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Interview de Guillaume Kapp des éditions Taifu / Ototo

by on29 juillet 2013
 

À l’occasion du 14e impact de Japan Expo, Nico Robin et moi avons eu l’opportunité de rencontrer Guillaume Kapp, attaché de presse et chargé de communication des éditions Taïfu/Ototo. Découvre via cette interview, toute en décontraction, les secrets de l’édition et quelques informations très intéressantes concernant notamment les collections yaoi et yuri, Pointmanga ainsi qu’Ototo. Nous le remercions d’avoir bien voulu nous accorder ce moment.

 

 

Bonjour Guillaume. Alors, déjà j’aimerais que tu te présentes un petit peu à nos lecteurs, qu’ils sachent qui tu es.

 

guillaume kapp

Guillaume Kapp de Taïfu/Ototo

Bonjour. Je m’appelle Guillaume Kapp. Je travaille pour Taïfu/Ototo depuis maintenant presque un an. Je travaille en tant que chargé de communication, attaché de presse. Pour le moment ça se passe vraiment bien.

 

En tant que chargé de communication, attaché de presse, je m’occupe de tout ce qui est la gestion des sites internet, les réseaux sociaux aussi, donc avec un rôle de community manager : facebook, twitter, etc.

 

Je m’occupe aussi depuis l’ouverture de Pointmanga de la gestion de notre site de vente en ligne. Je m’occupe aussi de toutes les relations avec la presse : partenariat, organisation d’événements, participation à des événements, etc.

 

Le yaoi made in Taïfu : le choix des licences et les perspectives

Nous allons déjà commencer par parler des yaoi. J’aurais voulu savoir comment vous choisissiez les licences, pourquoi vous preniez tel titre plutôt qu’un autre, et comment le choix se faisait, en fait ?

 

En fait, depuis maintenant un peu plus d’un an, on a changé un peu notre politique dans le choix des yaoi. Avant, on faisait attention bien sûr à la popularité des titres au Japon. On faisait attention à ce que les fans voulaient et on s’est rendu compte qu’il y avait plusieurs publics dans le yaoi.

 

Il y a un public de fans qui sont des fans de la première heure, qui lisent des yaoi depuis des années et il y a le grand public on va dire. Le public yaoi plus grand public suit moins l’actualité japonaise, se renseigne davantage sur l’actualité et les infos que peuvent relayer les sites français. Ils ne demandent pas forcément les mêmes auteurs que ce public fan. Par exemple, je peux citer l’auteur Youka Nitta qui est très appréciée des fans de yaoi de la première heure et qui plaît, un peu moins, au grand public.

 

Kiss Ariki tome 1

Le premier tome du yaoi Kiss Ariki

Forcément, quand on a pris la licence de Kiss ariki de Youka Nitta c’était pour faire plaisir notamment à ce public de fans, mais si on ne prenait que des titres comme ça, on ne ferait pas de ventes et on pourrait se mettre en difficulté. Notre but, comme pour toute entreprise, c’est qu’on soit rentable.

 

On est donc obligé de satisfaire ces deux publics et en fonction de ça on a changé notre stratégie. Maintenant, on prend un peu de titres fans, par exemple avec Ike Reibun et Bi no Isu, ≠ Not equal et on prend des titres qui peuvent satisfaire les deux publics. Je peux citer Love stage!!, Super lovers qui sont davantage des titres comme Tendre voyou.

 

Ce sont des titres qui ont vraiment un gros potentiel et qui peuvent plaire à tout le monde, comme par exemple Stupid story, qui est terminé depuis quasiment un an et qui se vend toujours très, très bien. Voilà, on essaie de satisfaire les deux publics.

 

Après, on sait très bien qu’il y a des personnes qui vont parfois être déçues, mais bon on peut se rattraper après. Par exemple Twittering birds never fly, le titre de Yoneda Kou, qui va sortir en septembre, si on l’a pris, c’est avant tout pour les fans mais c’est aussi un titre qui peut plaire au grand public, et durant la Japan Expo on voit qu’il se vend très bien.

 

 

D’accord. En fait, quelles sont les étapes quand vous choisissez la licence ? Par rapport au Japon, comment ça se passe en fait ?

 

Déjà, il faut savoir qu’on ne peut pas travailler avec tous les éditeurs japonais, comme les autres maisons d’édition françaises. Il y a des éditeurs avec lesquels on travaille beaucoup.

 

Il y a des éditeurs qui travaillent uniquement avec certains éditeurs français. Par exemple, le magazine Gush, l’éditeur japonais travaille essentiellement avec IDP. Nous, on ne travaille quasiment pas avec ce magazine. On travaille avec par exemple Dear + ou le magazine Ciel. Dear + est le magazine qui s’occupe notamment de Rihito Takarai, donc Fleur et sens, Seven days, Seule la fleur sait.

 

Bon voilà, on essaie de travailler avec les éditeurs avec lesquels on a l’habitude, parce que les relations sont plus faciles, les négociations sont plus faciles à mener.

 

manga Love stage!!

Couverture française du manga Love stage!!

Parfois il y a des titres sur lesquels on est obligé de faire des offres plus importantes. Ça dépend en fait de la demande de ce titre, ça dépend aussi de la popularité de ce titre. Par exemple, Love stage!!, c’est clair que c’est un des auteurs qui est très connu au Japon : Taishi Zaou.

 

C’est une licence qui nous a coûté plus cher à acquérir, parce que déjà on la voulait absolument et les Japonais savaient très bien que c’était une licence haut de gamme, on va dire.

 

Après, si on choisit une licence avec nos relations avec les maisons d’édition japonaises, on a des agents là-bas qui nous proposent certains titres, avec des auteurs avec lesquels on a déjà travaillé : des titres qui sont en fait dans notre ligne éditoriale. Si on veut plus de shônen-ai, ils vont davantage nous cibler les shônen-ai, etc.

 

Mais on travaille aussi beaucoup avec notre public, nos lecteurs. Par là, je veux dire qu’on se renseigne beaucoup sur Internet en fait, d’abord par les réseaux sociaux. Quand les personnes nous proposent des titres, que ce soit sur facebook ou notre site Internet, on prend le temps de se renseigner sur ce titre. On tire une fiche descriptive avec un résumé de ce titre. On cherche à savoir si, nous, il peut nous intéresser, quelle maison d’édition c’est, quel style, quel auteur, combien il y a de volumes, etc.

 

Le nombre de volumes, ça aussi c’est très important. A l’heure actuelle, c’est vrai qu’on cherche plutôt des petites séries que des longues séries, parce que d’une part ça coûte moins cher mais d’autre part, les lecteurs, si on leur dit une série fait dix tomes, ils vont nous regarder et vont faire « ah ouais quand même ». C’est un investissement pour nous mais aussi pour les lecteurs.

 

twittering birds never fly tome 1

Couverture du yaoi Twittering birds never fly

Voilà, on essaie de travailler en proximité avec notre public parce que c’est eux qui vont acheter nos mangas, donc on fait attention à ce qu’ils nous proposent. On va quelques fois sur les forums, sur les sites internet, voir ce qui plaît. Et on fait attention aux sondages.

 

Par exemple, il y a un récent sondage qu’a fait Yaoi Juice, c’est vrai qu’on l’a regardé. On a regardé les auteurs qui plaisaient, les auteurs qui étaient attendus. On a été contents de voir par exemple que Yoneda Kou était la première auteur qui était demandée parce que forcément, sachant qu’il y a Twittering birds never fly qui va sortir, c’est un plus pour nous. Bon voilà, on fait attention à tout ça.

 

Je vais partir peut-être sur un sujet plus sensible qu’est le scantrad. On va quelques fois sur les sites de scantrad pour voir tout simplement, parce qu’on n’est pas forcément une maison d’édition qui a des personnes qui parlent japonais sous la main. Bien sûr, on a des traducteurs mais le temps qu’on les contacte, qu’on leur demande de se renseigner, qu’ils nous fassent un résumé et tout, ce n’est pas possible.

 

On est donc obligé d’aller sur Internet, notamment sur certains sites de scantrad pour voir de quoi ça parle, avoir un aperçu des traductions en anglais par exemple et voir si ça plaît tout simplement aux gens : le nombre de vues, le nombre de fois où la page a été téléchargée, tout ça.

 

A l’heure actuelle, on ne peut pas marcher simplement qu’avec les magazines de prépublication japonais, qu’avec nos agents. Il faut savoir que le public français et le public japonais sont très différents : un titre qui marche au Japon ne va pas forcément marcher en France. Les agents japonais ne connaissent pas forcément le marché français, donc tout ça c’est à prendre en compte. Et pour éviter des erreurs éditoriales, on est obligé de faire attention et prendre en considération ce genre de méthode, ce genre de lecture. Après, il faut avoir des limites.

 

 

Donc tout à l’heure tu nous parlais d’IDP, on aurait voulu savoir ce que ça avait eu comme impact chez vous ?

 

*sourire* Quand je suis arrivé chez Taïfu c’était pile poil la période où il y avait toutes les annonces IDP, le lancement. Je ne vais pas le cacher, c’est vrai que j’en ai beaucoup entendu parler et on se demandait ce que ça allait faire.

 

Après on n’avait pas tous les jours en tête « IDP, le lancement d’IDP, IDP ça va être un concurrent ». C’est un éditeur comme un autre pour nous. On fait notre travail de notre côté, il fait son travail de l’autre côté. Même si on est sur le même marché, on a deux façons différentes de fonctionner. Il a ses titres, on a nos titres.

 

Si on commence, je pense, à porter notre attention sur un concurrent quel qu’il soit, une maison d’édition même, quelle qu’elle soit, c’est vraiment là qu’on peut se perdre.

 

On a une ligne éditoriale, jusqu’à maintenant ça a très bien fonctionné. On ne voit pas pourquoi on changerait tout parce qu’un nouvel éditeur arrive sur le marché. De toute façon, il y en a tous les ans qui arrivent en ce moment sur le marché, donc bon voilà quoi. C’est un éditeur comme un autre.

 

Après c’est vrai que ça nous a peut-être aussi un peu boosté. On s’est dit « c’est peut-être l’occasion de faire en sorte de concrétiser certains projets qu’on avait ». Pointmanga, ça faisait plusieurs années qu’on y pensait. Le fait d’avoir en plus fait pas mal de salons durant les derniers mois, ça nous a davantage mis dans la tête que c’était l’occasion de sortir Pointmanga.

 

Voilà, après, ça nous a peut-être un peu boosté sinon non on n’a pas changé notre méthode de fonctionnement. Ça ne nous a pas bouleversés plus que ça quoi. C’est un éditeur comme un autre.

 

stand-taifu

La partie Taïfu du stand de l’éditeur

 

Au niveau des nouveautés, des tendances à venir, est-ce que tu as des petites infos à nous donner ?

 

Au niveau des infos, je dirais que, comme j’ai dit, on essaie de sortir des mangas qui ont du potentiel, des auteurs qu’on connaît déjà. Par exemple, on a vu que Rihito Takarai commence un nouveau manga. On va se renseigner sur celui-ci. Après, je ne dis pas qu’on va acquérir la licence, de toute façon, il n’est même pas encore prépublié, donc voilà.

 

Mais c’est vrai qu’on va essayer de suivre des auteurs qui marchent beaucoup en ce moment, donc par exemple Yoneda Kou, Rihito Takarai, des auteurs qui ont le vent en poupe. On va essayer de porter notre attention sur des nouveaux auteurs parce qu’on a écouté les lecteurs et ils veulent avoir un peu de nouveauté, de nouveaux auteurs. Ils veulent voir autre chose que Hinako Takanaga (The tyrant who fall in love, Turning point, ndlr) et tout.

 

manga Conveni-kun

Le one-shot Conveni-kun

C’est vrai qu’Hinako Takanaga, c’est peut-être une auteur qu’on va mettre un peu de côté parce qu’on a sorti énormément de titres notamment cette année. On va peut-être un peu le mettre en pause pour mettre en avant d’autres auteurs, par exemple, Junko dont Konbini-kun va sortir à la rentrée et d’autres auteurs dont les dernières licences ont été annoncées fin mai-juin.

 

Et je pense qu’avant la fin de l’année il y aura peut-être une surprise : un titre yaoi qui va sortir, qui va peut-être surprendre mais c’est une auteur qui est déjà connue dans le milieu, peut-être plus fan. Mais de toute façon l’annonce sera faite bientôt, elle a déjà fait parler d’elle, on va dire.

 

 

Petit détour par la collection yuri

D’accord. Alors maintenant, j’aimerais aussi qu’on parle un peu de votre collection yuri. Donc on voulait savoir comment elle marchait ? Est-ce qu’elle est à la hauteur de vos attentes ?

 

Alors le yuri, c’est un marché sur lequel on s’est lancé notamment avec Girl friends. C’est un titre qui a eu quand même un certain succès. C’était quand même une des meilleures ventes. Ça nous a quand même, même surpris.

 

Après, c’est vrai qu’il a eu du mal à décoller, le marché du yuri. Il a toujours un peu de mal à décoller. Le public est un peu plus difficile à cibler, je dirais. C’est aussi bien les filles que les hommes. Donc bon c’est un peu plus compliqué : on a encore du mal à le cerner.

 

Mais on commence à se rapprocher de ce public, notamment par des partenariats avec le forum français Kawaii Yuri.

 

manga Candy

Couverture française du yuri Candy

Bon voilà, on essaie justement de travailler comme on peut le faire avec le yaoi, on essaie de se rapprocher de ce public yuri, de savoir ce qui peut l’intéresser. On a une liste de titres que quelqu’un justement de ce forum nous a fait passer et on va se renseigner.

 

Par exemple Candy, qui est le dernier titre annoncé, qui va sortir en septembre, a été choisi justement dans ce but-là, de se rapprocher de ce public. C’était un titre attendu.

 

On a fait le même fonctionnement. On est allés sur les forums, sur les sites voir ce qu’il se disait, les titres sur lesquels les lecteurs étaient sensibles. Si on continue comme ça, on espère qu’il va suivre le même développement que notre collection yaoi.

 

 

Et en termes de chiffres d’affaires, pour Taïfu c’est à peu près quelle part le yuri par rapport au chiffre d’affaires global ?

 

Alors déjà Taïfu, ça représente à l’heure actuelle, je dirais, 70% de notre chiffre d’affaires, Ototo 30, Taïfu 70. On va dire que le yuri dans tout ça représente peut-être, donc sur les 70%, 15%. Voilà, après c’est vrai qu’il a perdu avec l’arrivée de la collection 100% Hentai qui elle, a très bien fonctionné dès le début et qui continue à très bien se vendre. On espérait que cette collection ait du potentiel, on croisait les doigts, mais alors on a été les premiers surpris. Tant mieux pour nous. Ça a fait rentrer de l’argent, ce qui nous a permis d’acquérir certains titres comme Twittering birds never fly, Super lovers, Love stage!!.

 

 

Et en termes d’évolution est-ce que vous allez continuer le yuri ? Est-ce vous allez sortir des nouveautés ?

 

Alors le yuri justement, on va commencer à regarder les titres au mois d’août, à la rentrée et on va sortir un titre tous les mois, à peu près. On va essayer un tome de yuri tous les mois. On ne va pas inonder le marché parce que c’est trop compliqué encore à l’heure actuelle. Mais voilà, un tome tous les mois et après en fonction de ce qu’il se passe peut-être qu’on verra pour accroître les sorties.

 

 

Pointmanga : le site de vente en ligne de l’éditeur

Je voudrais faire un point sur votre site internet de vente en ligne, sur Pointmanga. Maintenant que ça fait déjà quelques mois qu’il est lancé, quelle part du chiffre d’affaires ça représente sur vos ventes globales ?

 

Alors, la part de chiffre d’affaires, je ne pourrais pas dire essentiellement. Simplement on va dire qu’en chiffre d’affaires par mois, pour l’instant, ça n’arrête pas d’augmenter depuis mars, le nombre de clients aussi. On a tous les jours des nouveaux clients.

 

Depuis la sortie du site au mois de février, on doit être proche des 700 – 800 commandes, plus 800 commandes. On a un chiffre d’affaires qui n’arrête pas d’évoluer. Après le chiffre exact, ça je peux pas le dire, c’est confidentiel. Mais ça marche bien surtout qu’on ne fait pas énormément de communication non plus dessus. C’est vraiment sur les salons, le bouche à oreille.

 

Récemment, on s’est ouvert au Canada. C’est important à dire parce qu’au Canada on n’était pas distribué. Maintenant, grâce à Pointmanga, on va l’être. Les frais de port vont être très minimes puisque pour une livraison au Canada c’est seulement 4€, quel que soit le montant de la commande. On a essayé de faire un effort, de ne pas mettre de frais de port mirobolants. Et puis on va voir si le Canada fonctionne. On espère aussi, on croise les doigts.

 

Mais non, on est vraiment content du fonctionnement et du lancement de Pointmanga et maintenant de son développement.

 

 

Et donc en ce qui concerne Pointmanga, au niveau des évolutions à venir, est-ce que vous avez d’autres projets que le Canada ?

Alors pas pour les pays, pour le moment non. Ça dépendra de la demande.

 

On est en train de réfléchir sur le paiement paypal. On verra si ça peut être mis en place, si ce n’est pas trop compliqué à gérer. C’est nous-mêmes qui gérons Pointmanga, donc il faut voir aussi si ça ne va pas nous prendre trop de temps de mettre en place paypal. Si on met en place paypal, on est obligé de passer par un intermédiaire et c’est ça qui nous dérange en fait. Avec Pointmanga il n’y a pas d’intermédiaires : on est en relation directe avec les clients. C’est nous, notamment moi, qui préparons la gestion des commandes, la préparation des commandes. Quand il y a des réclamations, pareil, c’est quelqu’un de notre bureau qui s’en occupe. Et nous, on n’a pas envie de travailler avec des intermédiaires.

 

Manga Electric delusion

Couverture française du yaoi Electric delusion

Après il y aura des nouveaux produits, il va y avoir de nouveaux posters. Tout ce qui est en avant-première à Japan Expo, ça sera disponible courant juillet sur Pointmanga. Donc au niveau des goodies, il va y avoir la pochette Yaoi Addict, le sac Stupid Story, les nouveaux badges, les magnets. Il va y avoir les nouveaux posters Fleur et sens, Electric Delusion et Adekan. Là, je parle pour Taïfu. Il va y avoir aussi tous les nouveaux posters Akumetsu, Spice & Wolf pour Ototo. Toutes les avant-premières vont être aussi disponibles sur Pointmanga.

 

Avant la fin de l’année, il y aura aussi d’autres produits, d’autres catégories qui vont ouvrir sur Pointmanga. Et je pense que ça fera plaisir aux gens. On va dire que Noël risque d’être fêté avant l’heure pour Pointmanga.

 

 

Le petit frère, Ototo

Alors, pour terminer, je voudrais qu’on parle d’Ototo et notamment est-ce que vous avez des nouveautés shôjo prévues ?

 

Alors pour Ototo clairement le shôjo, on a du mal en fait. Ce n’est pas un genre qui se vend très facilement en France. C’est un genre qui a des difficultés. Nous ce qu’on cherche actuellement c’est plus des seinen, plus heroic fantasy, donc voilà un peu dans le même style que Spice & Wolf, je parle côté héroic fantasy pas côté économique. On cherche plutôt des titres comme ça.

 

Il y en a un qu’on a sélectionné. On va voir si on fait une demande. Lancer un seinen et un shônen à l’heure actuelle sachant que le marché est hyper bouché, c’est très difficile de le mettre en avant sans faire une grosse communication. On n’a pas forcément les moyens de faire une grosse communication. On a la chance d’avoir une base de fans, c’est déjà important.

 

On espère que Spice & Wolf va permettre à Ototo de se lancer et de se faire davantage connaître. Mais de toute façon, je pense qu’avant la fin de l’année on sera obligé de lancer un nouveau titre, parce que les séries se terminent chez Ototo. Clannad c’est bientôt terminé, Samidare c’est bientôt terminé, Dangereuse attraction qui vient de se terminer. Donc voilà, on ne peut pas laisser Ototo avec une seule série qu’est Spice & Wolf même si on espère que les autres vont continuer à se vendre. Donc voilà quoi il y aura sûrement un titre qui va sortir avant la fin de l’année.

 

 

Et pour la dernière question, j’aurais voulu que tu nous parles un petit peu de l’auteur de Spice & Wolf qu’est Keito Koume.

 

espace dédicaces Keito Koume

L’espace dédicaces de Keito Koume

Hier, c’était sa première journée de dédicaces. Ça s’est très bien passé, il était très content. Il était très content notamment de voir des cosplayeuses habillées en Holo. Il a pris une photo avec elles justement.

 

À l’origine, c’était prévu qu’il ne fasse que des dédicaces. Là en plus de la simple dédicace, à chaque fois, il faisait un petit croquis de Holo. Ça a fait plaisir aux gens.

 

Il aime beaucoup la France. Il a bien profité de sa visite de Paris. Il était très fatigué d’ailleurs à un moment parce qu’il a tellement profité. Pour lui, ça l’a complètement sorti de son cadre de travail au Japon. Il reste chez lui, il dessine toute la journée et là, pendant trois jours il a visité Paris à plein temps, il courait partout, et c’était génial pour lui.

 

C’est quelqu’un qui est très sympathique, très souriant, très disponible aussi. Je parle pour le public d’une part, mais aussi en tant que professionnel. Les interviews, en tant qu’attaché de presse, c’est vrai que j’appréhendais un peu. C’était mon premier auteur en plus. J’espérais qu’il ne soit pas trop compliqué à gérer et c’est vrai que c’était un plaisir.

 

keito koume avatar

L’avatar de Keito Koume

Dès qu’on lui faisait une demande qui n’était pas forcément prévue, par exemple tout ce qui est films, photos, il a quand même fait l’effort même s’il n’a pas envie que son visage soit pris en photo. Il prenait la photo et il demandait à ce que son avatar soit mis sur la tête, le fameux avatar qu’il a sur twitter, la petite mascotte.

 

Pour les films, il a accepté de se faire filmer en train de faire un dessin pendant une interview. Les gens pourront voir tout ça quand les interviews seront mises en ligne, en juillet, en septembre notamment. Voilà c’est quelqu’un de vraiment très sympathique. C’est un plaisir de travailler avec lui en tout cas et s’il revient en France, ce sera avec plaisir.

 

Je te remercie.

Merci.

 

Liens utiles

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Pointmanga

 

Et toi, que penses-tu de l’approche des éditions Taïfu en matière de yaoi ? N’hésite pas à nous donner ton avis dans les commentaires.

comments
 
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  • Maella
    30 juillet 2013 at 16:55

    Merci pour l’interview les filles ! J’ai pris beaucoup de plaisir à la lire, et je l’attendais depuis un moment d’ailleurs.
    Le tout est assez intéressant et j’espère que les éditions Taifu vont continuer avec leur ligne éditoriale actuelle.
    Nico : Contrairement à d’autre éditions, je trouve que les titres de Taifu sont plus abordables, si jamais tu veux te lancer doucement dans le yaoi. Ils ont des titres assez matures à l’histoire prenante.
    Misa : Tu ne sais pas, mais Yoneda Kou a un grand public en France depuis le labyrinthe ^^. Puis c’est une très bonne auteure aussi

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  • misami-hirota
    30 juillet 2013 at 14:16

    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette interview, j’y ai appris pas mal de choses! Je préfère de très loin la ligne éditoriale de Taifu à celle d’IDP en ce qui concerne les yaoi. Je fais partie du public de fans de première heure, j’ai des goûts difficiles mais les titres de Taifu me plaisent à peu près tous dernièrement. Je leur souhaite le meilleur pour la suite!

    Je ne pensais pas que Twittering birds never fly plairait autant au grand public. L’histoire est vraiment sombre et douloureuse à lire. Yoneda Kou a un style de narration très lent et intimiste. Bref, je suis plutôt contente de son succès!! J’ai hâte de voir la licence surprise yaoi avant la fin de l’année.

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  • Nico Robin
    29 juillet 2013 at 23:56

    Merci beaucoup Kima. C’est vrai que c’est un peu triste de voir que le shôjo se place difficilement et ne parvient pas à percer. Et comme toi, je ne suis pas surprise. Maintenant qui sait, peut-être aura-t-on un titre shôjo à moyen terme. xD Et pis, je vais ptet me pencher sur quelques titres du catalogue Taïfu 😛

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  • Kimari
    29 juillet 2013 at 23:36

    Super interview, c’était très intéressant. Ça fait un peu mal au cœur de lire cette phrase  » Alors pour Ototo clairement le shôjo, on a du mal en fait […] C’est un genre qui a des difficultés », mais c’est compréhensible.

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