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La meilleure mangaka shôjo

by on27 avril 2014
 

Au vu du succès, l’année dernière, de l’évènement interblogueur de la semaine du shôjo, nous avons décidé de réitérer l’expérience. L’objectif de ce challenge est de confronter l’avis de plusieurs blogueurs sur un thème commun. A la fin de notre billet, tu pourras d’ailleurs trouver les liens des articles des autres participants. Le sujet de cette année est : Selon toi, quelle est la meilleure mangaka shôjo et pourquoi ?

Comme nous sommes deux à rédiger cet article (Carolus et Shirubi), nous avons préféré d’abord définir les critères permettant de juger si une mangaka est la meilleure. Pour nous, la meilleure mangaka propose nécessairement de bons shôjo. Ensuite, nous avons sélectionné l’auteur qui se rapproche le plus de notre description.

Des scénarios passionnants grâce au talent de narratrice de la mangaka

Une bonne mangaka doit réussir à captiver son auditoire. Il est donc important pour elle de travailler son scénario et de savoir comment le servir à ses futurs lecteurs.

Elle doit surtout réfléchir au déroulement de son histoire. Il n’y a rien de plus agaçant pour nous que de voir des scènes vues et revues ou de tomber sur des passages creux où il ne se passe littéralement rien. Rien de tel pour que le lecteur s’ennuie et abandonne assez vite la série. Par conséquent, il est utile de déjà faire une première sélection des mangas qui nous intéressent. Une bonne mangaka ne doit donc pas se perdre dans des détails futiles ou faire du surplace.

Au contraire, pour nous tenir en haleine, il faut une bonne intrigue avec du suspense et des rebondissements. Ces effets de surprise éveillent l’intérêt du lecteur et le rendent ainsi très curieux quant à la suite de l’histoire. Il se pose de multiples questions et ne peut obtenir ses réponses qu’en achetant la suite de la série.

personnages manga Cappuccino

Illustration du manga Cappuccino

Une bonne mangaka doit aussi éviter d’insérer des scènes totalement improbables. Dans certains shôjo, nous pouvons sentir que la mangaka a eu un terrible manque d’inspiration car elle n’hésite pas à ajouter des éléments complètement farfelus et sans intérêt pour la suite de l’histoire.

D’autres auteurs comblent plutôt ce vide avec des scènes de sexe à outrance entre les deux protagonistes. Quand ces passages sont trop nombreux, ils ont tendance à nuire à l’histoire. Parfois, ils frisent même le ridicule et donnent ainsi une très mauvaise image de la série en question et donc de l’auteur. D’ailleurs, ces moments sont souvent très récurrents dans les yaoi.

La mangaka doit donc pouvoir créer une « vraie » histoire, en dehors de la romance. Il faut un thème ou sujet suffisamment intéressant et vaste pour nous captiver et nous donner envie de prolonger notre lecture. Il peut être original comme la création d’un univers inexistant. S’il s’agit d’un shôjo scolaire ou tranche de vie, il faut que la mangaka y développe un autre aspect de la vie de ses personnages, par exemple leur vie professionnelle ou les compétitions sportives.

L’humour est également un des éléments clefs du succès d’un auteur. Quelques mangaka en font usage pour pimenter et donner un côté frais et léger à leur histoire. D’autres s’en servent pour contrebalancer avec les passages plus sombres et ainsi créer un véritable équilibre dans leur récit.

Outre des scenarii qui captivent il faut aussi plusieurs autres ingrédients pour que l’on considère un shôjo comme excellent. Il est en effet nécessaire que les personnages soient travaillés, que le dessin soit expressif et surtout que les émotions soient au rendez-vous.

Le don de la mangaka à émouvoir et impliquer son lecteur

Les shôjo répondant à un certain nombre de lois immuables du genre, les héroïnes ont souvent une personnalité plutôt convenue. Elles sont la plupart du temps naïves (pour ne pas dire cruches). Comme il va de soi qu’un bon shôjo ne véhicule pas de clichés, une bonne héroïne de shôjo n’est pas non plus stéréotypée.

Il convient donc de définir ce que sont des personnages non stéréotypés. Il faut que l’auteur travaille leur psychologie. Ils doivent avoir une personnalité et des réactions vraisemblables. Les sentiments et les émotions qu’ils ressentent ne doivent pas être superficiels.

Manga Basara

Illustration du manga Basara

En ce qui concerne l’héroïne plus précisément, elle peut avoir des moments de faiblesse ponctuels mais ne pas rester une victime tout au long de la série. Je supporte encore moins lorsqu’elle se fait brutalisée par un petit ami violent mais tombe tout de même amoureuse de lui. Pour moi, il faut qu’elle renvoie une image positive et réaliste de la femme.

Nous devons pouvoir entrer dans sa tête, nous identifier à elle et éprouver à la lecture du manga les mêmes tourments que les siens. Pour accentuer la description des émotions et favoriser l’identification du lecteur, le dessin est primordial. Il doit être expressif et faire la part belle aux gros plans sur les visages et les yeux.

La construction du récit a elle aussi son importance pour amplifier les sentiments éprouvés à la lecture. Une bonne mangaka shôjo saura alterner les passages tristes ou intenses et les moments plus légers. Elle usera de l’humour à bon escient et le distillera dans son histoire pour relâcher la pression exercée sur son lecteur. Elle pourra alors insérer un évènement dramatique et nous faire fondre en larmes à coup sûr.

Alors qui est la meilleure mangaka shôjo ?

Le choix de Shirubi

Quelle question difficile ! Après une longue réflexion, j’ai fini par trancher mais cela n’a pas été simple. Verdict !

Quand j’ai regardé ma collection, je me suis rendue compte que j’avais pas mal de shôjo de Yumiko Igarashi. Il faut dire qu’elle a bercé mon enfance avec ses mangas. Elle a style bien à elle, surtout au niveau du dessin (cheveux bouclés de ses personnages, vêtements avec froufrous et dentelles, etc.) et c’est ce que j’apprécie chez elle. Cependant, j’ai encore du mal à accrocher totalement à ses héroïnes. Elles sont encore un peu trop naïves à mon goût.

Les histoires d’Arina Tanemura me passionnent, surtout que j’aime bien la petite touche de fantastique qu’elle y ajoute. Néanmoins, je trouve certains de ses dessins trop surchargés et parfois ça me gêne dans ma lecture.

Pour mon choix final, j’ai beaucoup hésité entre Momochi Reiko et Wataru Yoshizumi.

Sakura du manga Spicy Pink

Sakura du shôjo Spicy Pink

Depuis que j’ai découvert Tomodachi Gokko, j’ai eu un véritable coup de cœur pour Momochi Reiko. Dans ses shôjo, elle narre des histoires touchantes mais avec tellement de délicatesse. C’est remarquable ! Le dessin est sublime, rien à redire. Le seul bémol avec elle, c’est de ne pas pouvoir tenir entre mes mains une de ses merveilles. Ce n’est peut-être rien mais c’est super important pour moi. Heureusement, Akata semble avoir réalisé un de mes souhaits, puisque l’éditeur sortira son shôjo Daisy en mai. Autant dire que j’ai hâte de me le procurer !

Finalement, j’ai décidé de choisir Wataru Yoshizumi car c’est vraiment grâce à elle que j’apprécie autant les shôjo. Ses scénarios arrivent toujours autant à me captiver et me transporter. Son coup de crayon y est pour beaucoup. D’ailleurs, ce qui me plaît chez elle, c’est qu’elle a su faire évoluer ses histoires. Elles deviennent de plus en matures et ça se voit même au niveau de ses dessins. Elle commence à traiter des sujets plus adultes. J’ai vraiment l’impression avec cette auteur d’évoluer en même temps qu’elle.

Le choix de Carolus

J’ai eu beaucoup de mal à me décider. Je ne suis d’ailleurs toujours pas sûre de mon choix. Après avoir lu tous les articles des autres participants à cet évènement interblog j’hésite toujours, certaines noms de mangaka qu’ils ont désignés m’ayant aussi traversé l’esprit. C’est notamment le cas pour Kyôko Okazaki et Kaori Yuki nommées par bidib de Ma Petite Médiathèque ou de Mari Okazaki citée par Morgan d’AfterMangaverse.

J’adore le travail de Kyôko Okazaki. Elle sait comme personne dépeindre des personnages paumés ou psychotiques. Néanmoins, je l’ai exclue assez vite car bien que ses dessins soient vraiment expressifs, ils peuvent s’avérer laids par moments.

J’admire la richesse de l’imagination de Kaori Yuki, ses dessins et son style de narration. Par contre, je n’arrive pas à m’identifier à ses personnages. Les émotions que je ressens à la lecture sont donc amoindries.

Par contre pour la dernière mangaka, à savoir Mari Okazaki, j’ai toujours une petite pointe de regret de ne pas l’avoir choisie. Elle a su m’émouvoir comme aucune autre avec Complément affectif. Je ne l’ai finalement pas retenue car en dehors de ce manga, ses autres œuvres m’ont moins enthousiasmée.

Sarasa et Shuri de Basara

Sarasa et Shuri de Basara

J’ai donc opté par Yumi Tamura, l’auteur de Basara et 7 Seeds. Vous pourrez me rétorquer que ses dessins sont vieillots. Je le conçois, car au début j’avais beaucoup de mal avec son style. Néanmoins, au fil des tomes, j’ai fini par tomber sous le charme de son trait de crayon. Elle est capable de faire passer tellement d’émotions au travers de ses planches !

C’est justement cette capacité à me faire vibrer au cours de ma lecture que j’apprécie tellement chez elle. Je m’attache aux personnages, je crains pour leur vie, je pleure (littéralement) quand il leur arrive malheur et je me réjouis lorsqu’ils sont heureux. J’ai eu beaucoup de mal à quitter Sarasa et Shuri à la fin de Basara.

Même si le couple principal de Complément affectif (Fuji et Sahara) m’a touchée, celui formé par Sarasa et Shuri m’a fait rêver. Il est certes moins réaliste mais les liens qu’ils tissent dans l’adversité sont vraiment forts. Il faut croire que je suis un peu fleur bleue tout compte fait. O_o

Yumi Tamura a peut-être une imagination moins fertile que Kaori Yuki mais elle se défend tout de même très bien pour nous narrer des drames et créer des rebondissements dans ses histoires. Elle a cette capacité à me tenir en haleine de la première à la dernière page.

Pour nous, une bonne mangaka doit donc pouvoir captiver son public avec des scénarios passionnants et savoir transmettre des sentiments au travers de son dessin mais surtout de ses personnages.

Les articles des autres blogs

Merci à tous pour votre participation !

Selon toi, quelle est la meilleure mangaka et pourquoi ?

comments
 
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  • l'accro-des-mangas
    18 avril 2015 at 15:57

    Pour moi la mangaka que je préfère est Mayu Sakai: j’ai vraiment aimer « Rockin Heaven » les dessins étaient parfait et l’héroïne était géniale avec un caractère bien trempé.
    Ensuite j’ai dévoré « Momo la petite diablesse » , l’histoire est vraiment différente de celle que j’avais l’habitude de lire, avec une héroïne au caractère complètement opposé à celle de Rockin Heaven et pourtant sa ne m’a pas empêcher de l’aimer pour autant et le début et géniale comme la fin qui est magnifique mais assez surprenante.
    Et pour finir je trouve le manga « Sugar Soldier » trop mignon même si je ne l’ai pas encore finis ce que j’ai lu ma beaucoup plu c’est vrai que l’héroïne et assez banale et naïve contrairement au autre mais elle m’a vraiment toucher et je l’ai trouver trop mignonne.
    Voilà globalement les dessins de cette mangaka sont super et les couvertures sont juste superbes

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    • Shirubi
      20 avril 2015 at 15:10

      Merci pour ce commentaire bien détaillé. On sent bien que tu es fan de cet auteur, cela fait plaisir à voir. Pour ma part, je ne connais que Rockin Heaven et je ne l’ai pas terminé. Cependant, je verrais bien si je profite de la nouvelle édition de Panini pour m’acquérir la fin.
      Je suis d’accord, les dessins sont vraiment très jolis de cette mangaka. ^^

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  • a-yin
    10 mai 2014 at 21:34

    Elle déchire Yumi Tamura 😉 !!! Contente de voir ce choix!!! C’est clairement l’une des meilleures!!! Elle est l’une des rares à parvenir à donner tant de souffle dans ses manga. Le côté aventure de Basara est encore plus poussé, je trouve, que dans plein de shônen! Et l’action qui bat son plein quoi… Quant à 7 SEEDS, c’est clairement grandiose. Même sa série avec le chat, neko-mix genkitan toraji, qui a l’air d’une production mineure, est excellente. Là, on y croise une Tamura portée sur la fantasy et la magie, mais dans un mag josei avec un héros adulte et plus ou moins divorcé qui va chercher son gamin. C’est assez original comme configuration 🙂 .

    Miknass, pareil que misa, on fera le tour des okkaz si tu viens sur Paris 😀 (je suis sugar au fait).

    Et Kyoko Okazaki c’est une grande. Elle a eu tant d’influence dans le josei 🙂 .

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  • yuki604
    6 mai 2014 at 16:48

    Personnellement, j’adore Io Sakisaka : Même avec des histoires qui à priori n’ont absolument rien d’original, elle arrive toujours à me transporter, à me faire vivre les tourments de ses personnages, que je trouve très humains et très attachants. Elle sait comment donner de la couleur aux émotions, je dirais.
    Après, j’avais beaucoup aimé Aya Nakahara avec Lovely Complex et Courage Nako, par son humour et sa fraicheur, tout en restant tout à fait cohérente avec les sentiments qui troublent ses personnages, quoique parfois trop exagérés ^^

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    • 6 mai 2014 at 17:01

      Merci d’avoir donné ton avis. C’est amusant que tu cites Io Sakisaka. Cette mangaka a été cité par une des blogueuses de l’événement (par missmatsu pour être précise). Je ne sais pas si tu as lu les articles des autres participants mais je t’encourage à lire le sien vu que vous avez la même mangaka préférée.
      Je suis d’accord avec toi au sujet de Aya Nakahara. J’aime bien son travail également mais je lui reproche d’en faire parfois un peu trop. De plus, autant j’adorais LovCom au début autant vers la fin je me suis lassée. Je trouvais que ça trainait un peu en longueur. Les derniers tomes étaient superflus selon moi.

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  • Luzule
    1 mai 2014 at 14:56

    Caro ! :-*
    Je suis en effet totalement dingue de Yumi Tamura, 7 Seeds est le seul manga pour lequel j’ai lu des scans en anglais, pour te dire 😛 J’ai très envie de lire ses autres oeuvres qui ne sont pas traduite en français mais je ne les trouve pas sur le net :s

    Oh dommage que tu n’ait pas pu acheter les tomes… Ils sont vraiment difficiles à trouver tu penses ? :/

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    • 1 mai 2014 at 21:01

      Je ne sais pas s’ils sont durs à trouver. Je n’ai regardé que dans un seul magasin. En plus, c’était un book-off donc comme c’est de l’occasion, on n’est pas sûr de trouver le titre qu’on cherche. Par ailleurs, les titres étaient évidemment écrits en kanji et au Japon l’ordre alphabétique est différent de chez nous puisque c’est classés avec les hiragana (a/i/u/e/o puis ka/ki/ku/ke/ko…). Il est donc possible que je sois passée à coté.

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  • Luzule
    29 avril 2014 at 07:05

    Yumi Tamura est également ma mangaka préférée ^^. J’ai une très profonde admiration pour son talent, son inventivité, son style.
    D’ailleurs je me dis souvent que je pourrais aller au Japon uniquement pour acheter tous les tomes de 7 Seeds en plusieurs exemplaires et les faire retraduire en français, haha.

    Bref, un amour grand comme ça ^^.

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    • 29 avril 2014 at 17:19

      Oh Luzule ! *calin* Je ne savais pas que tu aimais Yumi Tamura autant que moi.
      Quand je suis allée au Japon, j’ai cherché les 7 seeds au book-off. XD Je ne les ai pas trouvés sinon je suis certaine que je les aurais achetés.

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  • Miknass
    28 avril 2014 at 19:05

    Je continue ma séance de « calmons-nous après cette rude journée »
    Merci pour cet article riche et très bien construit ! Je vous l’ai déjà dit, pour moi, il a un côté « or ». Ne cherchez pas à comprendre, ma tête est une boîte noire u_u.

    Concernant Basara : le titre reste l’une de mes frustrations ! Série découverte trop tard, tomes introuvables… (des tomes à 15 ou 30€ en occaz’ heu…). Dessins vieillots n_n ? Oh, moi aussi, ce n’est pas ça qui m’arrête ! Vous (Caro et Shiru^^) le dites bien : l’important, c’est que les personnages vivent, qu’ils arrivent à nous transporter. Et puis, on est toujours le vieux de quelqu’un^^’

    Choisir une mangaka, c’est trop dur @_@ ! Plus que l’auteur, ce sont les personnages qui me tapent (dans l’oeil, partout). Je respecte le travail de Riyoko Ikeda, Moto Hagio, et Setona Mizushiro. Je les trouve uniques, rebelles, révolutionnaires ! Elles ont leur manière de nous faire entrer dans leur univers. C’est brut, parfois brutal, c’est insolent, c’est grave, touchant… J’ai aussi envie de citer Bisco Hatori, car sans elle, point de rigolades grotesques !

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    • misami-hirota
      30 avril 2014 at 00:19

      Miknass : Viens à Paris faire le tour des magasins d’occasion, je suis sûre que tu trouvera tous les tomes de Basara à pas trop cher !

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  • 28 avril 2014 at 00:32

    Oh ouii, je suis ravie, ma mangaka préférée est également Yumi Tamura. XD
    J’avoue avoir hésité avec Setona Mizushiro également…
    Mais voilà, Yumi Tamura a la petite étincelle en plus.
    J’ai eu le coup de foudre immédiat pour le trait de dessin de Yumi Tamura, que je trouve magnifique. Ses mangas sont tellement passionnants, ses personnages sont terriblement attachants et moi aussi, je tremble avec eux. 🙂
    Elle insuffle une grande force à son oeuvre, et ceux qui ne l’ont pas encore lue doivent y remédier immédiatement. XD

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    • 28 avril 2014 at 19:24

      Oh super! Je suis contente de trouver une autre fan de Yumi Tamura. Elle est peu connue en France alors c’est rare de trouver quelqu’un d’autre pour qui elle est également la mangaka préférée.

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