Chroniques manga
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Parapal tome 1

by on25 mai 2013
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J’aime beaucoup le magazine Cookie. D’excellents shôjo y ont été prépubliés, tels que Nana, Comme elles ou Lollipop (tous publiés en France chez Delcourt). J’étais donc très contente d’apprendre la licence d’un nouveau manga issu de ses pages. Comme ses prédécesseurs, Parapal se distingue par le ton mature de son histoire, auquel s’ajoute une petite pointe de fantastique.

Komaki est une lycéenne épanouie. Elle a un petit ami vraiment amoureux d’elle et une copine avec qui elle est très complice. Un matin, elle se réveille gênée par des odeurs inhabituelles. Elle est en mesure de deviner ce qu’il y a au menu du petit déjeuner dans chacune des maisons qu’elle longe sur le chemin de l’école. Si son odorat s’est ainsi développé, c’est parce qu’un extraterrestre semble avoir élu domicile dans sa tête !

A la lecture du résumé, j’étais sceptique et je suis sûre que vous l’êtes tout autant. Pourtant, ce premier tome de Parapal m’a vraiment convaincue.

Au premier abord, l’histoire paraît tirée par les cheveux, je ne peux pas le nier. Un parasite extraterrestre qui s’invite dans la tête d’une lycéenne c’est difficile à concevoir, surtout lorsque le thème du manga se veut réaliste. Ça l’est d’autant plus que l’auteur nous fournit pour le moment peu d’informations sur la raison de sa présence sur Terre.

La mangaka a d’ailleurs dans ce premier volume un peu de mal à crédibiliser ce postulat de départ. Sa narration souffre de quelques maladresses et longueurs lorsqu’il est question des extraterrestres, néanmoins, rien qui puisse gâcher le plaisir de la lecture.

Manga Parapal Komaki et  Tsurumi

Komaki et Tsurumi

Chaque personne trahit ses émotions, ses sentiments ou ses pensées par ses émanations corporelles. Ainsi, le mensonge, le désir ou la bienveillance ont leur propre odeur. Nous en sommes inconscients mais ce n’est pas le cas de Komaki.

Hana, le parasite, met un nom sur les odeurs qu’elle perçoit. Il est donc la personnification du processus d’apprentissage à l’adolescence. Il a une approche très scientifique. Ses explications sont toujours pragmatiques. Il contribue ainsi à l’éducation sociale et sexuelle de notre héroïne.

L’analyse très terre à terre d’Hana se heurte aux sentiments de la jeune fille car pour elle la signification de ces mots n’est pas purement physiologique. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ! Alors qu’elle pensait avoir tout pour être heureuse, elle va prendre conscience que les choses sont loin d’être aussi simples.

La mangaka dépeint la difficile initiation de son héroïne de manière poignante. Komaki va découvrir contre son gré que la façon dont elle se représentait sa propre vie est totalement faussée. Et si les mensonges, la trahison ou les secrets faisaient aussi partie de son quotidien. J’ai eu sincèrement pitié d’elle au point d’en avoir le cœur serré.

Aux cotés de Komaki gravitent d’autres personnages qui semblent eux aussi infectés par un parasite. A la fin du premier volume, nous connaissons avec certitude l’identité de deux d’entre eux, chacun avec un sens sur-développé différent.

Le premier découvre très tôt le secret de notre héroïne et est pour le moment relégué au rang de personnage secondaire. Cette situation l’amuse et il a décidé d’aider Komaki. Le deuxième, quant à lui, a l’occasion de devenir le protagoniste de deux chapitres entiers sur les cinq que compte le volume.

Son histoire est encore plus dramatique que celle de Komaki. Sa réaction de rejet est épidermique et vraiment impressionnante. Elle m’a peut-être un peu moins émue que celle de l’héroïne du fait de la personnalité légèrement antipathique du personnage. J’ai tout de même ressenti une angoisse à son sujet qui n’est pas sans rappeler celle que j’éprouvais pour Kazumi dans Comme elles.

Un troisième personnage semble lui aussi au courant de la situation mais pour le moment nous ne savons pas s’il est lui aussi habité par un être venu de l’espace. Cette petite touche de mystère titille ma curiosité. Nous en saurons probablement plus dès le tome 2.

Si vous parvenez à faire abstraction de votre esprit logique le temps d’admettre que les parasites extraterrestres peuvent très bien exister, il y a de fortes chances que vous passiez un bon moment avec ce manga. Le ton est mature et le traitement des personnages est très juste. Il est tout à fait dans la lignée d’autres œuvres publiées par Akata.

Si tu étais sceptique avant de lire ma chronique, ai-je réussi à susciter ton intérêt ? Si c’est le cas, n’hésite pas à revenir poster un petit commentaire après avoir lu ce shôjo.

Plus

L'originalité du thème
Des parasites qui rendent visibles les pensées intimes et les sentiments humains
Un parasite qui se charge de l'éducation sociale et sexuelle de son hôte
La psychologie très juste des personnages
Un récit mature sans aucun tabou

Moins

Le thème un peu tiré par les cheveux
Quelques petites maladresses de narration
Beaucoup de texte à lire

Editor Rating
 
Scénario
7.0

 
Personnages
8.5

 
Dessins
8.0

Note du rédacteur
7.8

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User Rating
 
Scénario
8.0

 
Personnages
7.0

 
Dessins
7.0

Notes des shôjo addict
1 rating
7.4

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comments
 
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  • 16 juin 2013 at 23:11

    Bah tu sais les éléments SF m’intriguent souvent. Comme je ne l’ai pas autour de moi, je l’ai quand même essayé 🙂 . J’ai aussi lu Kids on the slope mais comme une amie me le prête…

    De toute manière, il y a des questions à se poser sur l’acte sexuel tout court. Et même la perception de l’autre en tant qu’être superficiel. Du coup, j’ai beaucoup aimé le personnage de Kurokawa, moins conventionnel que ce que j’ai pu voir dans le type romance lycéenne. Après, j’en lis très rarement aujourd’hui, suite à une allergie développée par le passé ^^; .

    Côté dessins, j’ai trouvé qu’on était dans le standard du Cookies, avec quelque chose d’assez chaleureux par moment. Je n’aime pas du tout le dessin de Tsurumi par contre 🙂 .

    Pour le moment, c’est plutôt positif, j’attends de voir le prochain 😉 . Je n’ai plus de place mais j’ai tout de même envie de découvrir encore des manga xD.

    Répondre

  • 16 juin 2013 at 20:26

    Ah, je ne pensais pas que tu tenterais ce manga. Je suis contente que ça t’ait plu. Au fond, on partage le même point de vue hormis au sujet de Kurokawa. Pour ma part, je la trouvais un peu superficielle et légère. Antipathique n’était peut être pas le mot le plus adapté.
    Malgré le sentiment plutôt négatif que j’avais à son encontre j’ai été touchée par ce qui lui arrive. Je trouve donc que la narration est géniale à ce moment là. Réussir à me faire éprouver de la pitié pour un personnage que je n’apprécie pas aux premiers abords c’est assez exceptionnel.
    Néanmoins, je suis d’accord avec toi quand tu dis que ça nous montre bien la façon dont les filles qui assument leur vie sexuelle sont perçues.

    Répondre

  • 16 juin 2013 at 13:43

    J’ai finalement lu ce volume 1!!! C’est pour le moment intriguant et intéressant, même si je ne suis pas à fond. Je trouve qu’il y a des moments de narration assez longs par moments, beaucoup trop de textes en fait, ça manque parfois de dynamisme. Ceci dit, ce point de départ me donne envie de continuer, et puis il y a cet aspect science fiction, avec la recherche d’autres camarades 🙂 (ça m’a évoqué Please Save My Earth!). J’espère qu’on en saura plus sur les extra-terrestres!!!

    La fin du volume, avec le personnage de Kurokawa, m’a plu. Je n’ai pas trouvé sa personnalité antipathique, et au fond, elle fait vraiment réfléchir sur la perception du sexe et toutes les valeurs morales qu’on met autour de cet act. Quand on est une femme, il est toujours mal vu d’avoir une vie sexuelle active, et j’ai trouvé que tout ceci était plutôt bien traité, sauf peut-être la réflexion de Tsurumi, beaucoup plus ancrée dans notre société. Je ne sais quoi penser de cette touche d’ailleurs. Avec ce personnage de Kurokawa (je pense tout le temps à l’éditeur!), on peut voir qu’une personne peut aimer le sexe pour ce qu’il est, sans pour autant pouvoir accepter de se faire violer ainsi. Coucher avec des mecs, oui, mais seulement quand on est consentante… Monde injuste >_<

    J'ai envie de lire la suite, j'aime bien ce petit trio qui se forme autour de Tsurumi, Kurokawa et Komaki :). C'est marrant ces clichés sur la vie au lycée ^^; je ne sais pas si les gens pensent vraiment ainsi au Japon. Personnellement, je n'ai eu aucun fantasme (ah si, quitter la zep…)

    Répondre

  • Ryuusei
    7 juin 2013 at 18:53

    J’avais acheté ce volume comme ça, juste parce que l’extrait et le résumait m’intriguait pour ainsi dire beaucoup !

    Malgré l’appréhension que j’avais au début, comme toi j’ai apprécié le volume malgré ses petits défauts, parce que son originalité et cette justesse dans les sentiments l’emportait largement sur tout le reste ~

    C’était donc une bonne surprise dont j’attends la suite avec impatiente ^w^

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