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Conférence d’Aya Oda à Japan Expo

by on11 septembre 2013
 

Le samedi 6 juillet s’est tenue la conférence consacrée à Aya Oda et organisée par Soleil manga, à l’occasion de ses dix ans. Pendant une demi-heure environ, la mangaka a répondu aux questions d’Iker Bilbao, responsable éditorial, et du public, dans une deuxième partie.

Conférence Aya Oda

La mangaka Aya Oda, accompagnée de son éditrice et de la traductrice

Avant de débuter la conférence, Iker Bilbao désire nous parler de la maison d’édition française en nous rappelant que cette année elle fête ses dix ans. De ce fait, cela représente un vrai plaisir de pouvoir inviter un auteur à Japan Expo, de nous la faire rencontrer et de partager cette expérience.

Il nous précise ensuite que l’éditeur publie de nombreux shôjo depuis sa création. Et depuis environ six ans, beaucoup d’auteurs parus chez Shôgakukan ont rejoint la collection shôjo de Soleil comme Yuki Obata (C’était nous), Kotomi Aoki (My first love) et Aya Oda, depuis 2007. Il nous cite ses œuvres déjà sorties en France comme Lovey Dovey, Playboy Café, Trop jeune pour moi ?!, Hakoniwa Angel et dernièrement Room Paradise.

Puis, Aya Oda arrive sur la scène et nous salue en français : « Bonjour, je m’appelle Aya Oda. Je suis très honorée de rencontrer mes fans françaises« .

La conférence

Dans un premier temps, je vais poser une question assez classique mais qui, je pense, intéresse le public. Qu’est-ce qui vous a inspiré et vous a donné envie de devenir mangaka ?

Yami no Purple Eyes tome 1

Premier tome du manga Yami no Purple Eyes

Il était très courant au Japon de lire des mangas depuis qu’on est tout petit. C’est vrai que j’ai subi cette influence depuis ma tendre enfance. C’est très naturellement que je suis devenue mangaka à mon tour.

Y a-t-il un titre en particulier dont vous vous souvenez et vous ayant beaucoup influencée ?

Effectivement, il y a un titre de Shinohara Chie-sensei, Yami no Purple Eyes, qui m’a beaucoup inspirée.

Votre carrière de mangaka, en tout cas chez Soleil Manga, a eu énormément de succès. Pourriez-vous nous dire comment se passe le processus créatif ? Comment venez-vous à créer une série et quelles sont les étapes importantes sur cette création ?

Pour créer une série, je commence par imaginer tout ce qui est scénario et dessin des premières planches. Puis en ayant obtenu l’accord de la maison d’édition, je passe à la réalisation de mes œuvres.

Et quelle est vraiment l’étape la plus cruciale selon vous ? Est-ce la création des personnages ou bien autre chose ?

Selon moi, la partie la plus importante de la création d’un manga est avant tout l’élaboration des personnages et de toute l’ambiance qui va se créer autour d’eux par la suite.

Vous avez également une carrière très riche au Japon depuis de nombreuses années. Est-ce que vous avez la sensation que votre travail a évolué au cours de ces années d’un point de vue créatif ou avec vos assistants ?

Effectivement, j’ai constaté pas mal d’évolution au cours du temps dans ma façon de réaliser les mangas. En l’occurrence, je suis passée donc de la réalisation à la main à la réalisation digitale, aujourd’hui.

Donc maintenant c’est un travail qui est exclusivement digital au niveau du dessin en lui-même.

Oui c’est exclusivement digital maintenant.

Parmi tous les titres que vous avez publiés, et notamment ceux en France, en avez-vous un favori ? Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

Si je devais donner une œuvre qui m’a particulièrement marquée, ce serait sans doute Lovey Dovey. Elle m’a permis de dessiner une jeune fille très forte que je n’avais pas eu l’occasion de faire jusque là.

manga Room paradise

Le premier volume du shôjo Room Paradise

La toute nouvelle œuvre que vous venez nous présenter est Room Paradise. Disponible au Japon depuis le début de l’année, elle sort cet été en France. Pourriez-vous nous présenter ce titre et nous en dire quelques mots ?

Cette histoire parle d’une jeune fille fatiguée de l’amour et de la vie en général.Elle décide de vivre seule et d’acheter un appartement pour célibataire.

Finalement une fois arrivée sur place, elle va faire une nouvelle rencontre et va accepter l’idée de retenter une nouvelle aventure amoureuse.

Savez-vous quand finira cette série et si elle est terminée ?

Le dernier épisode a déjà été publié au Japon.

Donc la série sera terminée en trois volumes, c’est ça ?

Effectivement, en trois volumes.

Êtes-vous surprise par le succès de vos œuvres à l’étranger, et notamment en France ?

Je dois dire que oui. Je suis très contente parce que je n’avais pas du tout idée que j’aurais pu avoir un tel succès en France.

Merci beaucoup. Pourriez-vous nous faire le plaisir de réaliser un dessin afin de nous montrer votre talent de dessinatrice ?

Oui bien entendu.

Merci beaucoup.

Dessin d'Aya Oda

Le magnifique dessin réalisé par Aya Oda

Les questions du public

Merci beaucoup pour ce dessin. On va donc passer aux questions pour le public. Donc si parmi nous certains ont des questions vous pouvez les poser, en évitant les questions trop personnelles, s’il vous plaît. Quelqu’un a une question ?

Bonjour, je voudrais savoir si vous comptez faire une série un peu plus longue ?

Si j’en avais l’occasion oui, mais il est vrai que les séries plus courtes sont plus demandées que les longues. Donc à l’occasion, mais je ne pense pas pour tout de suite.

Je vous remercie.

Bonjour, je voudrais savoir si vous prévoyiez de faire un anime ?

Malheureusement non ce n’est pas prévu. (rires)

Iker Bilbao : Pour compléter la réponse, généralement ce ne sont pas les mangaka mais les studios d’animation qui projettent d’adapter. Là en l’occurrence, je pense que c’est plus difficile pour un auteur de répondre à cette question. Merci.

Bonjour, je m’appelle Geneviève et je suis très enchantée de vous rencontrer (en japonais). Je voulais savoir si vous aviez déjà un nouveau projet et si oui, si l’on pouvait savoir de quoi il allait parler ?

La prochaine série est déjà réfléchie, en cours et dans l’immédiat la première parution est prévue pour octobre au Japon.

Bonjour, j’aurais aimé savoir si vous avez des amies comme modèles ou c’est toute votre imagination dans vos dessins ?

Oui effectivement (rires), je trouve mon inspiration parfois dans les amies, la télévision, tout un tas de situations qui m’entourent. Mais je dois avouer que la plupart du temps, je vais dans les cafés, dans les restaurants, etc. en m’asseyant toute seule et en ayant une oreille qui traîne sur la table d’à côté pour écouter de nouvelles histoires d’amour inédites.

Bonjour sensei Oda (en japonais), j’aimerais savoir à partir de quel âge avez-vous décidé de dessiner ?

J’ai commencé à m’entraîner et à dessiner toute petite et j’ai eu vraiment cette idée et cette envie de devenir professionnelle à peu près à l’époque du collège.

Bonjour, je voulais savoir quelle émotion souhaitez-vous véhiculer au lecteur via vos mangas ?

La plupart des histoires se terminent bien quand même, donc il y a une volonté de transmettre du rêve à travers l’œuvre et de donner un message de courage en fait à toutes les jeunes filles.

Bonjour, je voulais savoir ce que vous prenez le plus de plaisir à dessiner ? Les filles, les garçons ou même au niveau des costumes qu’est-ce que vous appréciez le plus de dessiner ou qu’est-ce qui est le plus compliqué à dessiner pour vous ?

Pour ce qui est du plus agréable à dessiner, c’est certainement les jeunes garçons. Et pour ce qui est du plus compliqué, ça va être les scènes d’action globalement (rires). Mais c’est vrai que depuis notre programmation digitale, il y a quand même plus de facilité à recorriger et à redessiner aussi.

Bonjour (en japonais), je voulais savoir si vous prévoyiez un jour de faire autre chose que du shôjo ?

À l’occasion pourquoi pas, mais dans l’immédiat, je ne me créerai pas de moi-même cette occasion.

Je voudrais savoir ce qui vous a poussé à faire des shôjo et pas d’autres types de mangas ?

Il s’agit de l’un des styles les plus présents au Japon. Et c’est certainement grâce l’influence de mes lectures que je m’y suis intéressée. C’est vraiment venu naturellement.

Je ne parle pas français, excusez-moi. Si jamais un jour votre travail de mangaka s’arrête, que voudriez-vous devenir ? (en japonais)

J’ai déjà été en école de designer, donc certainement que si jamais je devais faire autre chose, je me réorienterais sur cette voie-là.

Bonjour, je voulais savoir si un jour vous aviez la possibilité de faire une collaboration avec un autre mangaka, qui serait-il ou qui serait-elle, si vous aviez vraiment un rêve de participation avec un autre auteur ?

Je dois avouer que je ne me suis jamais posé la question mais si jamais j’avais un nom à donner, ce serait certainement l’auteur que je respecte beaucoup, Shinohara-sensei.

Bonjour, j’aimerais savoir dans combien de pays sont exportés vos mangas ?

Comme c’est vraiment très éditorial, je ne suis pas vraiment au courant. Je sais que je suis éditée en Asie, en Europe, une petite partie aux États-Unis. À vue de nez globalement disons une bonne dizaine, mais ce n’est pas moi qui connais le chiffre exact.

Merci beaucoup Oda-sensei d’être venue à cette conférence.

Merci beaucoup.

Et merci à vous tous.

 

De ton côté, connaissais-tu Aya Oda ? Que penses-tu de son coup de crayon ? Et quels sont tes titres préférés ?

comments
 
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  • kimADA
    18 juillet 2015 at 23:31

    Je me souviens de cette conférence ! J’ai même posé la question sur ce que Aya Oda souhaitait transmettre à ses lecteurs via ses mangas. >w< ^^ C'est ainsi que j'ai découvert cette auteure, avec Room Paradise du coup ^^

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