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Rencontre avec la Princesse du shôjo Yumiko Igarashi

by on4 octobre 2014
 

Lors de la 15e édition de Japan Touch, Yumiko Igarashi nous a honorés de sa présence. Club Shôjo a pu la rencontrer lors de sa conférence de presse le premier jour du salon ainsi que le lendemain à l’occasion d’une interview placée sous le signe de la convivialité. L’article que je te propose de découvrir en guise de cadeau pour les 6 ans du blog retrace les moments forts de ces deux entrevues.

 

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La souriante Yumiko Igarashi

 

La mangaka a fêté en 2013 ses 45 ans de carrière. C’est en 1968 qu’elle débute dans cet univers avec la série Shiroi same no iru shima tandis qu’elle est lycéenne. Celle-ci est publiée dans le magazine Ribon, appartenant à l’éditeur Shueisha.

 

Par la suite, le groupe Kôdansha décide de l’engager. Elle y a créé de nombreux shôjo connus comme Candy Candy, Mayme angel, Croque pockle ou encore Anne. Nous pouvons également citer comme autres œuvres notables le très célèbre Georgie et plus récent Joséphine Impératrice.

 

Impressions sur ses 45 ans de carrière

Bien qu’étant une artiste reconnue, Yumiko Igarashi est restée très humble face à son succès et sa réussite. Lorsque nous lui avons demandé ce qu’elle ressent par rapport à une telle durée dans ce milieu, elle nous a confié ne pas réaliser que cela fait autant de temps qu’elle est mangaka. Et sûrement que dans cinq et même cinquante ans, rit-elle, cela sera identique.

 

Il en est de même s’agissant de l’accueil chaleureux de Candy Candy par le public : elle ne comprend pas vraiment d’où cela peut venir ni quelles en sont les raisons.

 

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L’ex-libris reçu pour la séance de dédicace

 

La dessinatrice a toutefois expliqué que pour avoir une longue carrière, il est nécessaire d’apprécier l’ensemble des œuvres que l’on fait. En conséquence, elle nous a révélé qu’il n’y a pas véritablement de titres qu’elle chérit plus particulièrement : elle les affectionne chacun à leur manière. D’ailleurs, elle a précisé qu’elle tente d’accorder la même importance à chaque personnage en leur donnant le même amour.

 

Ses influences et inspirations

Lorsque nous avons voulu connaître ses influences, Yumiko Igarashi a cité deux grands maîtres du manga : Osamu Tezuka (Astro boy) et Shotaro Ishinomori (Kamen Rider). Elle s’est beaucoup entraînée en imitant leurs créations. Et c’est en s’intéressant aux travaux de ces deux auteurs qu’elle a pu déterminer son propre style tant au niveau du dessin que de l’histoire.

 

En plus de cela, tous les deux parviennent à représenter avec beaucoup de talent les personnages masculins. À ce propos, elle a confié à Club Shôjo qu’il s’agit d’un élément auquel elle accorde beaucoup d’importance. En effet, les garçons de ses histoires se doivent d’être attirants. Elle s’en est aperçu en réalisant Candy Candy. C’est notamment pour cette raison qu’elle a avoué mettre beaucoup plus de temps pour les réaliser par rapport à leurs congénères féminines.

 

Ses personnages

Roméo et Juliette

Aperçu du manga Roméo et Juliette

Au cours de la conférence, il lui a été demandé la raison pour laquelle elle a choisi de faire évoluer ses personnages majoritairement dans des pays occidentaux plutôt qu’au Japon. La mangaka a alors répondu que traditionnellement les petites japonaises reçoivent en cadeau des poupées au visage occidental. Ainsi ce genre de style, blond aux yeux bleus est plutôt une habitude.

 

De plus, pour des questions de crédibilité et de vraisemblance du récit, elle a préféré opter pour ce genre de héros. En effet, au Japon, il y a assez peu de vacances et il n’est pas courant de manquer les cours pour sortir. Prendre des protagonistes d’origine japonaise n’aurait pas paru réel pour les lecteurs et il leur aurait été difficile de s’identifier à eux. Et cela leur permet d’entretenir une sorte de rêve de vie à l’occidentale.

 

S’agissant de savoir comment la mangaka procède pour développer ses personnages, la talentueuse Yumiko Igarashi nous a révélé qu’elle cherche à se mettre à leur place afin d’imaginer ce qu’elle pourrait faire. À travers son regard d’auteur, elle écrit une histoire en se plaçant du point de vue d’un personnage en particulier. Par exemple, pour Roméo & Juliette, le récit se focalise sur la psychologie de la jeune fille, tout en adaptant sa pensée.

 

Elle a cependant rencontré des difficultés avec l’un de ses protagonistes : Emma Bovary de Madame Bovary. Comme cette héroïne est très différente d’elle, elle a eu du mal à s’adapter à cette dernière. Elle nous a déclaré non sans demi-mot ne pas trop apprécier son caractère. Et en réalité, par son biais, elle a voulu montrer au lecteur qu’il ne faut pas vivre de cette façon.

 

La mangaka a ensuite relaté une petite anecdote à propos de son dernier shôjo Joséphine Impératrice. Si au départ, elle nous a déclaré s’être attachée à raconter un récit tournant autour de cette figure historique, l’arrivée de Napoléon a tout bouleversé. Effectivement, elle en est tombée amoureuse !

 

Le mot de la fin

Pour conclure notre entrevue, j’ai souhaité savoir si fin 2013, elle avait des projets en cours. Elle m’a répondu travailler sur une série mettant en scène un personnage japonais et se déroulant au Japon.

 

Pouvoir échanger avec une grande auteur telle que Yumiko Igarashi a été un immense plaisir et une jolie opportunité de m’intéresser davantage à ses réalisations. Très chaleureuse et souriante, j’ai apprécié l’échange que nous avons eu lors de l’interview mais aussi pendant la conférence de presse où elle a rayonné.

 

 

J’espère que cet article t’a plu et qu’il t’a permis d’en savoir davantage sur Yumiko Igarashi. D’ailleurs, quel est ton shôjo préféré de cette mangaka ?

comments
 
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  • Nico Robin
    4 octobre 2014 at 20:55

    Aucun souci, normalement, je dois être seule à avoir vu ^.^ J’ai un peu modifié cette partie de ton commentaire.
    Oui, l’héroïne pour le peu que j’ai vu ne m’a pas donné envie de la soutenir. D’habitude, j’apprécie les têtes brûlées mais là… non XD

    Répondre

  • 4 octobre 2014 at 20:45

    oh! Je suis désolée, je n’ai pas pensé au spoil…. Désolée.
    Oi, je suis d’accord pour l’héroïne, elle n’est pas…Pas très attachante….

    Emashi

    Répondre

  • 4 octobre 2014 at 18:37

    Je ne l’en aime que davantage. Elle est l’auteur de mes premiers manga, de mes premiers coups de coeur… Je lui dois beaucoup en pleurs, rires et sourires.

    Ma série préférée d’elle reste Mayme Angel, même si Candy et Georgie (surtout Terrence et Abel, en fait XD) seront toutjours des incoutournables dans mon coeur. Et puis il y a Anne Anne… Je les ai lus pour la première fois quand j’avais 8-9 ans, du coup je n’avais pas tout compris même si je pleurais déjà beaucoup à l’époque. Quand j’ai grandi et que je l’ai relu, j’ai ressenti un bonheur immense d’enfin tout comprendre… 😉 J’ai aussi lu Joséphine impératrice et Romo et Juliette, qui m’ont moins plu que ses autres oeuvres mais qui étaient cependant toujours agréable à lire, vu que j’adore son coup de crayon… Par contre L’épée de Paros ne m’a pas plu du tout, ce n’est pas que j’ai quelquechose contre le yuri, seulement cela m’a gêné (je n’étais pas au courant quand je l’ai acheté, du coup, j’ai été surprise)… Et puis j’aimais tellement son ami d’enfance que la fin m’a peinée. Dans ses oeuvres plus vieilles, Croque Pockle est celle qui m’a le moins plu. L’héroïne m’énervait particulièrement, en fait. Je n’ai pas encore lu Mme Bovary (Honte sur moi!!), du coup je ne saurais pas dire ce que j’en pense… 🙂

    Merci pour cet article, c’est toujours sympa de savoir ce que pense des personnes si importantes dans notre coeur… 🙂 Surtout que je n’ai même pas pu la voir T–T

    Donc merci beeeeaucoup et désolée pour ce si long commentaire.
    Emashi

    Répondre

    • Nico Robin
      4 octobre 2014 at 20:37

      Ne sois pas du tout désolée de poster un long commentaire. Au contraire, cela me fait très plaisir ! ^.^ J’adore la lecture et puis c’est toujours intéressant d’échanger ainsi. En tout cas, je suis ravie que cet article t’ait plu ! Cette mangaka est très chaleureuse et on la sentait ravie d’être là. En plus, elle a la pêche !

      Pour ma part, j’ai vraiment appris à connaître Yumiko Igarashi grâce aux sorties de l’éditeur Isan manga. Bien sûr, je connaissais Candy Candy mais je ne m’étais pas penchée plus que cela sur son œuvre. Donc cette rencontre a été un plaisir d’en apprendre davantage sur elle.

      Concernant Roméo & Juliette, j’ai plutôt bien apprécié car en fait, j’ai bien aimé le fait qu’elle adapte l’histoire et la retravaille. Elle s’est approprié l’œuvre à sa manière. S’agissant de L’épée de Paros, attention au spoil 😉 Je ne l’ai pas fini mais j’avoue avoir un peu de mal. Je ne pense pas que cela tienne aux dessins mais plutôt de l’histoire en elle-même. Je ne suis pas fan de l’héroïne pour tout dire. XD J’ignorai qu’il y avait un élément de shôjo-ai, mais ayant lu Très cher frère, ce n’est pas tant ça qui peut me gêner, bien que je ne coure pas après.

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