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Les clichés dans le yaoi

by on25 avril 2014
 

Le yaoi est un type de manga destiné à un public féminin mettant en scène une histoire d’amour entre hommes. Écrit presque exclusivement par des femmes, il est régi par des codes graphiques et scénaristiques. Même si ce n’est pas rare de trouver des yaoi qui brisent ces codes, le nombre d’histoires qui y obéissent porte à croire que les stéréotypes plaisent.

Je suis une grande lectrice de Boy’s love. Au fils des années, je commence à être de plus en plus difficile et critique par rapport à mes lectures, tout simplement car plus j’en lis, plus il m’est difficile d’être surprise, de trouver quelque chose d’original à mettre sous la dent. Tout comme les shôjo, les yaoi affichent une longue liste de clichés aussi improbables qu’increvables. A commencer par le schéma de base de 99.99% de ces récits : le seme/uke.

Seme/uke : le rapport entre le dominant et le dominé

Le physique, c’est important

Le yaoi, destiné aux filles, se doit de mettre en scène des personnages agréables à regarder. Étant donné la diversité des mangas qui existent, je ne vais pas m’aventurer dans les fétichismes plus particuliers… même si chacun ses goûts hein ! Pour revenir à nos moutons, les deux personnages qui composent le couple dans le yaoi sont beaux. Même le vilain petit canard otaku qui s’habille comme un SDF et qui porte une grosse paire de lunettes devient craquant après une séance de relooking (ou quand il enlève ses lunettes). Oui, parce qu’il est déjà beau gosse à la base, il ne savait juste pas se mettre en valeur.

no money yaoi

Ayase et Kanou du yaoi No Money

Ce stéréotype n’est pas si représentatif du yaoi, c’est la même chose dans les shôjo ou shônen. Néanmoins, la beauté de chaque personnage est différente selon la place qu’il occupe dans le couple. L’uke, le dominé donc, est plus petit. Son visage, avec de grands yeux, est plus androgyne. Parfois il ressemble carrément à une fille, au point qu’on le confond avec une. Son corps et fin et imberbe. Il est souvent plus jeune, mais pas nécessairement, que le seme, le dominant, qui est plus âgé, plus viril, respire la masculinité, les phéromones 100% testostérones. Des tablettes de chocolat et des muscles jaillissent de son corps sculptural sans aucun défaut.

Bref, le seme représente l’homme idéal… mais gay. L’uke, avec ses traits féminins, serait un réceptacle dans lequel la lectrice va se substituer. Je laisse de côté des analyses psychosociologiques pour faire une démonstration de ce schéma physique avec une image du yaoi à succès No money (Okane ga nai).

Il est néanmoins assez facile de trouver des contre-exemple à ce cliché, par exemple Under Grand Hotel, dans lequel les héros Sword et Sen sont aussi virils l’un que l’autre.

Des personnalités opposées

caffe latte rhapsody yaoi

Caffe Latte Rhapsody, le yaoi qui s’amuse avec les clichés

J’ai mentionné précédemment que la lectrice de yaoi s’identifie au uke. L’histoire est racontée majoritairement du point de vue de ce dernier pour faciliter cela. Cette identification se fait non seulement par sa place dans la relation sexuelle, son physique mais aussi par sa personnalité qui ressemble étrangement à celle d’une héroïne de shôjo. Ayase de No Money est le parfait exemple d’un passif stéréotypé : pleurnichard, soumis, gentillet, indécis, naïf, timide, fragile, il a de surcroît la manie de se mettre tout le temps en danger. Il donne aux autres à la fois l’envie de le protéger et celui de le bousculer.

Le seme n’a peur de rien. Il peut tout régler grâce ses testostérones !! Il est possessif et plein aux as. Il est froid avec tous les autres et montre seulement ses faiblesses à son uke. Je vais développer ses prouesses sexuelles plus tard dans l’article, mais sache déjà qu’il est une bête insatiable au lit.

Caffe Latte Rhapsody de Tôko Kawaii est un joli contre-exemple à tout cela. Keito, le dominant, est plus grand en taille, mais il est un garçon sensible, délicat et timide.

Une hiérarchie sociale qui en dit long

Le seme et l’uke du yaoi sont souvent mis en scène dans un contexte marqué par la hiérarchie que le Japon est connu pour respecter. L’actif est le supérieur hiérarchique du passif, qui est non seulement dominé physiquement, mentalement, sexuellement mais aussi socialement. Cela peut être une relation senpai/kôhai, professeur/élève, patron/employé, dans la police, l’armée, l’aristocratie, la mafia, en prison… Il y a des points bonus pour les uniformes et les costumes.

Reprenons l’exemple de No Money : le seme Kanou est un mafieux et l’uke Ayase est un trophée qu’il a acheté aux enchères. C’est facile de deviner qui est aux commandes.

Cependant, il n’est pas rare que la hiérarchie sociale soit complètement inversée. J’aime assimiler cette situation à l’expression japonaise « Gekokujô » qui signifie « le faible domine le fort ». Dans Hey ! Sensei de Yaya Sakuragi, le professeur Isa cède aux avances de son élève Homura. Toutefois, le tableau est nuancé puisque Homura est plus grand qu’Isa qui possède bien quelques traits de caractères d’uke.

Au lit, ça se passe comment ?

Le retour du dominant et du dominé

Dans cette partie, je vais joyeusement parler du sexe, donc que celles et ceux inconfortables sur le sujet sautent à la partie suivante. Ne nous voilons pas la face : la plupart des lectrices lisant le yaoi ne crachent pas sur les scènes explicites, loin de là. En plus, elles représentent la concrétisation de l’amour mutuel entre les personnages. Qu’on le veuille ou non, la scène au lit est le climax du récit, placé stratégiquement à la fin, après qu’ils se soient avoués leur amour ou expliqués les méprises.

Le seme est évidemment celui qui domine au lit. Toujours ! Il ne changera jamais de position parce qu’être en-dessous est pour les faibles. Si tu es un dominé, tu le seras toute ta vie. Tu n’auras jamais le plaisir de changer de fonction, parce que tu es dans un yaoi. Par ailleurs, tu ne dois pas avoir couché avec d’autres hommes avant, parce que tu dois être vierge et inexpérimenté, alors que ton seme est un playboy qui a beaucoup d’expérience dans la matière.

L’actif fait tout pour donner du plaisir à son passif qui n’a rien d’autre à faire que s’allonger sur le lit (ou d’autres endroits plus exotiques), pleurer parce que ça fait mal et pousser des cris de plaisir. Si ce dernier n’atteint pas l’orgasme au moins deux fois, on considère que le seme a lamentablement échoué sa mission.

Fort heureusement, les couples sexuellement égalitaires existent même. Dans le cultissime Haru wo daiteita de Yôka Nitta, Iwaki et Katô changent souvent de position au lit.

haru wo daiteita iwaki kato

Kato et Iwaki, le couple réversible le plus populaire du yaoi

Anatomiquement incorrect ?

Nous avons déjà convenu que les personnages de yaoi ont un corps de rêve sans faire d’effort. Que ce soit l’élancé uke ou le musclé seme, ils ont peu de poils voire pas du tout pour certains. Est-ce qu’ils s’épilent en secret ou c’est inscrit dans les gènes des gays ? Mystère.

Fréquemment, les scènes de sexe me donnent la nette impression de sortir d’un autre univers tant elles rejettent les lois physiologiques d’un homme. Je veux bien mettre de côté le cruel manque d’utilisation de lubrifiant, mais j’ai mal à mes cours de biologie quand le passif sécrète des fluides d’origines inconnues et quand l’actif roucoule « Regarde, tu es déjà tout mouillé… ». Les initiés savent de quoi je parle, et si tu ne le sais pas, cours et ne reviens surtout pas.

Quand « Non, arrête ! » devient « Oh oui, encore ! »

Oh pardon, j’avais oublié de nuancer quand j’ai dit que la scène au lit était la concrétisation de l’amour entre deux personnages. Il arrive très souvent que le sexe arrive très tôt dans l’histoire. Il peut avoir plusieurs motifs à cela. Tu ne sais pas comment déclarer ton amour à l’homme de ta vie qui ne te connaît ni d’Eve ni d’Adam ? Viole-le. Tu débordes d’amour pour ton meilleur ami et tu ne peux plus te contrôler ? Viole-le. Tu veux punir le beau jeune homme qui s’est introduit dans ton bureau de mafieux ? Viole-le.

manga Lover's interview

Lover’s interview, un autre manga qui abuse du viol

Bienvenue dans le cliché qui m’irrite le plus dans les Boy’s love. D’une part, le viol est banalisé comme un acte sans conséquence psychologique sur la victime qui, une fois la terreur passée, éprouve du plaisir et devient consentant parce que c’est trop bon. Il se relève ensuite comme si tout va bien pour le meilleur des mondes et commence à éprouver de l’amour pour son violeur (Viewfinder, je te fusille du regard…).

D’autre part, l’agression est sublimée comme l’ultime moyen d’expression des sentiments. Le pauvre seme a tellement de mal à les exprimer avec des mots qu’il doit le faire avec son corps, en ignorant les cris de protestation de celui qu’il prétend aimer. Comme d’autres personnes l’ont dit avant moi : dans les yaoi, viol = amour.

Pour mettre du baume sur toute la colère que je viens de déverser, laisse-moi citer un josei à tendance shônen-ai qui a pour thème central le traumatisme d’un jeune garçon après des abus de son beau-père : Zankoku na kami ga shihai suru de Hagio Moto. Je dois encore trouver un yaoi où le personnage ne finit pas avec son bel agresseur qui l’aime à la folie…

Des situations grotesques et usées

La plupart des yaoi sont des one-shots. C’est sans doute un peu pour cela que les mêmes ressorts scénaristiques sont usés jusqu’à la moelle. J’en ai sélectionné quelques uns parmi les plus communs et absurdes.

Tous les hommes sont gays, et les femmes n’existent pas

love mode yaoi volume 1

Couverture française du yaoi Love Mode

Ce cliché est surtout présent dans les yaoi à plusieurs tomes comme Love mode, Ze ou Love Pistols. Le personnage principal est un parfait hétéro au début. Une fois ses penchants pour la gente masculine révélés grâce à celui qui devient son petit-ami, il découvre que son patron, son collègue, son oncle, son ami, son voisin, le gardien de son immeuble et le caissier qu’il a croisé au super marché la veille sont tous gays. Certains d’entre eux seraient même amoureux de lui en secret. Attention, triangle amoureux en vue !!

Réciproquement, comme tout le monde est gay, la présence féminine est très faible. Elle se limite à la famille, à des collègues ou copines de classe qui sont là pour meubler le décor, ou avec un peu de chance, pour pousser les deux hommes l’un vers l’autre. Elles n’ont pas de personnalité à proprement parler.

Contre-exemple : Tamaki, dans Le jeu du chat et de la souris tome 2, joue le rôle de la briseuse de couple. Néanmoins c’est un personnage sympathique avec de la profondeur.

Je suis ton frère, mais je ne le suis pas

Les yaoi adorent les demi-frères. Si leurs parents se sont remariés récemment, les personnages seront plus ou moins hostiles l’un envers l’autre au début. Au cours de leur cohabitation, ils créent des liens et le torrent de l’amour s’abat sur eux.

S’ils sont élevés ensemble depuis tous petits, on peut être sûr qu’ils sont amoureux l’un de l’autre depuis qu’ils se sont rencontrés à l’âge de trois ans. L’un en a toujours été conscient, tandis que l’autre ne s’en rend compte que maintenant. S’ensuivent ensuite des moments mélodramatiques où ils remémorent les souvenirs communs et souffrent inutilement de leur sentiments pseudo-interdits alors qu’ils ne sont pas liés par le sang et rien ne les empêche de se sauter dessus. Brother de Yuzuha Ougi devrait te rappeler quelque chose.

Contre exemple : Dans Unbalanced Heat (Unbalance na Netsu) de Masara Minase, les deux demi-frères sont amoureux du même garçon et se battent pour le séduire (ou presque).

Une séparation

Tu es dans un yaoi, disons dans His favorite. Tu retrouves un ami (ou même ton demi-frère) que tu n’as pas revu depuis des années. Il est méconnaissable : plus beau, plus fort, plus intelligent, alors que c’est toi qui le protégeais quand vous étiez petits. Essaie surtout d’être choqué quand il avoue que tu es son premier amour et qu’il revient uniquement pour te séduire.

Le malentendu le plus bidon au monde

Deux personnages A et B se rencontrent et tombent amoureux. Ils tâtonnent pour se connaître et attendent le moment propice pour se déclarer. Par malheur, A voit B se promener avec une fille, conclut hâtivement que ce dernier n’est pas gay et sombre dans le désespoir. Il n’a pas du tout du pensé qu’elle pourrait être juste sa sœur ou une amie.

Même Castle Mango, que je considère déjà comme la meilleure nouveauté yaoi de l’année, a eu recours à ce mécanisme. Ce qui prouve que les stéréotypes ne rendent pas le manga mauvais pour autant. Seule la surenchère est irritante. Les auteurs peuvent tirer leur épingle du jeu si elles arrivent à les faire oublier et innover avec la la narration et les personnages.

Les clichés du Boy’s love sont très nombreux ; certains sont horripilants et irréalistes. Toutefois, les séries les plus populaires (Viewfinder, No money, Junjô Romantica…) s’en servent à cœur joie. C’est la preuve qu’ils sont toujours appréciés par la majorité du public. Qu’on les aime ou non, quand on lit du yaoi, on les connaît. Les stéréotypes font donc partie intégrante du genre.

 

Il y a beaucoup d’autres clichés que je n’ai pas cité, comme celui du premier amour qui est forcément le grand amour, celui du nouvel élève marginal, celui du lycéen sérieux qui se fait séduire par le voyou, etc. Et toi, lesquels sont ceux que tu détestes le plus ?

comments
 
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  • Marianne
    9 octobre 2016 at 15:22

    Coucou!! J’ai adoré ton article qui retranscrit exactement tout ce que je pensais!! C’était vraiment très amusant, et tu as par-fai-te-ment raison, tout ces clichés sont parfaitement horripilants, c’est à pleurer des fois! xD Mais justement, je voulais te demander ton avis: aurais-tu quelques yaoi favoris à me conseiller? Difficile de faire le tri à première vue. Si tu peux m’en conseiller je serais ravie!!! Merci d’avance <3

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  • Keira
    6 avril 2016 at 21:26

    J’ai beaucoup aimé ton article que je trouve vraiment pertinent du début à la fin. Le fait que les personnages soient (la plupart du temps) imberbe restera à jamais un mystère du genre et ça m’a fait bien rire que tu soulèves le détail ! Les clichés du yaoi ont parfois le don de me décourager (j’ai arrêté de lire les one-shot, souvent décevants du point de vue de la trame). Comme j’en ai lu énormément, j’ai pu comme toi faire de belles trouvailles. Parmi ceux que tu as apprécié et qui sortent des clous, quels sont tes préférés ? Je cherche de nouvelles lectures en ce moment mais j’avoue qu’aucune série n’a su vraiment m’impressionner.

    Enfin, j’ai passé un bon moment grâce à toi. Merci pour cet article plein d’humour et de légèreté !

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    • 10 avril 2016 at 23:55

      Merci beaucoup pour ton commentaire. ^^ Concernant le côté imberbe, je ne m’y connais pas bien en yaoi mais j’imagine que ça répond à un certain fantasme féminin.
      Au sujet de ta question, as-tu regardé du côté de notre article sur les meilleurs yaoi ? ^^ Il y a peut-être quelques titres qui pourraient t’intéresser.

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    • Didacoco
      23 juin 2017 at 20:19

      Bonjour à toi,
      En ce moment, j’ai découvert quelques pépites. Bon, l’incontournable Haru wo daite ita, en lecture ; je ne parle pas de l’animé en OAV qui est pas mal mais tellement réducteur de l’œuvre réelle.
      Ensuite, Love Stage, cette fois que j’ai vu en animé. Pour finir :
      – Killing stalking ( euh atmosphère glauque, hard/horreur mais finalement j’ai accroché)
      – A man like you
      – Gloomy night
      – At the end of the road
      Bonne lecture.

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  • neko
    25 avril 2015 at 16:31

    Coucou. Je tombe sur cet article (en français, en plus, allez Louya !) et je suis totalement d’accord avec ce qu’il exprime. (Attention, râlerie ci-après.) Étant bi (pour simplifier), je suis souvent attiré par tout ce qui peut se rapporter au yaoi/BL, que ce soit des manga, des dessins, etc. Mais plus j’ai creusé, et plus j’ai été dégoûté, à cause… de la trop grande présence de thèmes de viol dans les œuvres homoérotiques que j’ai rencontré, et surtout, du fait que le viol soit romantisé, idéalisé, ou mis en humour. Ce que je trouve abject, à la fois pour des motifs personnels et pour des raisons convictionnelles. Du coup, je me suis éloigné, à regret, de tout un pan de la culture manga qui m’intéressait au départ. Mais malgré le dégoût et les déceptions, je n’arrive pas à rejeter le yaoi (j’y reviens toujours dans l’espoir de trouver UN fan-artiste dont le style me plaît et qui n’aurait jamais mis en scène une agression sexuelle à paillettes) ; je me demande si Caffe Latte Rhapsody pourrait me réconcilier avec ce genre ? Enfin bref, merci pour cet article dont, je le répète, je partage entièrement le point de vue ET ÇA FAIT DU BIEN.

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    • misami-hirota
      25 avril 2015 at 20:43

      Merci pour ton commentaire qui m’a fait très plaisir !! Tu as raison de râler, car même si c’est de la fiction, j’ai du mal à gérer le traitement que les yaoi réserve au viol. Dans la vraie vie, c’est un acte qui a des conséquences affreuses pour la victime, alors pourquoi le dépeindre toujours comme un acte acceptable? (après, le fantasme du viol est sans doute une particularité de la culture japonaise…). Un manga que j’ai cité dans l’article, Zankoku na Kami ga Shihai Suru, m’a justement bouleversé car les séquelles psychologiques du viol sur le personnage principal sont au centre de l’histoire du début à la fin.

      Mais ne désespérons point, car le yaoi a bien plus à nous offrir que ces actes barbares 😀 Caffe Latte Rhapsody est un bon début ! Tous les mangas de l’auteur, Touko Kawai, sont très agréables à lire. J’ai une affection toute particulière pour Just au coin de la rue qui m’a renoué avec les relations prof/élève, et Bond[z] qui est trop trop sexy *o*

      Répondre

      • misami-hirota
        25 avril 2015 at 22:54

        Super ! N’hésite pas à revenir nous voir pour me donner ton avis \o/

        Répondre

      • neko
        25 avril 2015 at 23:07

        J’y jetterai un coup d’œil, je colle quelque part les noms que tu as mentionnés. Après, je n’irai peut-être pas lire des trucs comme Cut ou Everlasting (je me suis renseigné) mais pourquoi pas un coup de Caffe. Merci beaucoup pour cette réponse très rapide !

        (pour le coup, le commentaire que j’ai posté juste avant, et qui était le même grosso modo, il peut être supprimé.)

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    • Soe
      20 décembre 2015 at 11:52

      Hello twa !

      Je suis aussi tombée sur cet article et je suis aussi enchantée de voir que d’autres « addicts » ( bon, je sais pas si je peux t’y inclure ? ) de yaoi voient aussi ces défauts qui brûlent parfois – souvent – les yeux. Merci donc.
      Je voudrait te repondre à l’aide de mon expérience perso sur les mangas yaoi…laisse moi te dire que je suis toujours autant addict au yaoi, mais plus au manga. En réalité, j’ai découvert les comics amateur. Bon, j’espère que tu te debrouilles en anglais si jamais tu vas y jetter un oeil, mais même sans un niveaude malade les paroles ne sont pas compliquées. Si tu sais trouver les truc intéressants ( y’a des ptites perles ) et que des graphismes bancals ne te gênent pas trop tu peux trouver de tout ! Et les auteurs jouent avec la variete. Le seul problème c’est que la plupart son abandonnés mais d’autres sont en cours d’écriture. Enfin. Pour moi ça a vite remplacé les mangas yaoi qui au final m’apparaissent de plus en plus irréalistes et malsains

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  • Kawaiato
    10 novembre 2014 at 18:06

    Tenez, j’ai trouvée cette vidéo très intéressante ou un garçon parle du yaoi : https://www.youtube.com/watch?v=WWJbrHsjhJo Sans haine 😀

    Oui, je comprend la happy end général, mais quand le couple n’est pas présenté dès le début j’ai souvent une sensation de remplissage… je crains les mangas romantique a 20 tomes, parce que j’ai surtout l’impression que l’histoire c’est rallongé inutilement 😡

    J’ai acheté quelques yaoi récemment (10 count, mon amour a tout jamais, et In these word a la Japan Expo) mais ensuite j’ai du mal à explorer d’autres horizon, il me faudrait des conseils…. comme celui de ma VDD en haut et Gravitation que j’ai jamais vue, je sais pas pourquoi 😡

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  • Héléade
    17 octobre 2014 at 09:56

    Bonjour !

    Très bon article, très intéressant et bien écrit.
    C’est amusant de voir que, même si je n’ai lu et vu que très peu de BL, je suis déjà tombée sur les 3/4 de ces clichés. Bon, après tous les genres ont leurs codes mais s’il y a bien deux clichés qui me sortent par les trous de nez dans le Yaoi c’est le délire du viol et le Sème/uke abusif. Ça, franchement, je ne peux pas. C’est en partie pour ça que je préfère les shonen-Ai au Yaoi. Il y a pas de viol, ni de sexe abusif (bon, il y a pas de sexe du tout mais moi ça ne me dérange pas, au contraire) et on ressent pas ou moins le schéma seme/uke.

    Sinon, j’ai vu plus haut que certain(e)s ont dit que les uke n’ont jamais d’ami doté d’une personnalité et hétéro. Dans Gravitation, le meilleur ami de Schuichi est hétéro et, personnellement, j’aime beaucoup son caractère. D’ailleurs, dans l’anime, j’ai préféré l’amitié Schuichi/Hiro au couple Yuki/Schuichi. C’est pour dire. (Le côté « je suis un seme » de Yuki me tapait sur le système, justement). D’ailleurs, un seme que j’apprécie beaucoup : Ryouma dans Love stage. Enfin un seme qui montre ses sentiments, qui rougis quand il parle d’amour, qui hésite, qui s’excuse platement quand il pense être allé trop loin, qui a les larmes aux yeux quand ça ne va pas, qui a les étoiles dans les yeux quand son uke veut bien de lui. Bref, un mec réellement amoureux qui se l’a joue pas armoir à glace mais qui n’en reste pas moins dominant et chevalier servant.

    Répondre

    • misami-hirota
      31 octobre 2014 at 01:10

      Merci beaucoup pour ton commentaire détaillé !!
      Le viol est le cliché qui me ressort le plus par le nez, surtout quand ça n’a quasiment aucune conséquence psychologique sur la victime et qu’elle en redemande… Les shônen-ai sont bien plus rares que les yaoi, ça me désespère un peu xD.
      Nous avons en effet oublié Hiro de Gravitation ^^ Après, c’est un manga bien plus long que les yaoi en 1 tome habituels et qui a donc besoin de solides personnages secondaires. Peut-être que les problèmes des yaoi viennent aussi du fait qu’ils dépassent rarement un tome, et doivent donc respecter certains « codes » pour raconter une histoire au plus vite.
      Ryôma de Love Stage est vraiment un charmant garçon, je l’adore aussi!!

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  • Kawaiato
    3 août 2014 at 23:30

    En fait, c’est comme dans les shôjo d’un côté : on fait une overdose d’amour (et de viol). Je sais pas, le uke ou le seme ne peuvent pas avoir un pote, comme ça, pas gay, juste quelqu’un d’autre dans sa vie, pour l’aider avec son futur amant par ex? Non? Non. J’ai jamais vue ça, il est juste tombé amoureux parce qu’il est trop kawaiii. Et dans les shôjo, les garçons, ben pareil, mais si l’héroïne a une meilleure amie? Elle sert à rien. Sauf si elle tombe amoureuse d’un mec aussi. Je sais pas, avoir un personnage principal et célibataire dans une oeuvre taggé romance, c’est juste impossible parce que tout ce qui est intéressant c’est l’amour et rien d’autre. Le syndrome « pairing eveywhere » comme je l’ai nommée, me saoule. Tiens, c’est aussi un cliché yaoi (mais romance en général), que tout le monde doit être en couple, ou ben sinon, désolé, mais tu sert à rien. « Ton amitié? Mais on s’en fout, tu peux violer ou te faire violer par personne, tu craint!  »
    Bon, je pars dans le HS, c’est un coup de gueule qui vise aussi bien le yaoi que les stéréotype d’oeuvre romantique en général, mais ‘fallait que je le dise. Ca se sent dans mon message que je n’ai pas beaucoup de yaoi.
    D’ailleurs j’ai commencé à en acheter que depuis 1ans, et la Fnac n’en a pas beaucoup, alors ceux qui m’intéressent, j’en ai rapidement fait le tour x)

    Répondre

    • misami-hirota
      5 août 2014 at 02:27

      Oui je comprends ce que tu veux dire ! Mais je pense que les mangakas doivent souvent recevoir des lettres de fans des personnages célibataires, leur demandant de mettre leur chouchou en couple pour lui faire vivre une jolie histoire d’amour aussi. C’est une façon de faire un happy end pour tous, et bon, en général les gens aiment ça.
      Si tu n’achètes seulement depuis un an, il te manquerait peut-être des petites perles datant du début du yaoi en France. A cette époque, il y en avait tellement peu que même des titres médiocres me font sauter de joie xD.

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  • Kawaiato
    28 juillet 2014 at 01:43

    Vous pourriez rajouter la relation quasi exclusive du uke a son seme. Je veux dire par là qu’étant donnée qu’en partant du stéréotype, le uke est une petite chose fragile qui risque de se faire violer dès qu’il sort dehors parce que tous les gens qu’il connais sont des violeurs potentiel, il n’a AUCUN AMI. Les filles n’en parlons pas, elles n’existent pas. Donc le uke, dès qu’il se fait un pote, c’est forcément pour se le taper, y’aura forcément une tension entre lui et le seme qui vas sauver sa princesse du méchant rival, pour finir dans une jolie fin ou il se fait violer par le seme- je veux dire, qu’ils font l’amour.

    Tiens, je viens de me rendre compte qu’un uke n’était jamais consentant, ne provoque jamais rien, hawn, tellement il est choupitrognon timide.

    Je fais partie de celles qui lisent beaucoup et achètent peut aussi…enfin, je n’achète que des valeurs sûres…

    Répondre

    • misami-hirota
      30 juillet 2014 at 15:06

      Oui c’est vrai. Dès que l’uke a un ami, celui-ci est soit amoureux de lui, soit il est aussi gay et a un copain, soit il n’a aucune personnalité. Uhgggg.

      Quand le yaoi a commencé à venir en France, j’achetais tout ce qui sortait. Maintenant, je me méfie xD.

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  • Miknass
    28 avril 2014 at 18:45

    Rien de tel que de relire un article bien piquant après une rude, que dis-je, UN ENFER journalier. C’est cynique, c’est drôle, c’est cool !!

    Asa-sama ~~ effectivement, tous les genres ont leurs clichés ! Du bêta-fort à la cruchette, y’a de quoi faire ! Dans le yaoi, ce qui me dérange surtout, c’est cette histoire de viol T_T ! Il faudrait presque en faire un dossier complet – d’ailleurs, j’avais commencé à me renseigner en lisant la revue 10 000 images n°1, consacrée au yaoi. Existe t-il une explication historico-culturelle ? Doit-on, plus largement, s’intéresser à l’histoire de la sexualité au Japon ? Et quand bien même ! Nous sommes à une époque ou, me semble t-il, moult associations et autres groupements dénoncent cette horreur. Les mangaka elles-mêmes doivent bien se douter qu’être violée est tout sauf plaisant u_u… A moins qu’elles ne pensent réellement que le violeur a toujours le physique aguicheur de Mr Seme ! Ah, loin de moi cette violence !

    Et donc ! Que lit Miknass ? (je sais que vous mourez d’envie de le savoir u_u) : shônen, shôjo, seinen, tant que ça claque dans ma tête, je prends ! Je remarque que je lis et achète peu de yaoi. J’ai eu ma période « wa-hou », et puis non. En plus, je ne suis toujours pas guérie de mon « non au *hum hum* » !! ça commence à être long ! J’ai essayé de regarder Ai no kusabi 2012*… je n’ai PAS REUSSI !! Je dois être malade… je pourrais peut-être lire un yaoi… Mais depuis le début de l’année, je suis sur un truc en 6 tomes que je n’ai TOUJOURS PAS FINI !! Enfin bref, je m’égare…
    *Je viens de réaliser que la citation peut entrer en contradiction avec mes propos sur le viol. Je vous l’accorde, on ne peut guère dire que les relations soient consentantes. Et je m’insurge ! Je m’emporte ! Retournez donc lire le paragraphe 2 !

    Répondre

  • Natth
    28 avril 2014 at 17:10

    Un article intéressant, qui m’a fait réfléchir sur le point de vue dans les mangas BL. Je n’avais pas l’impression que ces derniers étaient majoritairement écrits du point de vue uke, mais au final il y en quand même beaucoup. Je pense que cela peut aussi venir du fait que le uke est moins fermé que le seme, plus communicatif et ne doit pas renvoyer cette image de froideur impénétrable. Lorsque le cas contraire se présente, c’est à mon avis lié au côté froid/mystérieux/incompréhensible de la personnalité du uke (comme Taki de Maiden Rose). De même, le début de No Money est plutôt vécu du point de vue de Kanou si je me souviens bien, mais je dirais que ça vient de la tête pleine d’eau d’Ayase. On voit mal ce qu’il pourrait dire d’intéressant (pas que les propos de Kanou soient passionnants, mais bon XD), surtout quand il comprend à peine ce qui lui arrive. Pour l’identification, je trouve que le yaoi permet de se glisser dans la peau de l’un ou l’autre, là où la différence de sexe du shôjo rend peut-être ce processus moins facile. C’est peut-être aussi pour cela que les tempéraments sont aussi opposés dans le BL classique (deux faces à découvrir), mais il le sont aussi dans le shôjo de base, donc ce n’est pas forcément évident.

    Parmi les clichés, j’ai surtout tendance à ne pas apprécier le manque de cohérence. Que l’auteur choisisse de créer un homme peu réaliste ne me paraît pas vraiment gênant, mais ça commence à coincer quand il ne réagit pas logiquement selon sa personnalité. J’ai donc aussi du mal avec le « Je t’aime donc je te viole, tu m’as violé donc je tombe amoureux de toi (quoique je vois plus souvent le « Tu m’as violé mais ce n’est pas grave car je t’aime déjà tellement » qui n’est pas plus crédible). Je préférerais que le thème du viol n’apparaisse que dans des récits particuliers, comme Réminiscences, où ce sujet voudrait réellement dire quelque chose.

    Finalement, je crois aussi que ces clichés ont du succès (il suffit de voir les séries qui se vendent le mieux), mais c’est le cas des autres genres comme tu dis. Dans le domaine du shôjo, j’ai en tête de nombreuses séries qui, s’écartant des codes, n’ont pas rencontré le succès qu’elles méritaient selon moi. En BL, Tango, qui n’avait quasiment rien de cliché, s’est en toute logique très mal vendu. Je pense donc que beaucoup de BL ne sortiront jamais en France, notamment lorsqu’ils bénéficient d’une identité graphique marquée ou qu’ils sont sortis avant les années 2000.

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    • misami-hirota
      30 avril 2014 at 00:15

      Natth !!!! <3
      Maintenant que tu le dis, je pense que tu as raison à propos du point de vue, qui reviendrait au plus "émotif" et moins mystérieux des deux pour faciliter l'expression des sentiments. J'ai deux autres exemples de cette théorie sur mon lit depuis des semaines : Not Equal d'Ike Reibun et Same Difference de Nozomu Hiiragi. C'est bête de ma part de ne pas m'être rendue compte plus tôt xD. C'est vrai qu'en principe, le yaoi devrait permettre au lecteur de s'identifier aux deux personnages, mais justement comme tu l'as dit, on peut si facilement assimiler le couple uke/seme du yaoi au couple héroïne/héros du shôjo au niveau de la personnalité que ça ne marche pas.

      Etrangement, en France, les shônen qui s'écartent des codes ont de meilleurs chances d'avoir du succès que des shôjos peu conventionnels, alors qu'au Japon ce n'est pas le cas. C'est dommage que les clichés sont au final devenus des "valeurs sures" pour les éditeurs français :/

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  • Asa-sama
    27 avril 2014 at 04:45

    Je suis d’accords qu’il y a beaucoup de clichés dans les yaoi, mais que lisez-vous et qu’est-ce que vous achetez comme manga ? Quel style n’a pas ces propres clichés? Les shonen et leurs personnages principaux sans parents, les shojo et leurs triangles amoureux etc… Après tout, les clichés que vous avez nommé se retrouvent dans les shojo aussi à une exception près l’inexistence des filles, qui est d’ailleurs de moins en moins vrai.

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    • misami-hirota
      27 avril 2014 at 22:19

      Ah, ne me vouvoie pas s’il te plaît, ça me met mal à l’aise quand on me vouvoie su Internet ^^’ Je lis de tout mais j’achète principalement des shôjo et yaoi. Oui bien sûr que les shônen et shôjo ont des clichés, c’est normal que chaque genre en ait et il n’y a pas de mal à ça, c’est ce que j’ai dit dans l’article. C’est fatiguant de toujours se retrouver avec les mêmes personnages et les mêmes histoires, mais ce n’est pas pour autant que j’arrête de lire le yaoi. Je continue à en lire pendant tous ces années parce qu’il y a des séries capables de m’offrir plus que ça.

      Je suis consciente que beaucoup de clichés de yaoi se retrouvent dans les shôjo, j’avais comparé l’uke de base à une héroïne de shôjo mature. Les deux genres visent tous un lectorat féminin, alors pas de raison de changer une formule qui marche.

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  • 27 avril 2014 at 01:59

    Je suis aussi dans le club du « je lis beaucoup mais je n’achète pas énormément », quoique, je lis mais pas tant que ça (enfin si.. enfin un peu. Enfin je ne me l’avoue pas encore, je suis une lectrice de boy’s love qui ne s’affiche pas encore complètement). Ton article m’a fait rire ! Eh oui, tu as raison dans tout tes propos, je vous te rejoins dans le coup du viol mi-consentant (ah tiens, je n’ai jamais voulu lire 50 nuances de Grey, j’ai eu ma dose avec les Anita Blake il y a 3-4 ans). J’aime beaucoup aussi ta remarque sur le faux-frères ! C’toujours comme ça de toute façon.
    Malgré tout ces clichés, je ne suis pas encore au stade où je me lasse vraiment, m’enfin voilà, ton article m’a fait sourire du début à la fin de ma lecture et je vais pouvoir faire de beaux rêves cette nuit !

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  • 26 avril 2014 at 22:55

    Je ne lis pas beaucoup de yaoi, mais je trouve l’article très enrichissant et complet!

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  • 26 avril 2014 at 18:44

    C’est pour cela que même si je lis énormément de yaoi, j’en achète finalement très peu, et seuls ceux qui ont vraiment fait mouche dans mon cerveau ont la chance de se retrouver sur mes étagères…
    J’essaye de m’éloigner un peu des stéréotypes, mais ils sont tellement ancrés dans le genre que c’est dur de n’en croiser aucun ^^

    +1 pour le :

    « Tu ne sais pas comment déclarer ton amour à l’homme de ta vie qui ne te connaît ni d’Eve ni d’Adam ? Viole-le. Tu débordes d’amour pour ton meilleur ami et tu ne peux plus te contrôler ? Viole-le. Tu veux punir le beau jeune homme qui s’est introduit dans ton bureau de mafieux ? Viole-le. »

    C’est aussi ce que je déteste le plus, je crois ^^ »

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    • misami-hirota
      26 avril 2014 at 20:05

      Meci pour ton commentaire ! C’est exactement mon cas, je lis beaucoup mais j’achète très peu. Junjo Romantica, The tyrant who fall in love, ce genre de série, même si j’ai passé un assez agréable moment à les lire, je ne les achète pas, car je sais qu’elles vont m’énerver au bout de la 3e lecture.

      Le pire avec le cliché du « viol consentant », c’est qu’on le retrouve partout : les shôjo matures, harlequins, bit-lit, chick-lit, YA… Je soupire longuement à l’intérieur à chaque fois qu’on me demande 50 Nuances de Grey à la médiathèque où je travaille.

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