Chroniques drama
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Coffee & Vanilla

par le3 juin 2020
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Quand l’amertume du café rencontre la douceur de la vanille. Alliage parfait pour une romance sucrée, ou mélange indigeste ?

Avant d’être un jdrama, Coffee & Vanilla est un shôjo manga d’Akegami Takara sorti en 2017, en France (2015 au Japon). Il est toujours en cours de publication, avec 11 tomes parus en France, et 13 au Japon. N’ayant pas lu le manga, je découvre l’adaptation drama diffusée l’été dernier, au Japon, et disponible sur Viki Rakuten depuis janvier 2020.

Il était une fois

Risa Shiroki est une jeune étudiante à la beauté renversante. Elle a quitté sa campagne natale pour étudier à Tokyo. Bien que très courtisée, Risa reste une jeune fille pure. Elle se trouve plutôt banale, et attend le grand amour. C’est alors qu’elle rencontre Hiroto Fukami, riche et séduisant homme d’affaires, plus âgé qu’elle. Le cœur de Risa chavire. Fukami est-il celui qu’elle attendait ?

La belle et pure Risa, serait-elle, enfin, face au grand amour ?

 

Copier/coller

Coffee & Vanilla se regarde très rapidement : il compte 10 épisodes de 24 minutes. Côté acteurs, on retrouve le duo Dori Sakurada (Hiroto Fukami)/ Haruka Fukuhara (Risa Shiroki). Le duo s’est déjà illustré dans le drama Good Morning Call (disponible sur Netflix). Sauf qu’ici, Sakurada n’est plus le mythique boy next door. Il campe le charismatique et parfaitement parfait Fukami-san. Retiens bien ce nom. Tu l’entendras au moins 15 fois par épisode.

Côté histoire, le drama semble être un copier/coller compressé du manga. La preuve : les endings montrent les planches des moments clés de l’épisode venant de passer. J’ai pu lire les mêmes dialogues, prononcés quelques instants plus tôt par les acteurs, et voir les mêmes scènes. Désir de satisfaire les fans ? Si des clins d’œil sont tout à fait acceptables, un drama qui ne fait que mettre les images du manga en mouvement, perd, selon moi, beaucoup d’intérêt.

Mais au fond, plus que l’ending, c’est l’histoire même qui pose question. On suit Risa, adulte qui se comporte comme une enfant, se faire entretenir par Fukami, son prince. Chaque épisode est une occasion pour elle de gaffer ou de s’attirer des ennuis. Et à chaque fois, son éphèbe vole à son secours. Fukami pique les yeux, tant il est parfait. Hélas, cette perfection est son principal défaut. On se rattrape en multipliant les plans sur le physique très avantageux de Dori Sakurada. C’est l’instant fujoshi.

Le magnifiquement magnifique Fukami-san. Vas-y, bave sur ton écran.

 

Trop de clichés ?

Coffee & Vanilla surfe sur les stéréotypes. Cette vision de la femme bête et belle ferait sourire, si elle n’avait pas d’effets bien concrets sur les injonctions faites aux femmes. Le Japon, pays du kawaï, n’en finit plus de conseiller les jeunes filles (les autres pays sont dans le même bateau) : ainsi, selon la pop culture japonaise, les femmes doivent être pures et mignonnes. Elles doivent aimer le kabe-don (se faire plaquer contre un mur), l‘atama-pon (se faire tapoter la tête), et l’asunaru-daki (être enlacée « par derrière » en étant prise par les épaules).

Dans Coffee & Vanilla, Risa ne cesse de se faire caresser la tête, pousser contre les murs, et enlacer. Elle aurait pu faire partie du panel interrogé par Mynavi , en 2015. Leur étude portait sur les gestes/attitudes qui font craquer les filles. Résultats : l’atama-pon arrive 1er, l’asunaru-daki se classe 2e. En 3e position, on trouve le « ude-gai » : le tirage de bras. Autre geste retrouvé dans nombre de shôjo mangas et drama. Coffee & Vanilla n’échappe pas à la règle.

Etude Mynavi, 2015. 1) atama-pon ; 2) asunaru-daki ; 3) ude-gai

Mais 2015, c’est loin. Dans Coffee & Vanilla, Fukami adopte les nouveaux comportements de l’homme qui pèse dans le game. Il porte les affaires de sa belle. Sur le trottoir, il marche « côté route ». Il conduit une voiture (une belle voiture). Là encore, c’est Mynavi qui livre, en 2018, les résultats d’une enquête concernant les nouveaux comportements qui font craquer les filles. Le « porté de sacs » arrive 1er. La « marche côté route » est 2e. Attention : ces deux attitudes doivent se faire avec discrétion et charme. En 3e position : conduire (une belle voiture). Fukami rafle les 3 prix, avec sa voiture digne des podiums.

Et les femmes ? Les enquêteurs de choc Mynavi sondent les hommes de 2020. Leur description de la fille idéale colle parfaitement à l’image de Risa. Pour eux, une femme doit :

  1. Être souriante : on parle ici d’un visage souriant et pur, d’un sourire naturel.
  2. Être bonne cuisinière : la légende urbaine selon laquelle l’homme s’attrape à coup de ragouts mijotés à la vie dure.
  3. Aimer se « courber » devant son homme : l’auteur de l’article précise que, contrairement aux shônen manga, qui regorgent de scènes de femmes se baissant, par accident ou non, et dévoilant leur grosse poitrine, la réalité est toute différente (encore heureux !). Loin des stéréotypes de la « fille à gros seins » des shônen, les hommes de l’enquête préfèrent des jeunes filles qui les regardent amoureusement (« même » avec une petite poitrine). Ils se sentent valorisés par ces filles qui se « penchent » devant eux, l’air timide. Ils peuvent sentir dans le regard de ces filles que « tout leur sera pardonné ». À bon entendeur…

 

Sexy ou creepy ?

Coffee & Vanilla se présente comme un jdrama sexy. Risa et Fukami ont une relation d’adultes. Le drama insiste d’ailleurs sur la sensualité, voire l’érotisme. Cela reste cependant soft. On en montre juste assez pour faire frétiller les pupilles des fans. Mais là encore, les clichés véhiculent un tout autre message. Car, si Fukami agit comme un adulte, Risa, elle, est une enfant. Pire : son consentement est, plus d’une fois, bafoué. Risa affiche à maintes reprises un visage apeuré, face aux démonstrations d’affection dites viriles. Elle est victime d’actes de violence. Loin de s’en émouvoir, Risa continue sa vie d’amoureuse. Le message du drama est clair : pour devenir une femme, une vraie, Risa a besoin de Fukami. Elle le dit d’ailleurs explicitement. C’est Fukami qui l’éduque, pour qu’elle sache comment se comporter en société. Tristesse.

 

Une suite ?

Comme dit au début de l’article, le manga est toujours en cours. Espérons quelque sursaut féministe de la part d’Akegami Takara, la mangaka. Respecter les femmes, c’est, surtout, éviter de les présenter comme des Risa. C’est ne pas associer violence et séduction. C’est comprendre que l’amour n’est pas une relation dominant/dominé.

Je te déconseille fortement ce drama. Même si la fujoshi qui sommeille (en moi ? en nous ?) trouve de quoi se rincer l’œil avec Dori Sakurada, il en faut bien plus pour retenir l’attention. J’espère d’ailleurs voir le duo Sakurada/Fukuhara dans d’autres rôles. Il ne faudrait pas que leurs jolis faciès les cantonnent à jouer des rôles superficiels.

Plus

Dori Sakurada porte particulièrement bien le costume 3 pièces.

Moins

Les clichés, bien trop nombreux !!
Le caractère de Risa
La parure de lit de Fukami san. Sérieux, c'est has been.

Note de l'auteur(e)
 
Scénario
0.0

 
Personnages et jeu d'acteur
4.0

 
Musique
2.0

 
Tournage et mise en scène
1.0

Note du rédacteur
1.6

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Scénario
2.0

 
Personnages et jeu d'acteur
6.1

 
Musique
5.4

 
Tournage et mise en scène
5.8

Notes des shôjo-addicts
2 notes
4.3

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    Musique

    Tournage et mise en scène