Chroniques manga
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In These Words tome 1 édition limitée

by on25 juillet 2014
Details
 
 

Les éditions Taifu ont fait de la sortie du yaoi In these words en France un grand événement en présentant l’édition collector du tome 1 en avant-première à Japan Expo 2014. Ce manga très attendu par les fans tient toutes ses promesses et se hisse déjà parmi mes meilleures nouveautés 2014.

Katsuya Asano est un psychiatre et profileur pour la police de Tokyo. Il est chargé de la tâche d’obtenir les aveux d’un tueur en série qu’il a aidé à attraper. A ce moment-là, tous ses rêves se transforment en cauchemars au cours desquels il devient la victime de ce criminel. Les discussions en tête-à-tête avec le psychotique Kenji Shinohara le jour rendent ces derniers encore plus vivaces la nuit. Katsuya se perd entre la réalité et l’illusion. D’où vient toute cette empathie pour les victimes ?

in these words yaoi

Version collector du yaoi In These Words

La version collector concoctée par Taifu est réalisée aux petits oignons : grand format, couverture rigide, quatre illustrations couleur, un chapitre de plus que l’édition américaine et surtout non censurée. Le prix de 17,90 € est largement justifié. Tout est au rendez-vous pour satisfaire les fans et nous faire rêver (de beaux jeunes hommes parfaitement musclés). Elle est disponible en VPC sur le site Pointmanga.

Le manga a fait un long chemin pour parvenir à une telle notoriété. Au départ, c’est un webcomic sans prétention, écrit à quatre mains par Jun Togai au dessin et Narcissus au scénario, deux Américaines d’origine taïwanaise. Très vite, la série acquiert une grande popularité au point d’être licenciée aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, Chine, Corée du Sud et maintenant en France.

In these words se lit comme un thriller psychologique, et l’un des meilleurs qui plus est. Le prologue est un texte de dix pages illustré qui fait monter crescendo la tension du récit. La partie manga débute in medias res par une scène de viol courte, intense et violente qui met clairement sur la table ce à quoi le lecteur doit s’attendre dans le manga. Dans le rêve du profileur, il est emprisonné et à plusieurs reprises agressé dans un lieu abandonné, par un homme dont le visage est caché.

in these words extrait

Un extrait du rêve de Katsuya

J’ai eu des frissons en lisant ces cauchemars qui sont de plus en plus brutaux. C’est choquant sans pour autant être obscène. Les auteurs ne prennent pas de gants pour décrire la cruauté de l’homme masqué et la souffrance de Katsuya. Un tas d’émotions m’ont frappée de plein fouet, j’en avais la gorge nouée. En même temps, j’étais fascinée par l’agresseur, dont on peut facilement deviner l’identité. Il susurre constamment à sa victime des mots doux, tout en contraste avec ses actes froids et impitoyables, ce qui rend la scène encore plus glauque.

Les rencontres en tête-à-tête entre Katsuya et Shinohara viennent compléter le portrait du tueur en série. C’est un homme au physique ravageur, charismatique, intelligent et manipulateur, qui dit les choses les plus immondes avec un visage calme. Il a tué au moins 12 personnes après les avoir torturées pendant un mois. Son sadisme n’a d’égal que sa folie. C’est un personnage abject, pourtant on ne peut s’empêcher d’être captivé par lui.

in these words kenji

La première rencontre avec Shinohara

Katsuya n’est pas moins intéressant. Sa clairvoyance n’est plus à remettre en cause parmi la police. L’étendue de sa perspicacité est clairement démontrée dans ses arguments contre Shinohara qui tentait de le duper. Il fait preuve d’une force de caractère incroyable en subissant des sévices sans jamais se soumettre à son agresseur. Au bout du compte, nous connaissons très peu de lui pour l’instant. J’espère que la suite nous en révélera plus sur son personnage.

Le manga met en scène un double huis clos : un dans les rêves de Katsuya et un dans la réalité. En effet, afin de créer le moins de bruit possible autour de l’affaire, les échanges avec le détenu se font dans une maison coupée du monde. De plus, pendant la période d’interrogation, le psychiatre reste seul dans un dortoir vide à côté.

Le nombre restreint des personnages, qui disparaissent peu à peu de l’histoire, rend l’atmosphère plus oppressante. L’étau se resserre sur Katsuya aussi bien dans le rêve que dans la réalité. La tension est irrespirable.

Le talent pour la narration de Narcissus qui fait accroître la pression, le suspense et l’horreur du récit est complémentaire avec le style graphique de Jun Togai. Le grand format du manga permet de mieux apprécier ses magnifiques dessins. Avant d’être sur In These Words, elle était illustratrice de comics. On sent donc ces influences à travers ses traits très marqués, le jeu d’ombre sur le visage qui accentue et assombrit les expressions du personnage et l’absence complète de trames.

in these words kenji katsuya volume 1

Shinohara et Katsuya dans une illustration d’In these words

Je n’ai pas eu l’impression d’avoir affaire à un yaoi en lisant In these words. Les personnages sont des hommes adultes au caractère affirmé, loin des stéréotypes dominant/dominé physiquement et mentalement. Il n’y a pas une once de romance dans le récit. L’assaillant de Katsuya dans ses rêves lui répète qu’il l’aime, toutefois ses actes n’en reflètent rien.

L’« amour » n’est pas du tout présenté comme une excuse aux viols et tortures perpétrés, bien que les yaoi sont passés maîtres dans l’art de transformer une relation non consensuelle en amour véritable (voir mon article sur les clichés du genre). Leur relation se résume à celle de l’agresseur et la victime.

Je m’attendais à au mieux un syndrome de Stockholm, au pire une relation sadomasochiste. Il n’en est rien, ce qui augmente la cote de la série dans mon estime de plusieurs crans. Ni la violence ni le sexe ne sont gratuits. Pour moi, c’est une qualité très importante que le manga possède.

A savoir

  • L’édition collector limitée du tome 1 d’In these words est uniquement disponible en commande sur le site Pointmanga de Taifu.
  • L’édition normale paraîtra seulement le 27 novembre.
  • Plusieurs préquelles centrées sur Katsuya sont auto-publiées en anglais et en chinois par Guilt Pleasure : New York Minute, First, Do Not Harm et One of These Nights. Une histoire autour de Shinohara est en cours d’écriture.

In these words est un thriller psychologique impitoyable à ambiance oppressante, intensifié par une violence glaciale et une tension brûlante. On est loin d’un yaoi stéréotypé. Le premier volume met la barre si haut que j’ai peur que la suite me déçoive.

Cet article a été réalisé grâce au service presse de Taifu. Merci beaucoup à eux d’avoir licencié ce manga et de m’avoir permis de le lire.

Et toi, as-tu succombé à l’univers sombre d’In these words ? Est-ce que ma chronique t’a convaincu d’y jeter un coup d’œil ? N’hésite pas à noter ce volume et laisser ton avis en commentaire !

Plus

Des dessins magnifiques, différents des mangas habituels
Un univers sombre et impitoyable
L'intrigue est solide comme du béton
Le tension et la violence te prennent aux tripes
Une histoire imprévisible
Merci mille fois de ne pas avoir romancé les viols
Le héros est intelligent et fort
Très belle édition collector

Moins

Tu veux la suite hein ?! Bah tu attendras !
Le manga n'est pas pour les âmes sensibles (viol, torture et absence de censure entre autres)

Editor Rating
 
Scénario
10

 
Personnages
8.0

 
Dessins
10

Note du rédacteur
9.4

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User Rating
 
Scénario
9.2

 
Personnages
8.7

 
Dessins
8.3

Notes des shôjo addict
10 ratings
8.8

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comments
 
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  • 3 mars 2015 at 20:19

    C’est drôle, j’ai pris plaisir à lire ce yaoi. Mais j’en ai pensé tout l’inverse de toi. Je trouve que ça ne tiens pas en haleine, qu’il n’y a pas de suspens, que le scénario ne tient pas la route et que les personnages ne sont pas charismatique. Au fait je trouve que c’est du pur yaoi dans la tradition du yaoi. ça raconte rien (ou du moins pas grand chose) et ça montre du sexe (d’une façon assez conventionnelle d’ailleurs). Et comme je lis pas spécialement du yaoi pour la subtilité des scénario ça m’a pas plus dérangé que ça.
    Au fait j’ai carrément l’impression qu’on a pas lu le même livre ! Comme quoi…
    En revanche les dessins je les trouve magnifiques. C’est beaux et sensuel

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    • misami-hirota
      5 mars 2015 at 22:29
      Rating
      Scénario9.9
      Personnages8
      Dessins9.9

      Coucou bidib ! Je suis déçue qu’In These words ne t’a pas autant plu. J’aurais vraiment aimé que tu ressentes la même excitation que moi en lisant 🙁 C’est dommage.
      Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’en rétrospective, il ne s’est pas passé grand chose dans ce volume. La narration du présent est assez lente pour faire monter la tension entre les 2 personnages, en plus il y a des rêves/flashbacks qui prennent pas mal de place. Néanmoins, j’étais tellement plongée dans ma lecture que je l’ai pas du tout remarqué. Pour le coup, on en sait finalement assez peu, il y a beaucoup de zones d’ombres mais on peut pas dire non plus que le scénario tienne pas la route.

      Oui, le sexe est montré de manière conventionnelle sur le plan graphique, mais ici il est violent et malsain. A la différence de beaucoup de yaoi, Le viol n’est pas romantisé ; la victime n’y éprouve aucun plaisir ; le criminel ne viole pas non plus parce qu’il « l’aime troooop et ne peut plus retenir ses désirs ». Bref, pour une fois le viol n’est pas exploité de manière fantasmé, et j’en pleure de joie.

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      • 7 mars 2015 at 09:58

        ce qui me fait un peu peur c’est la post face des auteurs qui nous promettent qu’il va y avoir de l’amour dans la suite ! Là franchement je vois pas comment à moi de tomber dans le travers viol=amour. A voir
        Si tu veux en lisant j’étais aussi dans l’histoire, c’est surtout le graphisme que j’ai aimé, mais ça se laisse lire (sauf la préface que j’ai trouvé très mal écrite).
        C’est surtout après coup que tous les défauts m’ont sauté au yeux, en réfléchissant pour ma chronique (en ligne dans quelques jours)

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        • misami-hirota
          7 mars 2015 at 20:18

          Je ne sais pas non plus comment les auteurs vont tourner ça. D’après les reviews que j’ai lu, il y a un double rebondissement. Je pense que ça va jouer avec la frontière entre les rêves et la réalité. Tout le monde a supposé que les rêves sont les souvenirs enfouis de Katsuya, mais c’est peut-être des faux souvenirs qu’on lui a implantés par hypnose XD ? En tout cas les auteurs ont dit sur leur blog que c’est pas une histoire de syndrome de Stockholm, donc je leur fais confiance. De plus, j’ai pu lire quelques pages des chapitres suivants grâce aux previews sur leur site, Shinohara a l’air complètement différent, pas du tout en mode tueur en séries psychopathe.

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    • Virginie
      26 janvier 2016 at 16:52

      bidib Je ne te comprend pas du tout. Tu doit bien être la seul personne a penser ca d’In These Words!

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      • lulu1989
        6 avril 2016 at 18:25

        Non je pense comme Bibid et tout ce tapage autour de ce titre m’a passablement fait rire au debut puis enervee quand on ose dire qu’on n’a pas aime et qu’on se fait insulter!

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  • Kawaiato
    29 juillet 2014 at 13:09

    Je l’ai acheté a la J.E, et j’en suis ravis, j’attend la suite avec impatience. J’ai un coup de foudre pour les dessins, une vraie merveille… je ne peux détacher mes yeux du poster offert suite à mon achat quand je suis dans ma chambre xD

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    • misami-hirota
      30 juillet 2014 at 15:31

      Taifu nous a gâté avec le combo édition collector + marque-page + poster !! Tot ça met à l’honneur les magnifiques dessins du manga.

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  • korr
    28 juillet 2014 at 20:11

    Bon, je ne pense pas que je le lirai (je suis une âme sensible qui préfère le monde des bisounours ^^) mais je suis ravie de constater que ce titre ne met pas la rapemance en avant. Rien que ça mérite mes applaudissements. Pour le reste… je me contenterai d’observer cette histoire de loin.

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    • misami-hirota
      30 juillet 2014 at 15:08

      Je ne sais pas si c’est parce que les auteurs ne sont pas japonaises, mais leur approche du yaoi est différente, ça fait du bien !!

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