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Le shôjo numérique : pour ou contre ?

by on27 avril 2019
 

Le shôjo numérique, qu’est-ce qu’on en pense ? À l’occasion de la Semaine du Shôjo 2019, Nico et moi-même (Matou) allons répondre à cette question. Sommes-nous pour ou contre la lecture en numérique ?

Après un article réalisé l’année dernière sur la place du manga numérique en France en 2018, nous pouvons constater ceci : avec sa tablette, son smartphone, sa console et même sur son ordinateur, le lecteur aujourd’hui est connecté à tous ses supports.

Que ce soit pour la lecture de romans, de BD ou même, dans notre cas, de mangas, le numérique prend une place de plus en plus importante dans notre quotidien. Pourquoi ne pas s’y intéresser ?

Avant toute chose, les scans, ça ta parle ? On te voit, toi, derrière ton écran, qui a lu le dernier chapitre de ton manga préféré en ligne parce qu’il n’est pas encore publié en France. Pour résumer brièvement ce qu’est le scantrad, c’est le fait de scanner les pages d’un manga, de les traduire et ensuite de les poster en ligne, rendant ainsi ce titre « accessible » à tous.

Cette pratique est évidemment illégale puisqu’on ne respecte pas du tout les droits d’auteur. Investir dans une série de 15 tomes en version papier peut vite coûter cher, pour un volume qui fait 7 € en moyenne, la force du scantrad est donc malheureusement là : lire son manga en ligne en ne sortant pas une seule fois sa carte bancaire.

Le livre numérique est une excellente alternative pour la contrer. Lire son manga moins cher que dans sa version imprimée et contribuer ainsi à la rémunération des acteurs du manga, de l’auteur au graphiste en passant par l’éditeur et le traducteur. Le tout en satisfaisant notre impatience, notamment grâce aux simulpub.

Ça tombe bien, avec Nico, nous sommes toutes les deux des consommatrices de mangas dans leur version numérique !

Sur Instagram, nous avons réalisé un sondage : plutôt papier ou numérique ? 83% de nos abonnés sont plutôt papier, et seulement 17% utilisent le numérique. Alors nous nous sommes posées cette question : parmi nos abonnés, est-ce que les personnes qui aiment le manga papier sont des collectionneurs ?

C’est justement ce qui nous distingue avec Nico. Alors que je ne suis pas du tout collectionneuse et donc ne pas avoir de mangas papier ne me dérange pas, pour Nico c’est l’inverse. Qui n’a pas souhaité avoir une belle bibliothèque bien fournie en mangas ?

Le point de vue du chat fauché – Matou

J’ai été collectionneuse de mangas, et au fond, j’aimerais continuer à l’être. Mais la question de la place dans ma bibliothèque se pose, c’est l’une des raisons qui m’ont poussée à lire mes mangas en version numérique.

Pourquoi ?

Aujourd’hui, la plupart de mes livres sont dans un placard chez mes parents, à 500 km de chez moi, et je n’ai qu’une fine sélection sur mes étagères. Passer au numérique me permet de ne pas m’encombrer davantage, surtout lorsqu’on vit dans un petit appartement et que l’on est destiné à déménager encore et encore (chouette, des cartons en moins pour les livres !).

Trois applications, trois interfaces, de gauche à droite : Kindle, Apple Book, Izneo

Avec quoi ?

Je lis donc sur plusieurs applications : Izneo, Apple Book et Kindle. Elles proposent toutes les mêmes tarifs, allant de 4,49 € à 4,99 €, presque 3 voire 4 € moins cher qu’un manga papier classique. Autant dire que ça m’encourage à acheter sur ces plateformes, surtout quand on a le téléphone scotché à sa main. Je pourrais également lire sur ma console, mais c’est un support que je n’utilise pas aussi souvent que mon smartphone.

Quand ?

J’ai un travail qui me fait beaucoup voyager, entre tram et train, allant de 45min à 3h de trajet par jour, lire est donc devenu une habitude. Désormais, j’ai mes shôjo directement sur mon téléphone, sans avoir à m’encombrer de plusieurs livres. Et quand on aime le yaoi, l’avoir sur son téléphone, c’est bien plus discret ! Je lis également dans mon lit avant de me coucher, à la simple lueur de mon téléphone, et au réveil quand je me lève un peu plus tôt que d’habitude. Dès qu’un moment se présente finalement, je sors mon téléphone pour lire. Ce que je ne ferais pas avec un manga papier.

Malgré tout, je ne vais pas m’empêcher d’acheter un manga dans sa version papier. J’ai donc un autre rapport avec les mangas désormais, et ce sera toujours avec beaucoup de plaisir que je dévorerai un bon shôjo physique.

Le souci que j’ai à l’heure actuelle : les gens pensent que je suis collée à mon téléphone.. mais chut, c’est pour l’amour de la lecture !

Le point de vue de la collectionneuse sans place – Nico

Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis atteinte de « collectionnite » chronique mais j’aime posséder de beaux objets si bien pour leur esthétisme que leur utilité. Les mangas, a fortiori les shôjo, en font partie.

mangaka shojo plus lus

Une partie de ma bibliothèque de mangas : le côté rangé

Je brûle d’envie de posséder une pièce qui ne serait remplie que de livres et de mangas installés dans des rayons tout en boiseries avec un fauteuil, un petit tapis et un joli parquet.

Pour l’instant ce n’est pas le cas, je dois donc revenir à la réalité. Chez mes parents, deux meubles bibliothèque ne suffisent pas à contenir le quasi millier de volumes que j’ai. Ça déborde de partout et rien n’est rangé ou presque. Je ne parle pas de chez moi dans mon deux pièces. Là ce sont tout au plus vingt tomes qui se battent en duel et j’envisage de les entreposer en deux rangées dans mon petit meuble huit cases.

Pourquoi ?

C’est ainsi le manque de place cruel et récurrent qui m’a incitée à me tourner vers le numérique. Comment se mettre à des séries longues comme Yona, princesse de l’aube ou d’autres si rien ne permet de les accueillir ?

Ce n’est toutefois pas la seule raison. Comme pour Matou, il y a bien évidemment les prix assez attractifs avec des rabais d’environ 2 € par volume, ce qui n’est pas négligeable. Quelques fois, les éditeurs et plateformes proposent même des opérations mangas gratuits ou à prix encore plus réduits sur certains tomes. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai fait « l’acquisition » du premier tome de Love under arrest.

Une troisième raison m’a fait succomber aux sirènes du numérique. Mon intérêt pour tout ce qui touche à l’univers du digital (mes anciennes études, le blog, etc.) fait que je passe beaucoup de temps sur les écrans, surtout en étant hyper connectée. Ma tablette, mon smartphone et mon ordinateur portable sont rarement loin les uns des autres. Cela fait donc quelques années que je délaisse mes livres pour les écrans. Ma PAL atteint d’ailleurs son paroxysme en ce moment. En plus, lire un manga sur un écran n’est pas quelque chose qui me perturbe, puisque par le passé je reconnais avoir consommé du scan (ce que je ne fais plus désormais).

Attention, je n’ai pas délaissé le support physique pour autant. Je conserve l’exclusivité du papier pour les séries que je suis depuis le début ainsi et celles que j’ai envie de posséder et me semblent valoir le coût. Par contre, je me procurerai la version numérique d’un titre que je ne suis pas sûre d’aimer ou si j’ai une envie spontanée de le lire.

Avec quoi ?

Pour ma part, ma tablette avec l’application Kindle est mon seul support de prédilection. J’aime beaucoup l’ergonomie de cet appareil qui me donne l’illusion de tenir un manga entre les mains. C’est certes un peu plus grand mais j’ai l’impression de retrouver un format similaire, ce qui me dépayse moins qu’avec un ordinateur ou un téléphone portable. En plus, les effets aussi bien visuels que sonores des pages qui se tournent sont très réussis.

Je n’ai jamais vraiment essayé sur mon smartphone, même si ça paraît pratique à parcourir. Quant à l’ordinateur, les interfaces des lecteurs en ligne ne me satisfont pas et de toute façon, je ne trouve pas qu’un format paysage pour lire quelque chose en portrait soit le plus adéquat.

Quand ?

Contrairement à Matou, je suis un peu moins mobile, mes trajets se faisant plutôt en voiture (et je suis trop vieille pour les avantages des abonnements en train). Je lis donc à la maison quand l’envie m’en prend, pour me détendre ou dans l’un des lieux mentionnés dans notre article : Les endroits insolites où lire un shôjo (mais je ne te dirai pas lequel). 😛 De toute façon, avec seulement 1 Go de données mobiles par mois, je ne peux pas vraiment savourer mes shôjo ailleurs que chez moi.

Néanmoins, je sais que si je me rends quelque part où il y a la WiFi accompagnée de ma tablette, j’ai accès à plusieurs de mes séries fétiches. Et ça, c’est quand même un sacré gain de place dans mon sac à main.

Et le négatif dans tout ça ?

Le shôjo en version numérique a donc de nombreux avantages, mais possède quand même quelques faiblesses, le plus important étant la non-possession du manga : cela peut être très frustrant car nos livres sont dans une application type Kindle ou autre, et si cette dernière ne fonctionne plus… on peut dire adieu à nos livres ! Certaines applications nécessitent d’ailleurs une connexion internet, donc si on souhaite lire notre manga en plein désert par exemple, il y a de fortes chances pour que ça ne marche pas.

Autre petit point négatif, ce sont quelques soucis qui peuvent survenir sur la version numérique : un sens de lecture qui est différent d’une application à une autre, des applications qui plantent quand on ne s’y attend pas. Voire même des versions numériques qui ne sont pas de très bonne qualité, avec des pages déformées et étirées.

Enfin, dernier élément que l’on peut considérer comme négatif, c’est le catalogue encore restreint, mais qui tend à s’agrandir petit à petit. Tous les éditeurs ne proposent pas l’ensemble de leur catalogue, c’est notamment le cas de Bye Bye Liberty chez Kurokawa par exemple, que je n’ai pas trouvé en numérique.

Pour résumer…

En bonnes lectrices de shôjo numérique, nous sommes toutes deux d’accord sur son côté très pratique. A voir sur le long terme en tout cas !

Et toi, que penses-tu de cette nouvelle tendance qui s’ancre dans notre quotidien ? Achètes-tu des shôjo en version numérique ? Réponds à notre sondage et dis-nous tout en commentaires !

comments
 
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  • 4 mai 2019 at 16:42

    je n’aime pas trop lire sur un écran, je suis moins à l’aise qu’avec un livre en papier, question d’habitudes, mais aussi parce que j’aime les livre en tant qu’objet. En revanche je suis sensible à la problématique de la place. L’argument financier n’est pas inintéressant mais je trouve généralement les livre numérique trop chères. S’il n’y a que 2€ de différence je préfère encore le papier. Ceci dit, si je devais lire un shôjo en numérique, le critère serait surtout l’intérêt que je porte à la série. Si c’est une série qui me tient à cœur je privilégie l’achat en papier, si c’est une série qui me tente bien mais sans plus, soit je le cherche à la biblio soit… tant pis. Le numérique pourrait être la solution pour découvrir de nouvelles séries sans me ruiner, ni faire écrouler le plancher de la bibliothèque sous le poids de mes livres.
    Je viens tout juste de charger l’appli Kindle, j’en suis encore au stade de l’apprivoisement

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    • 7 mai 2019 at 22:18

      Je te rassure, je suis pareille quant à ma relation avec le livre. xD
      Pour l’argument financier, 2 € ce n’est peut-être pas énorme mais tu as de temps en temps des rabais très importants qui sont faits.
      En fait c’est tout à fait la réflexion que je me suis faite. Bien sûr, je n’ai jamais été contre le numérique (vu mes études haha). C’est juste que je ne voyais pas l’offre très diversifiée pour m’y intéresser. Mais quand j’ai eu moins de budget pour ce loisir et que j’ai déménagé, j’ai eu vite fait de me laisser tenter, surtout pour les séries qui me tentaient un peu mais sans plus.

      Tu verras, on se fait assez vite aux interfaces de ces applis comme Kindle et autres ^^

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