Chroniques manga
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Pack yaoi n°11 d’IDP

by on25 février 2014
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La qualité du pack Boy’s love n°11 d’IDP est bien en dessous de celle du pack précédent. Au menu : des clichés, des déceptions, des ratages dans la narration et des choses que je déteste dans un yaoi.

 

 

manga Adult privilege

Adult Privilege

Ce recueil de trois one-shots fait partie de ceux qui sont vite lus, vite oubliés. La première histoire est la plus longue. Le trentenaire Niiyama mène une double vie. Il est salaryman tête en l’air le jour et séducteur traînant dans les bars la nuit. Depuis un incident, il ne croit plus en amour et enchaîne des relations sexuelles sans sentiments. Pourtant, il pense très souvent à Odakura, un barman qu’il veut séduire par pure fantaisie.

 

Comment dire… ce chapitre est dans la moyenne sur tous les plans. L’histoire n’est pas phénoménale mais elle tient la route, la narration est fluide, les situations stéréotypées passent bien. Le truc, c’est que je m’en fiche royalement des deux protagonistes.

 

Ils n’ont aucun charisme ni profondeur. Odakura n’est pas développé du tout. Niiyama aurait pu devenir un personnage consistant si l’auteur n’avait pas traité son passé n’importe comment en y intégrant de la comédie. En soi, l’incident qu’il a vécu justifie sa tendance à fuir l’amour. Or, la présence de l’humour réduit à néant tout impact dramatique sur les personnages et sur nous les lecteurs. A la limite, j’ai trouvé les deux sex friends de Niiyama plus intéressants. Je m’attendais même à lire une histoire sur eux après Adult Privilege et j’étais déçue qu’il n’y en a pas eu.

 

Dans Opposite Love, Sôta, un étudiant farfelu membre du club des lunettes, a repéré sur le campus un garçon taciturne, un peu ringard mais trop mignon. Il fait tout pour devenir son ami et tombe amoureux de lui sans le savoir. Cette courte comédie romantique est elle aussi classique au possible. Je l’ai trouvée plus plaisante à lire que la précédente, car l’auteur n’essaie pas d’y introduire de la psychologie. Elle s’éclate à écrire une histoire mignonne qui lui plaît.

 

Le dernier récit, Une histoire d’amour sans couleur, est un peu particulier. C’est un récit du type gijinka (donner les traits humains à des entités qui ne le sont pas : animaux, concepts, objets…). Dans ce cas précis, on a affaire à des crayons et taille-crayons représentés comme des jeunes hommes. Ce détail peut en effet déranger les lecteurs qui ne pourront peut-être plus voir ces objets de la même manière. Or, quand on y pense, l’allégorie est assez évidente xD. Je félicite tout de même l’auteur pour son imagination dans ce one-shot.

 

 

 

manga Good-bye my princess lolita

Good-bye my princess lolita

Le manga de Runa Konjiki est celui que j’ai lu en premier parmi les cinq volumes du pack. Les illustrations en couleur au ton pastel attirent l’œil et donnent tout de suite envie de lire le contenu.

 

Le premier chapitre du recueil est le récit principal, nommé Good-bye my princess lolita. Les parents de Yuki et Haru se sont remariés quand ils étaient très jeunes. Yuki, joyeux et plein de vie, a toujours eu un visage fin comme celui d’une fille, il se plaît tellement à porter des habits féminins qu’il en fait son métier. Haru est un peu plus âgé que Yuki et a une personnalité plus sombre. Les deux s’entendaient à merveille. Un jour, l’aîné devient soudainement froid et distant.

 

Tout d’abord, je dois dire que je suis fatiguée des histoires entre demi-frères dans les yaoi. Tout ça pour ajouter une fausse impression d’amour tabou et voir les personnages se prendre la tête pour rien. Ils ne sont pas liés par le sang, alors pourquoi tergiverser et souffrir pour un problème qui n’existe pas ? Bref, comme je m’y attendais en lisant le résumé, le one-shot nous ressert la même soupe. Haru s’éloigne de Yuki car il s’est rendu compte de ses sentiments pour ce dernier. L’exécution est plutôt de bonne facture et les tourments de Haru sont bien exprimés. Néanmoins cela ne me suffit plus, car j’ai lu beaucoup trop d’histoires comme ça.

 

J’en profite pour glisser quelques mots sur les dessins du manga en général. Ils sont très fins, très délicats. La profusion des trames renforce le côté très féminin du visuel. Le hic, c’est que même si c’est joli à regarder, la personnalité des personnages en pâtit. Ils ont tous un look efféminé, au mieux androgyne. En tout cas, la virilité est morte et enterrée dans ce recueil. Même quand l’auteur décrit un personnage dominant au lit, celui-ci ne ressemble à rien car il est morne et mou.

 

 

La deuxième histoire, New Door, porte sur deux éditeurs de mangas, rivaux dans la vie professionnelle comme dans la vie privée. En effet, Kanbe et Kosaka sont tous les deux gays et de type dominant. Les circonstances font qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre. Cependant, comment résoudre leur incompatibilité sexuelle ? C’est dans un suspense insoutenable que la réponse à cette question nous est livrée.

 

…Bien sûr que je blague ! Le récit est mou du genou, encore plus que le précédent. Runa Konjiki essaie de jouer la carte de l’humour mais ça ne fonctionne pas. Elle essaie la carte de la séduction virile : à cause du graphisme, c’est aussi tombé à l’eau. Le scénario en lui-même n’est pas mauvais, la mise en scène n’est pas mal, toutefois on sent que ce type d’histoire n’est pas fait pour l’auteur.

 

 

Dans la post-face, la mangaka a dit que la dernière histoire, Au creux de tes mains, est celle qui lui ressemble le plus et la plus facile à dessiner. On s’en rend compte à la lecture ; on sent qu‘elle est dans son élément, qu’elle sait ce qu’elle fait. C’est donc naturel qu’Au creux de tes mains est de loin le meilleur one-shot du recueil, voire du pack. Rei, le demi-frère que Mashiro aimait énormément est mort dans un accident. Il se renferme complètement sur lui-même. Cependant, il se lie d’amitié avec Kuroda, un camarade de classe qui a la même voix que Rei.

 

Les demi-frères doivent être le thème fétiche de Konjiki, puisque ça fait la deuxième histoire sur trois qui en parle. Heureusement, dans celui-ci il est en retrait. J’ai trouvé cette histoire particulièrement touchante. En parallèle à la romance est développée la notion du deuil. Mashiro est horrifié à l’idée de tomber amoureux de Kuroda parce que cela signifierait trahir les souvenirs de Rei, la personne qu’il aime le plus au monde. Même si les propos sont un peu trop dramatiques, ils sont bien exprimés et émouvants.

 

 

 

manga If you want to end love...

If you want to end love, what should you do ?

Kanji, patron d’un petit bar, apprend que l’homme dont il est amoureux va se marier. Il a toujours caché ses sentiments pour cet ami. Seul son jeune cuisinier Yôhei s’en est aperçu. Celui-ci lui demande de vite tourner la page pour tomber amoureux amoureux de lui à la place.

 

Ce volume, contrairement au reste du pack, ne contient qu’une seule histoire, ce qui donne du temps à l’auteur de développer le récit et les personnages. Cependant, la longueur ne fait pas la qualité. If you want to end love… serait bien plus agréable à lire s’il était écourté d’un tiers. Beaucoup de passages sont redondants et ressassent les mêmes idées. La narration suit un rythme constant et ô combien interminable. Cette lenteur et les dessins peu expressifs aplatissent les émotions que dégagent les scènes clés dans la relation entre les deux personnages principaux.

 

Kanji a à peine le temps de déprimer après sa déception amoureuse : Yôhei est passé rapidement à l’attaque. Le jeune homme s’immisce dans sa vie privée en forçant un peu trop le passage. Il met K.O. tous les hommes qui s’apprêtent à passer la nuit avec le barman et l’embrasse (entre autres) sans son accord. Je sais qu’il a attendu sa chance depuis longtemps, mais la séduction, ça le connait ?! Des fleurs, des petites attentions, un dîner… il y a un tas de moyen de commencer à courtiser quelqu’un sans le forcer.

 

Ce qui m’a gêné dans ce one-shot, c’est l’absence totale d’arrière-plan de Kanji et Yôhei. On ne connaît absolument rien d’eux en dehors de quelques amis de Kanji qui servent de déclencheurs d’événements. C’est d’autant plus dommage que l’auteur aurait de la place dans le récit pour étoffer ses personnages si elle avait accéléré le rythme. Kanji et Yôhei n’ont donc pas de profondeur et on a du mal à s’attacher à eux.

 

Je salue tout de même le ton mesuré de l’histoire et l’effort sur la psychologie de Kanji. Il est dépassé par les sentiments du cuisinier pour lui ; il ne sait pas quoi en faire. Il n’a pas l’habitude non plus d’avoir quelqu’un dans sa vie comme ça. Il y avait des choses intéressantes dans cet opus, malheureusement les défauts ont pris le dessus.

 

 

 

manga Lover's interview

Lover’s interview

Ce recueil d’histoires courtes présente quatre couples différents. Atsuki, qui doit subvenir aux besoins de sa famille après la mort de son père, obtient un entretien d’embauche avec le patron d’une grande entreprise. Ce dernier cherche un amant plutôt qu’un salarié. Depuis quelques mois, Ryô donne des cours privés à Sôta, un lycéen turbulent et difficile. Leur relation est bouleversée quand Sôta pousse son professeur sur le lit. Masataka est secrètement amoureux de son ami Shôgo, coureur de jupon invétéré, qu’il surprend avec une femme dans les toilettes. Narita est un jeune médecin sous les ordres du très strict docteur Ôsawa. Quand il le voit embrasser un homme, une nouvelle idée de vengeance vient à lui.

 

J’ai lu ce volume en à peine dix minutes. Pas parce qu’il est génial mais parce qu’il est prévisible, et surtout insupportable. Dans les quatre récits, l’auteur use et re-use du même ressort scénaristique : un personnage oblige l’autre à avoir des relations sexuelles avec lui sur un chantage ; ce dernier trouve que même si c’est un viol, c’est trop bon ; ils se rendent compte de leurs sentiments et se mettent ensemble.

 

Cette dernière partie n’est pas dans l’histoire entre l’élève et son professeur, seulement je suis sûre que si l’auteur avait des pages en plus, elle écrirait ça. En bref, tous les dominants (seme) et dominés (uke) se ressemblent tous : vicieux et sans scrupules pour les uns, niais et soumis pour les autres. Ils n’ont aucune profondeur ni crédibilité. Il n’y a aucune volonté de construire une histoire ou développer les personnages. L’auteur veut juste s’attaquer le plus rapidement possible aux scènes explicites, beaucoup trop mises en valeur dans chaque one-shot.

 

 

manga Master & foolish dog

Master & foolish dog

Ce manga est divisé en deux histoires prenant place dans le même univers. Master & foolish dog est celle de Shinomiya, un vétérinaire qui adore les animaux, mais ces derniers le détestent. Il rencontre Nanase, un jeune homme qui allait se suicider après son échec aux examens d’entrée d’une école de vétérinaire. Constatant que Nanase est particulièrement aimé des animaux, Shinomiya lui conseille de devenir assistant pour profiter de ce don. Deux ans plus tard, ils se retrouvent à travailler ensemble dans la même clinique.

 

Depuis qu’ils travaillent ensemble, Nanase colle Shinomiya comme un petit toutou suit son maître. Le plus jeune est quelqu’un de joyeux, innocent et un peu idiot. Il est tout le contraire du vétérinaire, sérieux et terre à terre. L’un comme l’autre sont à mourir de rire, entre Nanase qui comprend tout de travers et les réactions horrifiées de Shinomiya face à tant d’inepties. Quel dommage !! J’ai beaucoup aimé… jusqu’à dix pages avant la fin, où l’auteur a expédié son histoire en toute vitesse et casé sa scène de sexe obligatoire d’une vulgarité affligeante.

 

Le second récit, Veterinarian and Selfish Cat, met en scène Kusaka, le directeur de la clinique où Shinomiya et Nanase travaillent, et un lycéen nommé Shion. Pour se venger de ses parents, celui-ci se déguise en fille pour duper Kusaka qu’il a rencontré sur un site internet. Le garçon s’enfuit quand le vétérinaire tente de l’embrasser. Le lendemain, il porte secours à un chat blessé et l’emmène dans un clinique où il revoit le pervers de la veille.

 

Ce one-shot est d’un cliché abyssal : sous sa méchanceté, Kusaka est bien sûr un homme méga gentil qui soigne les chats même après le travail, Shion tombe amoureux de lui en voyant la scène, et paf ils sortent ensemble. L’un peut rivaliser avec les héroïnes de shôjo en terme de naïveté et de sentimentalisme, tandis que l’autre m’exaspère par son uni-dimensionnalité. On n’a pas envie de les croire une seule seconde. Les scènes au lit sont plus nombreuses, vulgaires et sans âme que dans l’histoire précédente.

 

Je suis plus dure dans la critique de ce recueil que d’autres mangas du pack, car le début était si prometteur ! Il était certes un peu stéréotypé, mais les personnages étaient bien présentés. Le ton léger, avec son côté improbable assumé, apportait de la fraîcheur. On s’attachait à Shinomiya et Nanase, le premier couple. Tout ça pour arriver à un résultat global moyen. C’est pourquoi j’ai été aussi déçue.

 

Le pack yaoi n°11 d’IDP s’avère décevant. Quand j’ai eu fini de le lire, j’ai eu envie d’augmenter la note que j’ai mise au pack n°10. Aucun manga ne m’a pas spécialement marquée alors que Lover’s interview sort du lot pour sa médiocrité.

 

Et toi, as-tu lu ce pack ? Lequel as-tu le plus et le moins aimé ?

 

Cette critique a été écrite grâce au service presse des éditions IDP, et je les en remercie.

Plus

Les one-shots sont plus longs que dans le pack 10
Les jolis dessins de Runa Kojiki dans Good-bye my princess lolita
Le ton mature de If you want to end love

Moins

Lover's Interview m'a fait passer un mauvais moment
La longueur inutile dans If you want to end love
Master & foolish dog aurait pu être génial jusqu'au bout

Editor Rating
 
Scénario
4.0

 
Personnages
4.0

 
Dessins
6.0

Note du rédacteur
4.7

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Scénario

 
Personnages

 
Dessins

Notes des shôjo addict

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