Chroniques manga
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Nennen-Saisai

by on19 novembre 2017
 

Avec Nennen-saisai, Hideyoshico nous fait découvrir 2 contes japonais dont elle s’inspire pour créer ce manga en deux parties : La pêche au poisson rouge (inspiré par Binbogami) et Une fleur déracinée (inspiré par Jugemu). Comme j’aime énormément la mythologie japonaise, j’étais particulièrement excitée à l’idée de lire ce manga-ci (J’ai pris le jeu Yokai Watch uniquement pour cette raison). Je t’en parle en détail ici !

Avant de lire la première partie du manga, les deux contes se suivant, j’ai sorti mon livre de contes japonais traditionnels (Contes japonais de Miroslav Novák et Zlata Černá) afin de pouvoir comparer le premier à celui qu’Hideyoshico nous présentait dans ce livre…. Pour finalement me rendre compte à la fin de Nennen-Saisai que la mangaka s’inspire ici de la version plus récente de Sadao Osada, que je trouve moins intéressante. Du coup, sache qu’il est possible que mon avis soit un peu altéré à cause de l’influence de l’autre version.

Dans La pêche au poisson rouge,  Yohei, un jeune homme japonais de la période Edo (1603-1868), déteste tellement travailler qu’il n’est pas allé au boulot depuis 2 mois et emprunte de l’argent un peu partout. Pour cette raison, il n’est pas très apprécié. Cela ne l’a pas empêché d’avoir beaucoup de petites-amies. Mais toutes l’ont abandonné, ne supportant plus sa paresse.

Rencontre entre le dieu de la pauvreté et Yohei

Mais quand un dieu de la pauvreté s’installe chez notre héros fainéant pour l’obliger à travailler, tout bascule… Tout comme Yohei, j’ai trouvé cela bizarre au début, jusqu’à ce que le dieu explique qu’il vit en poussant ceux chez qui il emménage à faire du profit. Malheureusement pour lui, si Yohei part travailler une matinée, il ne le fera plus par la suite, prétextant mille et une raisons.

S’installe alors une dynamique avec le dieu de la pauvreté qui fait les tâches ménagères et tente de subvenir aux besoins du foyer, pendant que Yohei utilise tous les prétextes pour ne pas travailler…

Au final l’histoire était plutôt jolie, bien que Yohei ne me soit pas très sympathique.

 

Seconde partie !

Jugemu à l’ère Edo

Une fleur déracinée commence par du Rakugo (un spectacle où un conteur raconte une histoire humoristique en jouant tous les protagonistes) contant l’histoire d’un certain Jugemu : un homme à qui le père souhaitait une longue vie. Dans cette optique, le père demanda à un moine de choisir un mot signifiant « longévité » comme prénom pour son fils. Le moine donna au père une liste de tous les mots japonais pouvant correspondre… Et ce dernier prit la décision de tous les inscrire sur l’état civil du nouveau né ! L’enfant s’appela donc : Jugemu Jugemu Gokô no Surikire Kaijarisuigyo no Suigyomatsu Unraimatsu Furaimatsu Kunerutokoro ni Sumutokoro Yaburakoji no Burakouji Paipopaipo Paipo no Shuringan Shuringan no Gurindai Gurindai no Ponpokopi no Ponpokona no Chôkyûmei no Chôsuke.

A cette histoire de base servant d’exercice pour les acteurs de Rakugo (oui je me suis renseignée), Hideyoshico rajoute que Jugemu a, de ce fait, vécu très longtemps… Vraiment très longtemps… Tellement longtemps que, alors qu’il est né à la période Edo, il est encore en vie de nos jours….

Jugemu de nos jours

Il s’agit ici de notre nouveau personnage central : un Jugemu désabusé, qui a perdu sa femme et ses enfants, a fait toutes les guerres, a dû déménager en ville pour se faire moins remarquer, et change régulièrement de nom et de travail pour ne pas attirer les soupçons. Franchement, on a là un protagoniste vraiment très intéressant à suivre : j’aime comment il a évolué, d’un personnage probablement très doux et gentil à un autre beaucoup plus blasé, cherchant à  mourir dès qu’il en a l’occasion sans pour autant aller jusqu’à se suicider (alors que j’en ai vu d’autres tenter de s’ôter la vie pour échapper à l’immortalité)… Je trouve cela vraiment admirable et très humain !

On retrouve également le dieu de la pauvreté, reconverti en dieu de la mort à la fin de La pêche au poisson rouge, qui n’a rien perdu de son caractère.

Le conte Une fleur déracinée nous permet de mieux cerner le personnage de Jugemu. Ses joies, ses peines, ses désirs… On comprend mieux sa réaction, lorsqu’il voit le dieu de la mort. C’est un véritable coup de foudre, qui transforme Jugemu. L’homme fait tout pour se rapprocher du dieu, tandis que ce dernier est plus fuyant. Cette situation évoluera de façon très fluide et réaliste.

Plus globalement l’histoire est intéressante, et se développe de façon crédible considérant le caractère et le passé de chacun des deux hommes : Jugemu étant à la recherche d’un moyen pour que sa vie prenne enfin fin, et le Dieu de la mort étant obligé de respecter certaines règles.

Coup de foudre entre Jugemu et le dieu de la mort

Curieusement, dans cette histoire pourtant très dramatique, l’humour ne manque pas : il est essentiellement apporté par le nom incroyablement long de Jugemu, et placé toujours à des bons moments… J’avoue moi-même n’avoir pas pu m’empêcher de rire en l’écrivant tout à l’heure !

 

Après les deux contes, on a le droit à un joli petit bonus d’un seul chapitre qui est vraiment excellent et super mignon : La situation de la famille Komukai.

La famille Komukai

 

 

Ai été déçue ? Un peu, car je m’attendais à avoir la version que je connaissais de Le dieu de la pauvreté pour finalement avoir une version plus récente, moins traditionnelle. Pourtant je pense que ce n’est pas plus mal : La pêche au poisson rouge sert beaucoup plus à nous introduire le dieu de la mort qu’autre chose, permettant que le conte Une fleur déracinée s’occupe beaucoup plus de développer Jugemu. Donc, vraiment, je te recommande ce manga !

Plus

Bonne façon de découvrir ces contes japonais
Personnages touchants
Bon humour
Second couple mignon
Histoires qui se suivent

Moins

Version du conte du dieu de la pauvreté un peu trop récente
Yohei

Editor Rating
 
Scénario
9.8

 
Personnages
9.9

 
Dessins
9.0

Note du rédacteur
9.7

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Scénario

 
Personnages

 
Dessins

Notes des shôjo addict

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Merci aux éditions d’IDP pour l'envoi de ce manga en service presse.

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    Dessins