[Art] Kimiko Yoshida - photographie

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[Art] Kimiko Yoshida - photographie

Messagepar Carolus » Mer 17 Sep 2008 22:07

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Kimiko Yoshida
Photographe
Site de Kimiko Yoshida
Interview video réalisée par le site www.photographie.com[/center]



« Tout ce qui n'est pas moi m'intéresse » avoue Kimiko Yoshida. N'est ce pas paradoxal pour une artiste qui ne réalise quasiment que des autoportraits?

Kimiko Yoshida est une photographe qui joue avec les contrastes et les paradoxes. Cacher pour mieux dévoiler. Cette japonaise, née à Tokyo en 1963, a vécu une enfance douloureuse qui ressortira dans son travail. « J'ai fui le Japon parce que j'étais morte. Je me suis réfugiée en France pour échapper à ce deuil. Mon désir est d'Être là où je ne pense pas être. »

Reconnue dans le monde de la photographie mais encore inconnue pour moi il y a peu, Kimiko Yoshida est une artiste que j'affectionne. J'ai reçu un véritable choc en découvrant ses œuvres. Je suis littéralement tombée sous le charme de ses clichés. Je me devais donc de vous faire partager ce sentiment en vous présentant cette galerie d'autoportraits tous plus beaux et singuliers les uns que les autres.




Kimiko Yoshida se cache et se dévoile à la fois dans des clichés où chaque détail est pensé, travaillé et intégré dans un tout. Sa peau fardée de couleur se fond dans le décor. On ne sait plus vraiment où se situe la limite. L'accessoire, partie prenante de la création devient alors le centre de notre attention. L'être humain disparaît et devient à son tour accessoire. Cette perpétuelle recherche du paradoxe, l'audace de cette artiste m'ont séduite.

Au delà de la simple prise de vue, l'oeuvre de Kimiko Yoshida nous parle. Elle s'exprime en des mots compréhensibles. L'art contemporain où l'abstraction est souvent de mise, m'apparaît alors comme accessible. Le message de Kimiko m'atteint et me frappe dans ma sensibilité de femme. Je la comprends et je l'apprécie.

Je ne pense pas être la seule. Kimiko Yoshida, japonaise de naissance a su s'affranchir des codes de la vie nipponne. Son art parle de cultures, ethnies, époques si différentes que tout un chacun peut se retrouver dans la multitude de photographies qu'elle a créée.

Qui mieux que l'auteur lui-même peut parler de ces œuvres ? Le site de l'artiste regorge de citations et commentaires passionnants. J'ai choisi quelques extraits pour vous faire connaître la femme autant que l'artiste. (Tous les textes et images sont issus de son site officiel.)

"DÉFAIRE À L’ENVERS LA HANTISE DE L’ENFANCE

J’ai fui le Japon, parce que j’étais morte. Je me suis réfugiée en France, pour échapper à ce deuil. Un jour, quand j’avais trois ans, ma mère m’avait mise à la porte. J’ai quitté la maison en emportant une boîte avec tous mes trésors. Je me suis réfugiée dans un jardin public. La police m’a retrouvée là, le lendemain. Depuis, je me suis toujours sentie nomade, vagabonde, fugitive. Quand je suis arrivée en France, j’ai dû apprendre la langue comme une enfant qui venait de naître.

Avec les significations nouvelles que j’ai gagnées en changeant de culture, avec la liberté que m’autorisent la langue et les structures de la pensée françaises, je réalise aujourd’hui des photos de « mariées célibataires » où se défait, mais à l’envers, la hantise de la petite fille horrifiée qui découvrit la servitude ancestrale du mariage arrangé et le destin humilié des femmes japonaises. Comment oublier cette confidence de ma mère quand j’avais huit ans et qui me fit tellement horreur ? Je découvris soudain que mes parents s’étaient vus pour la première fois le jour du mariage qui avait été intégralement arrangé par leurs familles respectives. Aujourd’hui, en une succession de figures sans doute conjuratoires, j’incarne une mariée paradoxale, intangible et célibataire, aux identités simultanément dramatiques, fictives, subtiles, parodiques et contradictoires. Dans une sorte de dépassement de ce qui fut mon expérience de créatrice de mode à Tokyo, je crée toutes sortes d’autoportraits quasi monochromes pour mettre en scène le mariage virtuel de la mariée célibataire, tour à tour veuve, cosmonaute, chinoise, manga, égyptienne, etc."


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"En regardant vers la monochromie, là où se déterminent les significations du diaphane, de l’immatériel ou de l’intangible, chacun de mes autoportraits se présente comme une émergence, un effacement. Cette représentation paradoxale d’une figure qui tend à disparaître, s’évanouir ou se fondre dans la monochromie vise à un impossible, une impuissance, une précarité. C’est cet effet d’incomplétude qui rejette la signification ultime de l’image dans un au-delà de l’image. Il y a là une ambiguïté qui tient à cette distance incomblable entre le regard et son objet, à cet abîme où se découvre et s’assombrit la signification de toute représentation. Mon art ne porte pas sur l’identité, mais sur l’identification. La question qui se pose n’est pas : « Qui suis-je ? », mais plutôt : « Combien suis-je ? » Au total, je regarde mon autoportrait avec une sorte d’inquiétude comme une pure image, c’est-à-dire comme une puissance fascinatoire et terrible, que sa signification projette hors d’elle-même."



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Légende :
1. The green tea Bride. 2006
2. The Sakura Bride. 2006
3. The Mao Bride. 2006
4. The Bride with a nô Mask. 2005
5. The Red Akamba Bride with Kikuyu Earings, Kenya. 2005
5. The Black Akha Bride, Thailand. Self-portrait. 2004

"La couleur monochrome érotise le regard. Elle est une pure figure de la durée ou se dissolvent l’image et le récit. Cette recherche de la monochromie est une réflexion sur les instants successifs de l’identité,un travail sur l’effacement de moi même dans le ressurgissement de l’image de moi. Le monochrome délivre un infini chromatique qui est un infini temporel."

"Chaque photographie est une cérémonie de la disparition. Mes autoportraits sont des natures mortes. Ce que je montre, c’est l’image d’un cadavre."


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Absence, Tribute to Yves Klein. Self-portrait, 2007
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Self-portrait with a Comma. Pollock's Silver Dripping, 2005[/center]

Une oeuvre coup de coeur : Le pavillon d'argent
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Re: [Art] Kimiko Yoshida - photographie

Messagepar Invité » Mar 13 Jan 2009 20:22

Oh! La photo en vert est aussi la pochette du livre de Yoko Ogawa, "La Bénédiction innatendue".
Je ne me trompe pas?

En tout cas, je trouve ces photos très belles =)
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Re: [Art] Kimiko Yoshida - photographie

Messagepar Carolus » Mar 13 Jan 2009 20:34

Ah désolé je ne sais pas. ^^
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Re: [Art] Kimiko Yoshida - photographie

Messagepar Invité » Mar 13 Jan 2009 20:44

J'ai vérifié =)

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C'est bien la même.
Très talentueuse en tout cas, cette photographe 3
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