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3 excellentes raisons de lire Vampire Knight

par le 30 juin 2021
 

Shôjo iconique de la décennie 2000, Vampire Knight de Matsuri Hino est une ode à l’amour qui permet de transcender le pire : accepter l’inacceptable chez l’autre. L’anime diffusé ne fait en aucun cas honneur à cette œuvre unique et à ses personnages complexes qui se retrouvent, depuis quelques années, sublimée par une double édition parue chez Panini.

L’histoire s’ouvre sur une petite fille prénommée Yûki. Perdue et seule au milieu d’un tapis blanc en plein hiver, l’enfant fait face pour la première fois de son existence à une créature au visage humain : un vampire.

Le premier souvenir de Yûki : la neige et le sang.

Reconnaissable à ses yeux rouges sang, l’homme qui s’adresse à elle lui annonce qu’il a soif et qu’elle est son prochain repas. Avant que le pire ne se déroule, la petite fille est sauvée par un garçon nommé Kaname Kuran qui va, d’une manière très forte, marquer sa vie à jamais. 

Quelques années plus tard, Yûki est scolarisée dans le lycée Cross administré par son père adoptif. Elle forme avec Zero, un garçon lui aussi recueilli par le directeur, le duo de « gardiens de l’académie » qui ont pour mission de veiller au bon déroulement de la vie nocturne du campus.

L’académie Cross, est en effet, séparée en deux classes non-mixtes : la Day Class composée d’humains étudiant le jour et la Night Class rassemblant uniquement des vampires bachotant la nuit.

Tout ce petit monde vit dans des pavillons distincts et aucun rapprochement interespèce n’est autorisé pour éviter tout accident malencontreux (comme des canines plantées dans un cou par exemple).

De ce fait, seuls Yûki, Zero et le directeur Cross sont au courant de l’existence des vampires et de la vraie nature de la Night Class. Mission de taille donc pour Yuki qui doit apprendre à composer entre son admiration pour Kaname Kuran, son sauveur, et son amitié avec Zero Kiryû, hostile à l’existence même des vampires.

1. Une société miroir

Vampire Knight s’ancre dans un univers vampirique où ces êtres de la nuit représentent un danger pour les humains. Ces derniers sont de véritables proies soumises aux caprices des vampires qui peuvent décider de leur ôter la vie en l’espace de quelques secondes.

Très vite, on s’immerge dans le quotidien de Vampire Knight dès les premières pages et on en apprend plus sur le fonctionnement de la société dite « de la nuit » : plusieurs catégories de vampires coexistent et tous ne sont pas égaux. Il existe en effet 5 classes de vampires en fonction de la pureté de leur sang allant du Level A au Level E.

La majorité de la communauté est constituée de vampires ordinaires, lambdas sans distinctions particulières : les Level C. Ces vampires résultent d’une mixité entre vampires et humains au fil des générations, et ont donc un statut de sang-mêlés.

Ils sont encadrés par la couche aristocratique, autrement dit des nobles dont les ancêtres se sont très peu mélangés avec les humains. Ils sont donc au Level B. Ils possèdent en plus des pouvoirs surnaturels divers et variés allant de la manipulation de son propre sang à la capacité de créer de l’électricité.

Tout en haut de la pyramide sociétale se trouvent des êtres divinisés, craints et respectés par l’ensemble de la communauté : ce sont les sang-purs au Level A. Ils appartiennent à de vieilles familles qui n’ont, comme leur nom l’indique, aucune goutte de sang humain dans leur ADN. 

Kaname Kuran, vampire de Level A.

Toutefois, à noter que les humains peuvent être transformés en vampire et lorsque cela se produit, ils sont considérés comme au Level D. Ces derniers ne sont pas nombreux puisque ce sont seulement les sang-purs qui ont ce pouvoir de transformations et qu’ils sont minoritaires dans la société vampirique.

C’est ainsi que le personnage de Yûki, principale protagoniste de notre histoire, est amenée à côtoyer cette société à cause de son rôle au sein de l’académie Cross mais aussi par le biais de sa relation particulière avec Kaname.

Cette société dépeinte par la mangaka dans son œuvre peut faire écho à la nôtre : les plus hauts placés ont les pleins pouvoirs et décident des grandes directives qui seront imposées à l’ensemble des vampires sans que ces derniers n’aient leur mot à dire.

De la même manière, les sang-purs possèdent de nombreux pouvoirs surpuissants et sont les têtes couronnées de la société. D’ailleurs, le clan Kuran (dont fait partie Kaname) est depuis des siècles la famille monarchique héréditaire de ce système bien défini.

À noter toutefois qu’à l’heure des péripéties de Yûki, c’est le Sénat qui contrôle la vie quotidienne et qui impose les décisions, Sénat composé de membres de l’aristocratie dont certains sont âgés de plus de mille années. 

Malgré tout, cela n’empêche pas l’ensemble des vampires de montrer un respect quasiment divin à Kaname, le plus pur d’entre les sang-purs, lors de ses apparitions publiques. Les sang-purs étant restés des êtres à part dans les coutumes vampiriques.

Ce miroir social va au-delà des apparences puisque malgré leur très grande beauté, ces vampires au sang-pur sont semblables à des enfants capricieux qui exigent et ordonnent. Il faut dire qu’avec une armée de partisans il est facile d’avoir tout ce que l’on veut.

Leur vanité se cristallise donc dans l’existence des vampires Level End, dits Level E, ces anciens humains transformés en vampire de Level D dont le destin se finit impérativement dans la folie et dans le meurtre.

Vampire Level E.

Pour réguler tout ce problème vampirique et les dérives que cela engendre, un groupe d’humains superpuissants s’est constitué dès les premières lueurs de la vampiranité (humanité version vampire) et sont connus sous le nom de chasseurs de vampires. Ils ont pour mission de traquer les Level E et de les éliminer lorsque ces derniers ont sombré dans la dégénérescence.

Cette société vampirique comporte donc plusieurs éléments inhérents les uns aux autres, tous rouages d’un système politique qui s’avère plus complexe que prévu au fil des tomes et de la narration…

Car, en effet, lorsque la révolte souffle, il en faut peu pour que le château de cartes s’effondre. 

2. Des personnages complexes 

Vampire Knight permet de se concentrer sur une pluralité de personnages qu’ils soient humains ou vampires aux développements relativement forts. Évidemment, la très – très – grande majorité d’entre eux sont des vampires et évoluent dans le cercle aristocratique de la société, voire des familles de sang-purs pour quelques uns d’entre eux. Ils font donc partie de la Night Class présidée par Kaname.

À mon sens, le dessin de Matsuri Hino sublime ces personnages de papier, d’autant plus que les vampires sont réputés et connus pour leur beauté et leur charme. Preuve en est que une grande majorité de la Night Class est adulée par les élèves humains et est source de fantasmes.

La Night Class, uniquement composée de vampires.

Pour mieux construire une narration cohérente, les personnages sont tous différents et amènent une évolution développée qui est très souvent aux antipodes de ce qu’ils étaient initialement. Leur style complète une palette de caractères possibles dont certains présentés ci-dessous.

Hanabusa Aidô est l’archétype de l’adolescent indolent et capricieux. Grand immature au début du manga : Hanabusa fait souvent preuve de manquement envers les règles établies dans l’enceinte de l’académie Cross, défiant régulièrement Yûki et Zero qui en sont les gardiens et occasionnant de nombreuses bourdes qui lui vaut de sévères corrections de la part de Kaname Kuran.

Takuma Ichijô est le bras droit de Kaname, vice-président du pavillon de la nuit. D’un naturel calme, il est raisonnable mais a un côté taquin qui apporte de la légèreté au début de l’histoire. Il est le petit-fils du patriarche du Sénat et se voit imposer par ce dernier de nombreuses responsabilités qui se retourneront à un moment contre lui.

Rima Tôya montre une amitié et une loyauté sans faille envers son camarade Senri Shiki. Peu loquace et plutôt paresseuse, elle met toutefois tout en œuvre pour secourir son ami lorsque celui-ci se retrouve en grand danger.

On peut également aborder le cas de Zero Kiryû qui, contre toute attente et comme on l’abordera dans un article ultérieur, finit par épouser une réalité qu’il rejetait corps et âme à ses débuts.

3. L’amour au-dessus de tout

Vampire Knight permet de mettre en avant des valeurs fortes à travers l’amour et l’acception de l’autre dans son entièreté et sa complexité.

Les deux personnages masculins principaux de l’histoire, Kaname Kuran et Zero Kiryû, essayent même de toucher du doigt la compersion, cette capacité à ressentir de la joie sincère pour le bonheur de l’autre même si on n’en fait pas partie.

Haine et rivalité entre Zero et Kaname.

Yûki, personnage majeur que j’approfondirai également dans un autre article, connaît de nombreuses relations complexes tout au long de son évolution, toutes placées sous le signe du soleil malgré la traversée froide de la nuit. 

D’un côté, Kaname. Sauveur et figure d’autorité pour la jeune fille, ce dernier dévoile peu à peu son attachement jusqu’à lui déclarer son amour. Sa nature jalouse et son attitude possessive le poussent à ne faire aucune concession lorsqu’il s’agit de sa bien-aimée : Yûki doit se dédier uniquement à lui et mettre au passé sa relation très forte avec Zero.

Au fil de l’approfondissement de leur lien, Kaname doit pourtant se rendre à l’évidence : il lui faut accepter que Yûki ait une volonté propre et ne suive pas à la lettre le moindre de ses désirs. 

De l’autre côté, Zero. Camarade d’aventure nocturne, le jeune homme partage une relation conflictuelle et ambiguë avec Yûki. D’un tempérament mutique, le chasseur est souvent spectateur des actions qui se déroulent autour de lui. Et malgré son envie de devenir acteur et de s’investir pleinement, il peine à s’affirmer et à exprimer ce qu’il ressent.

D’autant plus que son hostilité envers les vampires est croissante au fur et à mesure de sa propre transformation en vampire : en effet, on apprend au cours du premier tome qu’il est voué à finir ses jours en Level E, mordu durant son enfance par une vampiresse de sang-pur qui hante désormais ses pas depuis son enfance.

Chacun à leur manière, Kaname et Zero tiennent à Yûki et se donnent pour objectif de faire son bonheur. Ils sont victimes des inclinations de la jeune fille et du chemin qu’elle poursuit sans se soucier de se retourner. Ainsi, ils doivent accepter que celle-ci fasse ses propres choix sans qu’ils soient inclus forcément dans l’équation.

Vampire Knight nous apprend d’une manière touchante et quelques fois brutale qu’aimer veut aussi dire renoncer… Malgré tout, et pour ces trois bonnes raisons, il est plaisant et doucereux de se plonger dans la lecture du manga iconique de Matsuri Hino qui entremêle remise en question de son identité et promesse d’éternité.

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