est le cas dans Heartbroken Chocolatier. Sohta vit un amour à sens unique. Elena fantasme sur un homme dont elle ne sait presque rien. Leur relation est d’ailleurs très intéressante car leur souffrance les a rapprochés. Dans Le sablier, c’est la difficulté de s’aimer à distance qui est représentée.

Happy Mania, quant à lui, met en scène une femme qui recherche l’amour de façon presque désespérée. Shigeta est tellement obnubilée par son célibat qu’elle se précipite systématiquement dans les bras du premier beau mec qui s’intéresse à elle.

Dans Nana, Les fleurs du passé, C’était nous ou Comme elles, les personnages doivent apprendre à aimer de nouveau après un deuil ou un échec sentimental.

Les mangas qui sont cités à titre d’exemple reviennent à plusieurs reprises dans l’analyse. En effet, les mangaka de shôjo ont cette faculté de développer plusieurs personnages vivant et réagissant différemment. Ainsi, nous pouvons très facilement nous reconnaître dans l’un d’entre eux ou dans plusieurs d’entre eux dans une même série. C’est parce que nous nous sentons proches des protagonistes que nous pouvons facilement faire preuve d’empathie à leur égard et ressentir toute une palette d’émotions.

Des émotions différentes ressenties au cours de la lecture

Grâce à leurs scènes développant la psychologie de nos protagonistes, les bons shôjo appellent à la sensibilité de chaque lecteur et nous permet de connaître différentes émotions. Cela lui permet de s’investir dans le récit et le ressentir à son tour. De la joie à la tristesse ou de l’horreur à l’attendrissement, nous vivons pleinement chaque histoire.

Rire aux éclats devant une bonne comédie

Pour commencer, il arrive souvent que l’on rit à grands éclats en regardant ou lisant une bonne petite comédie. En effet, de par leurs situations drôles émanant de quiproquos ou l’exagération des expressions de nos protagonistes favoris. Le rire est souvent assuré quand l’auteur se sert de son personnage comme d’un ressort comique.

Cela est notamment le cas des deux héroïnes de Switch girl et No longer heroine. Dans les deux, les mangaka prennent un malin plaisir à déformer la tête de leur vedette pour leur créer des visages très tordants. Voici un petit florilège des meilleures « tronches » de Nika et Hatori.

nika-hatori-marrant

Les visages ultra déformés de Nika et Hatori. Elles font peur !

L’anime de la série Host club n’est pas en reste non plus avec Tamaki et ses bouderies. Grâce à une répétition de ces scènes, le comique se crée et nous rions à ses dépens. D’autant que Bisco Hatori utilise, pour mieux accentuer ces moments, la technique du personnage super déformé. Le personnage perd toute forme humaine pour ressembler à un genre de pion d’échiquier.

Un autre protagoniste parvient à nous redonner la joie de vivre rien que par sa personnalité délurée, son expressivité et son côté légèrement enfantin. Il s’agit de Noda Megumi (Nodame cantabile), plus connue sous le surnom Nodame. Ses onomatopées comme « gyaboooo » en sont devenues mythiques.

Pleurer à chaudes larmes devant un drame intense

Ensuite, certaines scènes issues de shôjo dramatiques réussissent à nous faire pleurer à chaudes larmes. Nous sommes tellement plongés dans l’histoire que nous la vivons. Les blessures des personnages nous attristent tout autant qu’eux, parce que parfois elles rappellent les nôtres et leur font écho. La révélation d’un passé douloureux, la séparation ou la mort d’un personnage font partie de ces scènes-là.

C’était nous, malgré l’apparente légèreté de ses dessins, est un bon exemple car il réunit de nombreux éléments qui réussissent à nous faire pleurer. Plus particulièrement, la scène finale de l’anime m’a véritablement émue car déchirante. Cependant, il s’agit de la raison principale pour laquelle je l’ai adoré.

De son côté, Cat street de Yoko Kamio n’est pas en reste puisque le passé de notre jeune héroïne est difficile à dépasser au départ. Parfois, nous ressentons les obstacles qui lui font face, et ils sont nombreux au début.

Full moon – A la recherche de la pleine lune constitue tout autant un formidable récit poignant. Mitsuki, qui vit une grande tragédie, nous dévoile un pan de son passé, qu’elle avait volontairement occulté et préféré enfouir. C’en est d’autant plus touchant que nous le découvrons en même temps que les autres protagonistes. Et toujours dans cette même série, Meroko et son passé se révèlent tout autant émouvants.

Être terrorisé en lisant un thriller haletant

En dehors de la joue et de la tristesse, certains shôjo parviennent à nous effrayer ou tout du moins nous tenir en haleine, en véritables thrillers. Le mangaka parvient à créer une ambiance fortement dotée en suspense ou très malsaine. Le doute plane souvent par ailleurs et il est parfois question de comportements contraires à l’éthique.

The top secret représente l’archétype de ces séries d’horreur dont l’ambiance très pesante contribue à faire frissonner.

Un peu différemment et bien moins sombre, Coelacanth grâce à l’intervention d’un « protagoniste » un peu hors du commun apporte à l’ambiance, déjà particulière de l’histoire, un côté très lugubre, voire complètement glauque. En effet, lorsqu’il apparaît, le fond s’assombrit la plupart du temps.

coelacanth-mouton

Première apparition du mouton : flippant ?

L’attendrissement provoqué par des personnages mignons

Puis, dans un autre registre, nous pouvons retrouver les mangas et anime inspirant un certain attendrissement. La kawaii attitude est là ! Plus adaptés à un jeune public cela ne leur empêche pas d’être plébiscités par des lecteurs plus âgés. Souvent, ce sont des personnages mignons et un peu innocents sans trop l’être non plus, l’utilisation de « chibi » et d’accessoires qui peuvent provoquer ce type d’effet. Pour accompagner le tout, le mangaka aime à adopter un dessin tout en rondeur et en douceur.

Par exemple, dans Hiyokoi, Hiyori est une jeune lycéenne très petite et toute timide. Elle a un visage enfantin et est souvent affublée d’un petit poussin sur sa tête, ce qui la rend tellement adorable.

yoichi-académie-alice

N’est-il pas trop mignon le petit Yoichi ?

Dans un autre shôjo, L’académie alice, celui qui remporte la palme du personnage mignon est sans conteste Yoichi, cet alice de 3 ans. Sa bouille ronde et ses grands yeux m’ont fait craquer ! En plus, la plupart du temps, il est dans les bras de Natsume. Or, comme l’un de nos hôtes de Host club l’atteste : pour que le personnage soit encore plus mignon, il faut lui associer un élément contraire et l’effet est assuré !

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La petite fée Caramel

Yumeiro Pâtissière, également, constitue une série très touchante et adorable comme tout. Là aussi ses protagonistes sont très jeunes mais ce sont davantage les petites fées qui les accompagnent qui éveillent le « mignonnomètre » qui sommeille en chacun de nous. A cela, il faut ajouter les petites voix de ces derniers pour parfaire l’ensemble.

Le mélange des émotions

Et parfois, il arrive qu’au cours d’une même série, différentes émotions se succèdent et nous passons du rire aux larmes assez facilement, sans que cela ne pose de problème car l’auteur a su amener les événements.

Mitsuko attitude le montre très bien. En effet, si au départ il s’agit d’une comédie un peu grasse avec des situations peu ragoutantes, la suite se révèle bien moins légère. Le point culminant du récit se situe dans les deux derniers tomes. Pour ma part, j’ai passé tout le volume 6 à pleurer tellement c’était très intense et je ne voulais pas y croire !

Aussi, même s’il a déjà été cité, L’académie alice va au-delà de son aspect enfantin. Au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire, celle-ci se noircit. Les mystères sont également assez nombreux, notre héroïne est souvent accablée et fait face à beaucoup d’adversité. C’est aussi le cas des autres personnages qui traversent de nombreuses épreuves.

Au final, nous pouvons dire que l’avantage du shôjo est de provoquer des émotions allant au-delà du cadre du genre. C’est ce qui fait sa force et aussi sa transversalité. Il faut donc se méfier des apparences et ne pas penser qu’une romance sera forcément une histoire mielleuse.

Le shôjo se prête facilement à l’introspection et au développement de sentiments chez le lecteur. Ce sont des éléments indispensables pour reconnaître la qualité d’un titre mais ils ne sont pas les seuls. La diversité des genres de shôjo rend l’analyse ardue. Les thèmes abordés sont donc évidemment aussi importants mais varient d’une personne à l’autre. Par ailleurs, il ne faut pas non plus oublier que certains shônen ou seinen parviennent également très bien à provoquer l’émotion ou l’empathie du lecteur. Traiter cette question des caractéristiques d’un bon shôjo revient à examiner ce qui fait un bon manga, voire un bon livre de façon plus générale.

Les articles des autres blogs

Que penses-tu des différentes réponses apportées par les blogueurs ? Quel est ton avis sur la question ? Qu’est-ce qui t’intéresse dans les shôjo ?

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  • Kuon
    9 mai 2013 at 19:07

    Super article ! Et puis je connaissais pas du tout ces transversales inter-bloggeurs ! C’est trop cool !
    Pour moi, le shôjo ça a longtemps été la romance d’une nana, lycéenne, qui se trouve trop moche mais qui en fait fait tomber tous les beaux gosses du lycée. Saoulant, quoi @_@. Et de l’autre côté, le shônen avec le débile fort (comme par hasard) qui aime la seule fille du truc parce que… euh, on sait pas ! c’était aussi moyen.

    Et je me suis rendu compte que non, les manga pour filles étaient pas si nanars (j’ai eu le syndrome du mec qui veut pas qu’on sache que… débile, OK u_u).
    Mon 1er shôjo c’était KARE KANO. J’ai tout de suite aimé ! Faut dire que Yukino, c’est un peu un cas particulier @_@. Ensuite, j’ai fait une très mauvaise pioche avec KARE FIRST LOVE (je m’en remets pas). ça aurait pu être bien si le couple n’était pas aussi… Ils savent pas parler ou quoi ? Toujours des quiproquos à la noix, c’est lourd !
    Une pote m’a prêté PARMI EUX et HOST CLUB. Franchement, au début, moi je voulais juste PARMI EUX. Je comptais les acheter mais ne pouvais pas attendre >_< (le chapitre avec une illu en mode nazi m'a refroidi grave u_u… enfin bref !)
    J'ai lu PARMI EUX et… non. Pas de magie, rien, c'était plat. Par contre, HOST CLUB m'a secoué ! Tamaki, je l'aime, quoi ! (lol). Il est trop génial ! Haruhi n'est pas mal dans son genre aussi. Ce que j'aime chez Bisco Hatori, se sont les SD, l'humour omniprésent, et le fait qu'elle nous évite le triangle amoureux plan-plan.
    Ensuite, j'ai lu NANA et SWITCH GIRL. Bonne pioche pour NANA, même si je ne suis pas tombé dans "le phénomène Nana"; par contre, SWITCH GIRL c'est non. Les dessins sont tellement moches que j'me suis demandé si la mangaka voulait qu'on vomisse dessus (je suis méchant, je sais u_u)

    Tout ça m'a permis de dégager plusieurs choses :
    – mes critères pour le shôjo sont un peu comme pour les autres genres : une bonne histoire… Faut que je parte dans le truc, comme dit a-yin (mais moi, je le dis super mal u_u)
    – les dessins : quand ils sont trop moches, je peux pas ! Par contre, quand ils sont beaux, je peux sauter dessus sans même connaître l'histoire ! Je viens de découvrir LE PAVILLON DES HOMMES, par exemple. J'ai tout acheté et je ne regrette pas ! Pareil pour PRINCESS JELLYFISH n_n !

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    • 9 mai 2013 at 19:29

      Merci pour ton long commentaire et ton enthousiasme. Ca fait plaisir de voir que tu apprécies les shôjo.
      Je vois que nous avons exactement les mêmes goûts. A l’exception de Kare first love que je n’ai pas lu (et que je n’ai pas envie de lire) pour toutes les autres séries que tu cites, je suis du même avis que toi.

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  • 30 avril 2013 at 12:18

    Ca ne me gênait pas plus jeune les dessins lisses et aseptisés, c’est au fil des années que ça s’est fait. Je pense m’en être rendue compte vers 2007 environ.
    Le coup de la couv moche m’a fait découvrir plein de trucs n’empêche ^^ . On se dit « ouaaais le nanar » et en fait non. Du tout. C’est drôle mais j’ai eu un grand attachement à plusieurs manga « moches ». Y’a aussi le coup de « beau de loin moins de près », j’ai eu le cas avec un Wolverine qui était normal au feuilletage, laid comme un poux à la lecture! Parce que tout le monde avait des yeux O_O on aurait dit des drogués!!! Il y a UN POIL de ça dans La fleur millénaire, certains visages de près ne sont pas jolis, on ne reconnaît pas les personnages d’une page à l’autre ^^; . Alors qu’au feuilletage, c’est joli, ça ne paraît pas.

    La détresse de Natsume dans A fleur de peau est juste magnifique. C’est là que je me suis dit « waouw, on voit l’expérience de George Asakura », surtout qu’au départ, je détestais tous les personnages (et que je ne les aime pas plus aujourd’hui!). En plus, j’ai apprécié de voir en héroïne une fille pas gentille, assez fière d’elle, le genre pas sympathique quoi (et capable de sentiments comme la rancune aussi!), alors que c’est rarement le cas dans ce genre de shôjo, pour que la lectrice puisse s’identifier. Lorsqu’elle remonte enfin un peu la pente, avec Otomo, ça s’avère plus classique. Mais toute cette période de traumatisme, où Natsume vit sans vivre, est clairement géniale. L’ambiance, les éléments de la nature, le découpage, fait grandement écho à l’intérieur des personnages. Et quelque part, il y a donc une résonnance chez la lectrice, ou le lecteur.

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    • 30 avril 2013 at 13:26

      Oui, A fleur de peau est remarquable pour ses personnages. Ils sont tout en nuances et contradictions. Ils sont vrais. Natsume est égoïste et fière mais finalement on a tous en nous ce genre de défauts. Je suis d’accord avec toi pour le passage du « traumatisme ». Quand j’ai lu ça, je me suis dit : « c’est trop ça qu’on ressent ». J’ai vraiment ressenti un poids sur la poitrine comme si c’était moi qui était à la place de Natsume. J’ai déjà connu ce sentiment alors ça a provoqué une réaction limite épidermique quand je l’ai lu.
      Même si la suite est plus classique, je la trouve quand même géniale. On voit bien qu’elle ne se remet pas du jour au lendemain. Ça se fait par étapes, avec des moments de calme et des rechutes. Ce n’est pas enjolivé. On voit bien qu’elle n’est pas encore au bout d ses peines même si elle va mieux.
      En ce qui concerne les dessins, je suis d’accord avec toi. C’est un des rares mangas où je fais attention aux dessins, où je m’arrête sur certaines planches pour les contempler. J’adore notamment les scènes qui se déroulent à la mer du kami.

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  • 30 avril 2013 at 11:41

    J’ai remarqué pour les sentiments et je trouve ça admirable de pouvoir en parler aussi bien dans les chroniques ^^ . L’histoire revêt également une importance capitale pour moi, Akimi Yoshida par exemple, c’est surtout par ses scénario incroyablement bien ficelés que j’ai accroché. Parce que la première fois que j’ai vu une couv de Banana Fish, c’était tellement moche que j’étais contrainte de le lire!!! Un dessin affreux (certains visages dans Simple comme l’amour) ne me gêne pas. Un dessin tout lisse et tout fade, oui. Je suis donc paradoxalement difficile en fait. En fait, faut vraiment que je me sente « envoûtée » je pense, il y a un réel désir d’évasion je pense quand je lis un shôjo. Comme je le disais chez Ivan Isaak, dans le trait shôjo, il y a quelque chose (c’est plus vrai au siècle dernier) de jamais précis, jamais net, comme si je venais de me réveiller 😉 . Après, Reiko Shimizu a un trait plus net, plus précis, très fin, mais elle a une manière de créer une ambiance tellement fantastique que la part de rêve est là, et son design n’est absolument pas réaliste de toute manière (ces gueules d’anges quoi xD). Je crois que quelque part, mon imagination s’envole aussi par le découpage, ce n’est pas rationnel en fait, je n’y fais pas réellement attention. Mais un manga m’ayant incroyablement ennuyée, d’un point de vue graphique, c’est Cat Street. La « caméra » immobile à souhait. Le contraire, c’est A fleur de peau, un découpage superbe, ça bouge tout le temps, et puis l’ambiance en pleine nature quoi, waouw!

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    • 30 avril 2013 at 11:52

      Tu me fais trop rire. C’est moche donc tu dois le lire. C’est pas la première fois que je « t’entends » dire ça mais ça me fait toujours marrer.

      J’ai déjà remarqué dans certaines chroniques (pas seulement les tiennes) que certains blogueurs reprochaient au dessin d’être trop lisse. Je vois bien ce que tu veux dire par là mais personnellement ça ne me dérange vraiment pas. Avec tes deux exemples (Cat Street et A fleur de peau), je vois tout-à-fait de quoi tu parles. Néanmoins, j’apprécie ces deux mangas. J’ai tout de même une nette préférence pour A fleur de peau qui est dans mon top 5 manga. Peut-être qu’inconsciemment la qualité des dessins y contribuent mais dans ce manga ce que j’adore c’est la façon dont l’auteur rend les états d’âme de Natsume. On arrive à voir qu’elle est en pleine dépression sans que jamais ce mot ne soit prononcé. On le comprend juste avec ses attitudes, ses pensées et ses expressions faciales. Même si Cat Street présente une héroïne qui a des points communs avec Natsume ce n’est jamais aussi poignant, ni aussi réaliste.

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  • 30 avril 2013 at 10:31

    Mon problème c’est d’être très détachée au niveau sentiments ^^ . C’est pour ça qu’écrire sur des manga, parfois, c’est la mission. Je suis très très très portée par l’ambiance je m’en suis rendue compte il y a quelques années finalement. Les dessins, j’y fais finalement très attention parce que un dessin tout fade, souvent, j’ai du mal. Ou les dessins à la Black Butler, les « prêts à animer » comme je les appelle, Amatsuki en fait d’ailleurs partie (alors que le thème avait l’air bien). Avant j’étais moins sévère, mais avec le temps qui se réduit, tout ça, forcément, c’est moins facile. Mais les dessins de certains manga, je m’y plonge à corps perdue: Le cortège des cent démons, Onmyôji, Akimi Yoshida, Le pavillon des hommes, Yumi Tamura et Fuyumi Soryo.

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    • 30 avril 2013 at 10:54

      En fait, c’est tout l’inverse de moi alors. XD Pour moi, ce qui est le plus important c’est la profondeur et l’originalité de l’histoire ainsi que le développement des personnages. Ensuite, c’est ce que je ressens. J’aime bien pleurer en lisant un manga ou en regardant un anime. Du coup, dans mes chroniques je met vraiment l’accent là-dessus. Le dessin est plutôt secondaire. Je n’aime pas les dessins trop chargés à la Vampire Knight par exemple. Il y a trop de détails et comme je lis très vite je passe à coté d’un élément utile à la compréhension. Je suis obligée de revenir en arrière pour comprendre et ça m’agace. A part ça je ne suis pas très difficile en ce qui concerne les graphismes.

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  • 30 avril 2013 at 00:22

    Quel article! Tout ce que tu y dis est tellement vrai, bien que je ne m’y reconnaisse pas, mon sens de l’empathie étant trop peu développé. Mais c’est vrai, les caractéristiques d’un bon shôjo tout ça.

    En parlant des collections d’éditeurs, faire passer 7 SEEDS pour un seinen ne l’a décidément pas sauvé :'( .

    Ce qui me tue le plus, quand même, c’est de voir un lectorat qui lit du shôjo si il faut de la romance, du shônen si il faut de l’action. Et même les lectrices font de même! Alors que attendez hooop! Mais non, ça n’intéresse pas. On s’est trop mis en tête que aventure = shônen et amour = shôjo. Dire que les débuts du mot shôjo, au siècle dernier, c’était Angel Santuary, Fushigi Yûgi et Please Save My Earth… Et CLAMP évidemment.

    Je crois que ce que j’aime avant tout dans le shôjo, c’est la richesse des personnages, leur profondeur, les relations souvent intéressantes et creusées. Mais aussi les dessins. Je dirais qu’ils ont une légereté que n’ont pas les autres catégories de manga (sauf les shôjo plus modernes, avec un trait « animable » je trouve), plus enclin à la suggestion. Il y a beaucoup de choses qui se passent exclusivement dans nos têtes, c’est un dessin qui laisse beaucoup place à l’imagination, plus que dans un shônen où le trait est plus net, plus précis, ne laissant donc pas de zone de « raccord ». C’est vraiment en cela que le dessin shôjo me plaît, et c’est sans doute aussi pourquoi les shôjo fantastiques, SF ou de yôkai sont si réussis.

    La légereté n’est pas seulement dans les dessins, dans le ton, l’ambiance. Même pour des séries aussi érudites et sérieuses que Onmyôji ou Le pavillon des hommes. Ce n’est pas seulement historique, l’évasion y est très présente. Les costumes y sont par exemple magnifiques. Il y a vraiment l’art de faire quelque chose de moins « pesant » (?). Les mots me manquent, désolée.

    En tout cas, merci pour cette semaine interbloggeurs :). C’est très intéressant ce genre d’initiatives et on en fait moins ici qu’aux Etats-Unis.

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    • 30 avril 2013 at 10:08

      Merci d’avoir lu et partagé ton point de vue. C’est vrai ce que tu dis au sujet des dessins. Je n’ai pas beaucoup insisté dessus parce que j’ai toujours du mal à mettre des mots pour décrire des dessins. Je pense que c’est du au fait que je lise très vite. Je ne fais pas attention aux détails graphiques. Pour moi, ils font partie d’un tout. Ce que je retiens d’un manga c’est l’émotion qu’il me procure. Les dessins y contribuent mais l’histoire et les personnages aussi.
      Pour l’événement interblogueur, nous sommes super contentes d’avoir pu l’organiser et d’avoir obtenu des articles d’une telle qualité. C’était passionnant, enrichissant, motivant. Ça sera à refaire !

      Répondre

  • gemini
    28 avril 2013 at 18:36

    Une chose que j’ai fini par comprendre concernant les shôjo, mais aussi les shônen et toutes les autres catégories de manga, c’est que les définitions japonaises d’origine ne correspondent plus à celles que nous avons en France, en raison d’abord d’une incompréhension des éditeurs et du lectorat. Aujourd’hui, ces mots désignent uniquement des collections présentes chez certains éditeurs, dans lesquelles ils incluent leurs titres selon qu’ils répondent ou non à un ensemble de critères. C’est ainsi que nous avons des shônen vendus comme des shôjo par Soleil Manga sous prétexte qu’ils parlent d’amour, et inversement des shôjo dans la collection Dark de Kana – éditeur qui pourtant possède un label shôjo – car ils contiennent des éléments fantastiques.

    Et d’un autre côté, impossible de blâmer les éditeurs : si les lecteurs de shôjo auto-proclamés attendent des romances lycéennes avec un côté mignon, et que les lecteurs de manga fantastiques évitent les shôjo car ils les considèrent comme des romances lycéennes avec un côté mignon, alors il est logique de ne surtout pas le présenter comme un shôjo, par peur à la fois de décevoir une partie du lectorat et de se couper de son véritable public.
    Seulement, nous nous retrouvons avec des situations aberrantes. J’en veux beaucoup à Akata de faire officiellement la promotion de shôjo « différents », tout en qualifiant de « révolutionnaire » un Fight Girl parfaitement basique, et publié justement car basique. Ils ont parfaitement conscience qu’un shôjo « trop différent » sera synonyme d’échec, d’autant plus si vendu comme tel.

    Pour les amateurs de shôjo vraiment différents, il convient désormais de prendre son mal en patience, et de scruter les annonces des éditeurs pour déceler ceux qui seront publiés sous d’autres appellations. Mais de toute façon, les ventes d’un Princesse Kaguya tendent à prouver que ces amateurs représentent pour les éditeurs une quantité des plus négligeables.

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    • 28 avril 2013 at 19:07

      Oui, le shôjo se traine cette image totalement erronée. Quand je dis que je tiens un blog sur les shôjo, les gens rigolent. Je m’énerve (mais ça se voit pas… du moins j’espère XD) et j’argumente. Du coup, les gens sont curieux. Ils me demandent des conseils et souvent ils changent d’avis. Néanmoins, les lecteurs de shôjo ont aussi ce genre d’a-priori. Par conséquent, comme tu le dis, les éditeurs sont obligés de s’adapter. Il est préférable pour nous qu’ils sortent les bons shôjo sous un label shônen, plutôt que de le sortir en shôjo et ne pas le vendre.

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