Chroniques manga
519 views 0 comments

Pack yaoi n°10 d’IDP

by on14 janvier 2014
Details
 
Genres
 

Le dixième pack Boy’s Love d’IDP est, comme les précédents, inégal dans son ensemble. Il est composé de How to start a second love, Please hold like a bouquet, Slightly dangerous Switch, Stop bullying me ! volume 2 et The president is produced by my color.

 

 

manga How to start the second loveHow to start the second love

 

Le manga de Shino Suzuhara a une particularité : tous ses personnages sont adultes et ses one-shots prennent place dans le monde du travail.

 

Cinq one-shots y sont présentés. Le premier, Second Love, fait la couverture du volume. Togaya est un acteur dans la quarantaine, qui élève seul sa fille adolescente. Sur le tournage d’un film, il rencontre Kajimoto, un jeune acteur qui l’admire beaucoup. Celui-ci lui fait une déclaration d’amour, ce qui le pousse à se remettre en question.

 

Avec un tel synopsis, cette histoire aurait pu aborder des choses intéressantes à travers le point de vue de Togaya sur les difficultés de tomber amoureux d’une personne beaucoup plus jeune alors qu’on a fait une croix sur sa vie sentimentale. Elle aurait pu être mature et dramatique ou traité sous un angle comique ! Mais non ! Il fallait que Togaya, acteur ayant une grande carrière derrière lui, se comporte comme une lycéenne fleur bleue qui rougit et pleure au quart de tour.

 

Les sentiments sont bien mis en avant, mais ceux du protagoniste sont si ridicules que j’ai presque honte pour lui. Les personnages sont peu travaillés et peu crédibles. Je n’ai pas compris pourquoi la femme de Togaya est partie, et on ne sait rien sur Kajimoto en dehors de ce qu’il ressent pour son aîné. Quel gâchis !

 

 

Emmène moi de cette main tourne autour d’Akune, un présentateur de télé très volage. Il consulte Nitori, son ami et producteur, à propos d’un problème récent : il n’arrive plus à avoir d’érection. Ce serait du à un problème psychologique d’après les médecins. Nitori propose de l’aider.

 

Plus libertin que le reste du recueil, ce récit m’a assez plu car il va à fond dans son délire tout en restant moralement correct. Les personnages rougissent aussi très souvent, mais là ils ont une bonne raison d’être embarrassés. Le récit ne se prend pas au sérieux ; il joue plus la carte de la comédie que de l’érotisme, même s’il y a tout de même un bon paquet de scènes explicites. Contrairement à son prédécesseur, ce one-shot a su trouver le ton idéal. Ainsi, les personnages sont plus attachants.

 

 

Le prince des nuits blanches est Kôno, un trader qui passe ses nuits au travail. Après les heures supplémentaires, il ne rentre pas dormir chez lui mais chez Tsunami, un collègue de bureau. Ils dorment dans le même lit et le matin, ce dernier lui prépare le petit-déjeuner. Tsunami est amoureux de Kôno et se plaît dans cette étrange situation. L’Amour dans un ascenseur naît entre un jeune employé de la banque et le très gentleman garçon d’ascenseur de la tour.

 

A la lecture de ces deux histoires, je me suis rendue compte du grand défaut de l’auteur. Quand elle essaie de créer une ambiance sérieuse ou dramatique, elle en fait trop, si bien que le résultat est ridicule. C’est le cas du troisième one-shot et la seconde partie du quatrième.

 

Certaines répliques m’ont fait pouffer de rire par leur ringardise, par exemple à la fin de L’Amour dans un ascenseur : « Ne t’inquiète pas, à cette hauteur, personne ne nous verra… A part les oiseaux… et les anges… » Je crois que la phrase est censée être passionnée, mais ce n’est pas en évoquant les oiseaux et les anges qu’on arrive à se faire passer pour un romantique !

 

 

Le cinquième one-shot Si tu étais capable d’aimer… est un récit futuriste. Certains androïdes sont utilisés comme hôtes, voire prostitués dans les bars. Kayu, un ancien modèle, est racheté par le chercheur Saburô. Celui-ci est tombé amoureux de Kayu au premier regard il y a dix ans et s’est juré de le posséder pour de bon. Cependant, l’union entre un homme et un androïde n’est pas perçu d’un bon œil, et Saburô est atteinte d’une maladie génétique.

 

Je ne sais quoi penser de cette histoire. Le contexte futuriste est plutôt original pour un yaoi, même s’il y a beaucoup de failles dans l’univers. C’est naturel, puisqu’on ne peut pas développer un bon univers avec seulement une vingtaine de pages. Il est simple à comprendre et on y plonge facilement.

 

Le one-shot expose également quelques réflexions intéressantes mais encore une fois, le faible nombre de pages les empêche d’être développées. Elles restent sous la forme de répliques qui ont l’air profondes que les personnages balancent par-ci par-là. Les personnages sont plus matures. Les moments dramatiques ne sont pas exagérés. On sent beaucoup plus de maîtrise de la part de l’auteur sur cette dernière histoire.

 

 

Second chance – side story, séquel du premier one-shot, clôture le recueil de Shino Suzuhara. L’ambiance de celui-ci est plus posée même si le personnage de Togaya reste toujours aussi héroïne-de-shôjo-esque. La caméo surprise de certains personnages m’a fait sourire.

 

 

yaoi manga please hold like a bouquetPlease hold like a bouquet

 

Hanada a hérité du poste de PDG de l’entreprise familiale de son père. Cette succession n’est pas au goût de tout le monde, surtout en ce qui concerne son secrétaire Yazawa qui doit constamment corriger ses erreurs. De plus, celui-ci s’amuse à mettre des fleurs fanées tous les jours dans son bureau.

 

D’une constitution fragile, Keita consulte Kôichi, le jeune médecin qui habite à côté, depuis tout petit. Depuis qu’il est entré au lycée, il a de plus en plus de mal de laisser Kôichi le toucher.

 

Hiroki vit depuis quelques années avec son petit ami Kaoru, un créateur publicitaire reconnu. Ce dernier reçoit une grosse commande et délaisse complètement Hiroki qui commence à douter de leur couple.

 

Alors qu’il s’apprête à rentrer, le professeur Yugi s’aperçoit qu’il reste un élève dans la salle de classe. C’est Aoi, un des meilleurs élèves du lycée. Plutôt que de le laisser manger une boîte repas acheté dans une supérette, Yugi l’invite à dîner chez lui. Ce geste devient une habitude jusqu’à ce qu’Aoi l’embrasse subitement.

 

Le one-shot que j’ai le moins aimé est le premier, intitulé Hold me like a bouquet, qui fait aussi la couverture du manga. Les personnages me sont fort antipathiques. Hanada est un gosse de riche incompétent et pitoyable qui a repris le poste de son père juste parce que le titre de PDG sonne classe. Quant à son secrétaire, c’est un manipulateur hautain et peu expressif.

 

Leur relation est déséquilibrée, l’un se fait mener par le bout du nez par l’autre. Par ailleurs, on retrouve cet aspect dans les deux histoires suivantes. Seulement, contrairement à celles-ci, Hold me like a bouquet peine à développer la relation entre Hanada et Yazawa. L’auteur passe trop de temps à nous dire que ce pauvre Hanada a la vie dure, que ses subordonnés le critiquent dans son dos, qu’il faut l’aimer parce qu’il essaie quand même d’être à la hauteur.

 

La romance débarque comme une fleur à la fin, quand les deux personnages se retrouvent seuls dans une chambre d’hôtel et avouent leurs sentiments, suivie par la la scène de sexe obligatoire.

 

Les trois histoires restant présentent des personnages un peu plus sympathiques. Le scénario est toujours bancal, mais le vrai problème est ailleurs : l’auteur n’arrive pas à faire passer de l’émotion dans ses dessins. Ils sont jolis mais fades. Aucun one-shot ne génère en moi un sentiment particulier. La narration est peu fluide, les ellipses mal gérées rendant la lecture encore plus désagréable.

 

 

yaoi mnga slightly dangerous switch

Slightly dangerous switch

 

Ce volume composé de trois histoires courtes est de très loin le meilleur du pack.

 

Dans Un bisou près de la bouche, Takuya a l’étrange habitude de parler à son cactus tous les jours. Kyôhei, un lycéen d’une classe inférieure, le prend en flagrant délit. En échange de garder le secret, Kyôhei lui demande de devenir plus proche de lui.

 

Ce petit récit, bien que d’une structure très classique, est une jolie mise en bouche. Takuya, au départ, est sidéré par le comportement trop familier de son kohai. Avec le temps, les gestes de ce dernier font vaciller son cœur. Au moment où il se rend compte de ses sentiments, une méprise met un frein à leur relation.

 

Certes, le malentendu est tiré par les cheveux et le mécanisme menant à la romance banal. Ces défauts sont néanmoins compensés par une narration fluide et dynamique et une touche d’humour bien trouvée, deux qualités qui se retrouvent dans le reste du recueil. Ce premier one-shot tout mignon nous fait passer un agréable moment.

 

 

Dangerous Switch et ses deux suites Risky Switch et Happy Switch constituent l’histoire principale du recueil. Yôji est passionné par le basket au point de délaisser ses études. Sa mère engage Nishikawa, un taciturne étudiant pour lui donner des cours à domicile. Même si Yôji est au départ réticent à cette idée, il commence tout de suite à ressentir de la sympathie pour son professeur particulier.

 

La structure de récit en trois parties recèle plusieurs points intéressants. Dans les deux premières, nous voyons les choses uniquement à travers le point de vue de Yôji. Comme lui, nous sommes déroutés par le comportement mi-chaud mi-froid de Nishikawa. Nous découvrons en même temps que lui les raisons de ces changements d’attitude. La narration nous met donc sur un pied d’égalité avec le héros, ce qui le rend plus attachant.

 

Le dernier chapitre est plus centré sur Nishikawa. Il met enfin en avant les sentiments de ce dernier. Le passage du point de vue de Yôji à celui de Nishikawa boucle joliment l’histoire.

 

Dans Dangerous Switch, l’auteur Ran Mutsuki s’amuse à bousculer légèrement les codes du yaoi pour donner de la fraîcheur à son récit. Yôji est le plus jeune du couple. Il est inexpérimenté et naïf. Le moindre changement d’attitude chez Nishikawa le met dans tous ses états. Pourtant, c’est le seme (dominant) du couple. Mais pas un seme bien bourrin comme dans les yaoi habituels, car l’étudiant le mène à la baguette, au lit comme hors du lit.

 

En effet, Nishikawa est bien plus expérimenté et à l’aise sexuellement. Dans les scènes explicites, c’est au final lui qui bouge, qui supervise l’acte, qui donne du plaisir à Yôji. Ce dernier a peu de mots à dire sur leur relation. Ce couple apporte du changement dans le cliché dominant/dominé, c’est plutôt amusant à regarder.

 

 

La dernière histoire se nomme Sweet Promise. Le jeune professeur Hiraga est bien embêté ; malgré sa popularité auprès des élèves, un seul lui pose des problèmes. Il s’agit d’Ochi, qui s’arrange toujours pour se mettre au premier rang à son cours, puis s’endort sur la table, comme pour se moquer de lui.

 

Je n’ai pas trop apprécié ce oneshot. Il se situe juste après l’excellent Dangerous Switch et souffre donc de la comparaison avec ce dernier. De plus, il traite d’une relation professeur/élève, ce dont je suis peu friande. Toujours est-il que le récit est trop compact et l’évolution des sentiments bien trop rapide.

 

Peut-être que j’ai passé l’âge, mais j’ai trouvé cette histoire de porte-bonheur et de bonbons franchement ridicule, surtout venant d’un garçon. Le comportement d’Ochi ressemble tout à fait à celui d’une héroïne de shôjo classique. C’est dommage de finir le volume sur une note aussi mitigée.

 

 

stop-bullying-me-2Stop bullying me ! tome 2

 

Tomo sort enfin avec Izumi le vice-président du conseil des élèves, youpi ! En plus, son grand frère Ei est le président, yay ! Du coup, il passe son temps dans la salle du conseil et ne tarde pas à remarquer, malgré sa simplicité d’esprit, que le secrétaire Narihara a des sentiments pour Ei.

 

Même si je n’ai pas lu le tome 1, inclu dans le pack n°5, cela ne m’a pas empêché de comprendre le tome 2. Tomo, alors qu’il n’est même pas le personnage central de ce volume, reçoit déjà la palme d’or du personnage le plus bête, le plus lourd et le plus insupportable de l’histoire du yaoi. Je pense que si j’avais lu le tome 1 où il est le héros, le bouquin aurait fait un vol plané à travers la fenêtre.

 

Malgré les clichés et la niaiserie ambiante, Stop bullying me ! se lit très vite. La narration est étonnamment fluide et rythmée, tandis que les dessins sont plutôt agréables et expressifs. En fait, l’avalanche des clichés m’a plus amusée qu’agacée car c’est assumé à 100%. C’est innocent, un chouia drôle et mignon tout plein. Bref, ça change de mes lectures plus lourdes habituelles. J’ai passé un bon moment.

 

Le volume se conclut par une histoire bonus He who wear glasses is seductive. Haruto est assistant du chef de service Kunieda, qu’il admire beaucoup pour sa compétence. Mais Kunieda est bien plus diabolique qu’il paraît. Ce récit trop court ne mène absolument à rien, il ressemble plus à un délire de l’auteur qu’autre chose. Il est censé être drôle, mais l’humour tombe à plat. Dommage.

 

 

manga The president is produced by my colorThe president is produced by my color

Le recueil de Jun Kusuki est composé de cinq histoires.

 

La première, Mon boss est élevé à l’Amour, est la principale. Elle occupe la moitié du volume. Akutsu travaille dans le département de ventes dans une grande entreprise. Pendant son temps libre, il adore aller dans l’endroit où tous les chats errants de la ville se regroupent pour leur donner à manger et jouer avec eux. Il y voit de temps en temps un jeune homme qu’il surnomme Abyssin.

 

Un jour, son directeur d’entreprise lui demande de devenir le secrétaire de son fils illégitime, qui doit entrer dans une compétition contre le fils légitime pour pouvoir hériter de l’affaire familiale. Le nouveau supérieur d’Akutsu n’est autre qu’Abyssin, qui se nomme en vérité Kimi.

 

En dépit de ses défauts, ce one-shot est une agréable lecture dans l’ensemble. La romance se mêle bien à l’intrigue entrepreneuriale. Kimi est intelligent et possède un sens inné pour diriger les gens. Ce qu’il lui manque, ce sont les bonnes manières et le bon look. Le travail d’Akutsu consiste donc à les améliorer. Grâce à lui, la réputation de Kimi monte en flèche, au grand dam de l’autre fils peu compétent, qui ne va pas en rester là. L’intrigue est simpliste et prévisible. Néanmoins, elle apporte la profondeur nécessaire aux personnages et à leur relation.

 

Les personnages ressemblent à de vrais adultes et agissent de façon plutôt mature. Quand ils ne le sont pas, c’est souvent pour ajouter de l’humour. Les chats, présents partout sur la couverture, ne sont pas si envahissant au final. Je regrette que les sentiments d’Akutsu le protagoniste de l’histoire, ne soient pas assez creusés et assez bien exprimés. De ce fait, on n’éprouve pas les mêmes choses que lui face aux événements.

 

Le plus gros défaut de Mon boss est élevé à l’Amour reste pour moi la scène de sexe à la fin qui tombe comme un cheveu dans la soupe, qui semble être là juste pour le quota. Elle est trop courte, et n’est ni émotionnelle, ni sensuelle.

 

 

Le chef du conseil de discipline se rend compte que le chef de la bande de voyous est une bonne personne, un secrétaire est payé pour regarder son boss se masturber et un étudiant en médecine soigne son voisin malade. Ce sont les résumés des trois one-shots suivants : Un voyou adoré ?!, Pointage à 21h et Mon voisin me parle d’amour.

 

Ils m’ont laissé une désagréable impression ; chacun d’entre eux est une avalanche de clichés et une mauvaise excuse pour des scènes explicites déplorables. Ces dernières n’arrivent même pas à faire plaisir aux yeux, tant elles n’osent rien montrer. Heureusement, le recueil se clôt par Mon amant est élevé à l’Amour, un mignon petit bonus à l’histoire principal.

J’ai eu un coup de cœur pour Slightly dangerous switch. Please hold like a bouquet m’a laissé de marbre et les trois autres ont leurs qualités et leurs défauts. La quantité d’histoires courtes m’a gênée car je les préfère plus longues et plus développées.

 

Et toi, as-tu lu le pack yaoi n°10 d’IDP ? Lequel as-tu le plus et le moins aimé ?

 

Cette chronique a été réalisée grâce au service presse d’IDP. Je les remercie de m’avoir fait découvrir ces mangas.

Plus

Slightly dangerous switch, un yaoi bien fait sous tous les rapports !
Stop bullying me est plutôt drôle dans son délire

Moins

Trop d'histoires courtes pas assez développées
Des clichés un peu partout
Certains personnages très énervants

Editor Rating
 
Scénario
6.0

 
Personnages
5.0

 
Dessins
6.0

Note du rédacteur
5.6

Hover To Rate
User Rating
 
Scénario

 
Personnages

 
Dessins

Notes des shôjo addict

You have rated this

Be the first to comment!
 
Leave a reply »

 

    Leave a Response 

    Scénario

    Personnages

    Dessins