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3 excellentes raisons de regarder « Fruits Basket »

par le 30 mai 2021
 

Fruits Basket, Fruits Basket, Fruits Basket… L’œuvre de Natsuki Takaya est emblématique de la catégorie shôjo, son univers a marqué une génération entière de lecteurs et lectrices et la nouvelle version de l’anime commencé en 2019 a tout pour lui faire honneur.

Alors toi qui ne connais absolument pas Fruits Basket, toi qui n’en connais que le nom ou encore toi qui connais tout sur le bout des doigts, profite de cette chronique et (re)découvre 3 excellentes raisons de te plonger dans l’univers de Nanatsuki Takaya sur ton petit, moyen ou grand écran.

1. Une narration ficelée teintée de spiritualité

De prime abord, la narration de Fruits Basket pourrait sembler assez basique : l’histoire d’une famille, les Sôma, dont certains de ses membres sont maudits par l’esprit d’un signe du zodiaque chinois de la légende. Cette fameuse légende, qui guide l’univers du manga, laisse-moi te la raconter : 

« Il était une fois, dans un temps très lointain, un dieu qui s’adressa aux animaux et il leur dit : « Je vous invite tous à mon banquet dans quelques jours, ne soyez pas en retard. »

À ces mots, tous les animaux furent ravis. Le chat, qui n’avait pas tout saisi, demanda au rat : « Quand est la fête ? » Alors que cette dernière était prévue pour le soir-même, le rat, sournois et craignant que le chat soit plus rapide que lui, lui mentit : « La fête aura lieu demain, tu as bien compris ? ».

Le chat, naïf et serein, le remercia avant d’aller sagement se coucher. Ainsi, quelques heures plus tard, tous les animaux arrivèrent sauf le chat, qui dormait d’un sommeil bienheureux en pensant que la fête devait avoir lieu le lendemain.

Le banquet battit son plein avec les douze invités qui devinrent alors les symboles du zodiaque chinois. »

Cette légende est le commencement de l’histoire de Fruits Basket. Elle nous immerge de facto dans la culture asiatique, et nous change donc complètement de nos propres représentations de l’astrologie.

Les animaux du banquet vont se personnifier à travers tous les personnages de l’œuvre rendant plus tangible, plus réelle la matière première qu’est le zodiaque chinois.

Cette matière première gagne en consistance dans l’histoire de Natsuki Takaya. Cette dernière va même donner une place importante au personnage du chat, qui pourtant n’est pas représenté dans l’astrologie officielle, en lui donnant l’une des thématiques les plus fortes de l’œuvre

De fait, la ligne rouge du manga reste la légende, la spiritualité et les relations construites entre les personnages. On découvre avec délice les spécificités propres aux signes du zodiaque : le rat et le chat ne s’entendent pas à cause de la trahison du premier, le rat est également détesté par le bœuf qui se sent lésé puisque considéré comme naïf par le reste des Sôma car dans la légende le rat a utilisé le bœuf pour se déplacer jusqu’au banquet. 

De même, on plonge dans une vision d’un Japon qui se voudrait plus traditionnel : par exemple, les maisons des Sôma sont semblables à ce qu’on imagine des maisons dans les campagnes japonaises (représentées dans les animés et les films) ; le port du kimono pour plusieurs personnages ; la présence des temples et des croyances populaires.

On baigne ainsi dans une atmosphère délicieuse qui nous transporte dans un autre temps, sublimée par l’existence d’une malédiction ancestrale qui plane sur la famille Sôma. Le tout rehaussé par une animation exceptionnelle avec un jeu de lumière et de tons de couleurs chatoyantes.

Fruits Basket animation

Tohru Honda et vue sur la ville.
© TMS Entertainment

La narration de Fruits Basket est également très bien ficelée puisque l’on sent que l’autrice a réfléchi en amont à la construction de son histoire et de ses personnages : les événements se répondent entre eux, la progression est plus que cohérente et la narration s’affirme au fur et à mesure des épisodes.

De plus, la force de Fruits Basket réside dans sa faculté à émouvoir un large public, faculté qui lui attribue un succès phénoménal, accentué par le remake de l’anime proposé par le studio TMS Enterainment. En effet, c’est davantage les émotions suscitées par les personnages, les relations entre eux qui marquent les esprits et brisent les cœurs.

Car oui, avant de continuer plus loin, il faut bien te l’avouer : il y a de grandes chances que Fruits Basket te fasse verser beaucoup de larmes et/ou te fasse ressentir quelque chose de profond, de viscéral.

Le manga aborde de nombreuses thématiques très diverses qui ont pour point commun de creuser très profondément dans certains mal-être, dans des peurs et angoisses existentielles, et dans ce qui pourrait nous bloquer dans l’avancée de nos vies.

Tohru Honda, héroïne Fruits Basket

L’héroïne et lycéenne Tohru Honda. © TMS Entertainment

Oscillant entre tragédie et comédie, ce shôjo fait vivre à ses spectatrices et spectateurs des situations doucereuses qui peuvent faire écho. Mais rassure-toi car, et on l’abordera après, l’une des raisons pour lesquelles cette œuvre est si belle, c’est parce qu’elle met en scène le personnage de Tohru Honda.

2. Des personnages percutants

Les personnages ont tous un impact puissant dans Fruits Basket et ne sont pas écrits au hasard. Ils amènent tous une histoire propre, une identité affirmée et nous permettent, chacun, d’aborder de nombreux sujets et d’y réfléchir.

N’ayons pas peur des mots et disons tout simplement qu’ils sont inspirants dans cette histoire très humaine qu’est Fruits Basket.

Pour te montrer la multitude de thématiques abordées dans l’œuvre, je te propose ci-dessous une liste réduite de personnages en lien avec les notions qu’ils abordent.

Kyo Sôma, possédé par l’esprit du chat, vit dans une situation de rejet : mis à l’écart du fait de son signe, il est méprisé par le chef de famille et n’a pas le droit de participer à l’annuel banquet du Nouvel An où tous les signes se réunissent. De plus, il entretient une haine farouche envers le personnage de Yuki, le rat puisque, selon lui, c’est de la faute de ce dernier s’il est mis à l’écart (on retrouve un aspect de la légende originelle).

Rejeté et montré du doigt, Kyo a du mal à se livrer et n’arrive pas à nouer des relations puisqu’il est seulement obsédé par la revanche qu’il veut prendre sur Yuki. Son objectif est si fort qu’il ne se définit que par lui et ne vit que pour lui.

Fruits Basket Kyo

Kyo Sôma possédé par l’esprit du chat.
© TMS Entertainment.

Yuki Sôma est le rat, premier des signes, animal réputé par sa sournoiserie. Rendu responsable de leurs malheurs par Kyo et Hatsuharu (le bœuf), Yuki est un personnage criblé d’angoisses qui, malgré une très forte popularité au lycée, se sent seul, même insignifiant, démontrant la très faible estime qu’il a de lui-même. D’autant plus qu’il s’enferme dans un rôle de « garçon parfait » pour gagner l’amour et l’admiration des autres élèves sans pour autant développer des relations de son côté.

Kagura Sôma, le sanglier, ne sait absolument pas gérer ses émotions et souffre d’une sorte d’hypersensibilité assez prononcée qui la fait passer d’un état à un autre, notamment en fonction surtout de Kyo, celui qu’elle aime. Elle apparaît d’ailleurs très exclusive envers lui, cachant, et ça tu le sauras en regardant l’anime, un secret douloureux bien plus profond. Celui d’avoir un jour abordé une personne avec des intentions très égoïstes.

Momiji Sôma, le lapin, marque également les esprits. Jeune garçon rieur et farceur, il a toujours le mot pour dédramatiser une situation ainsi qu’une vision très douce des choses de la vie. Pourtant, derrière ce sourire se cache la blessure d’avoir été rejeté pour ce qu’il est réellement par sa mère, et ce depuis sa naissance. Ainsi, l’œuvre aborde le rejet de la différence à travers Momiji.

Kisa Sôma, le tigre, incarne également cette thématique puisqu’elle est victime de harcèlement au sein de son collège. La cause porte sur son physique, adapté de son signe, qui est jugé comme « bizarre, étrange » par les autres élèves de sa classe. Elle est donc moquée, mise à l’écart. C’est ce qui conduit la jeune Kisa au début de l’animé à adopter une posture mutique comme refuge. C’est ce à quoi nous fait songer Fruits Basket : des fois il est tellement difficile d’exprimer les douleurs, difficile de se justifier qu’il est préférable de se réfugier dans le silence et de laisser tomber.

Isuzu « Rin » Sôma, le cheval, est quant à elle un personnage très fort, tant d’un point de vue de sa personnalité que l’apport émotionnel qu’elle provoque. Sans spoiler ou trop en dire, on peut tout simplement te révéler qu’elle permet d’approcher des thématiques autour de la maltraitance.

Ainsi, les personnages apportent tous un éclairage qui leur est propre aux situations rencontrées. Leur background et leur personnalité permettent d’aborder des notions parfois dures, souvent très humaines, et qui peuvent être parfois très intimes.

3. Des personnages qui inspirent une « philosophie de vie »

La douceur de Fruits Basket s’incarne principalement par le personnage principal de la série, la lycéenne Tohru Honda. Elle rencontre les Sôma après un concours de circonstances et finit par rester chez eux.

Ce qui fait de Tohru un personnage marquant c’est sa joie de vivre qu’elle affiche au quotidien, malgré le fait d’avoir perdu sa mère dans un tragique accident de la route quelques mois auparavant.

La jeune fille, que certains ou certaines fustigent pour sa naïveté (ou sur son rôle de femme traité dans l’excellent article de soko saturne), fait réellement transparaître les valeurs de Fruits Basket à travers ses comportements, ses attitudes et sa philosophie de vie.

Très attachée à sa mère, Tohru partage de nombreux souvenirs avec elle où celle-ci lui explique les « grandes choses de la vie ». Cela peut être lui apporter des explications sur les usages du quotidien, sur le comportement d’autrui ainsi que sur la perception du monde en général.

Très souvent, et c’est assez fort pour être relevé, Fruits Basket met en avant la mère de Tohru, Kyoko, grâce aux anecdotes que Tohru nous raconte d’elle : ce sont toujours ses propos et sa vision des choses qui l’emportent dans les situations dramatiques.

Fruits Basket Tohru et sa mère

Tohru et sa mère, Kyoko, passant un moment ensemble.
© TMS Entertainment

Le personnage de Tohru, pétri d’une détermination sans faille et de grandes lignes directrices de vie, est donc inspirant par sa douceur, sa gentillesse et les secrets de la vie qu’elle partage librement autour d’elle.

D’une certaine manière, je dirais même que Tohru nous pousse à faire de notre mieux, à accepter des réalités qu’on ne pourrait pas changer, à penser et réfléchir différemment pour devenir une meilleure version de nous-même.

Elle est, comme tu le verras en regardant l’anime (oui oui je ne perds pas le nord), ce voyageur un peu naïf qui donne tout pour faire plaisir aux autres, pour les aider à aller de l’avant sans jamais demander quelque chose en retour.

Et comme tu l’auras sans doute deviné, en sa qualité de personnage principal, c’est au contact de Tohru que les personnages évoluent et que la narration avance

Pour conclure cet article sur ce nouvel anime de Fruits Basket, je ne peux que donner comme raison bonus la composition de cette magnifique OST qu’est la BO de Fruits Basket, qui réussit à retranscrire avec justesse ce qui ne peut dit avec des mots. Je te propose d’ailleurs cette piste rien que pour le plaisir de tes oreilles :

Snow melts into spring dans la première saison de Fruits Basket.

Et enfin dans une ultime tentative de te faire regarder Fruits Basket, je dirais tout simplement que cette œuvre nous transcende et touche en plein cœur notre humanité.

Si t’es convaincu(e) tu peux regarder l’animé sur ADN ou Wakanim.
Si t’es méga convaincu(e), l’éditeur Delcourt a édité une superbe nouvelle édition du manga en double volume intitulée Fruits Basket Perfect (et elle est très belle).

commentaires
 
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  • 6 juin 2021 à 21:27

    Fruits basket est un bon manga mais c’est un titre que me rappelle beaucoup kuruko basket. et puis la nouvelle adaptation représente parfaitement bien le manga. c’est un anime fort sympathique à regarder entre amis.

    le mélange de thèmes donne toujours des histoire qui se laisse regarder .

    le concept de traumatisme sur les héros, est une très initiative de la part du mangaka… derrière cette histoire on y trouve un certain plaisirs pour la vie, grâce à certaines paroles des personnages et à l’environnement qui entoure fruits basket. C’est grâce ça que j’apprécie énormément fruits basket

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    • Kitsu
      7 juin 2021 à 10:06

      Moi aussi le titre me fait penser à Kuroko no Basket ! 😉
      Je ne peux qu’approuver tes dires, le plaisir de la vie est très présent et c’est ce qui donne cette atmosphère si particulière au manga qui se révèle assez dur derrière les traumatismes ! On ne peut que s’avourer ces belles images 🙂

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  • 6 juin 2021 à 18:00

    Une très jolie chronique, qui me fait replonger dans mes années “Furuba”.
    Après avoir découvert l’anime, je cours acheter le tome 1 du manga à la Fnac (je ne connaissais pas encore mon cher libraire, à l’époque !). Je m’empresse de l’ouvrir, et réalise que la jaquette du tome 1 cache, en fait, le tome je ne sais plus combien. Entourloupe ! Je retourne à la Fnac faire l’échange, et me voici partie avec Kyô, Yuki et Tohru.

    A l’époque, j’étais tellement fan de Kyô et Yuki que j’avais gravé leurs noms sur mon étui à lunettes ! Même si je ne suis plus la série aujourd’hui, elle reste marquante. Les traumatismes des héros, leurs blessures, leur quête pour avancer malgré tout… Certaines de leurs paroles faisaient terriblement écho à la vie, la vraie, avec ses soleils lumineux et ses ciels gris. Pour toutes ses raisons, je garde un bon souvenirs de Fruits Basket. La nouvelle version est une autre occasion de faire parler de (re)découvrir cette œuvre 🙂

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    • Kitsu
      7 juin 2021 à 10:10

      Rah la Fnac ces coquins ! J’avoue que ça devait être bien frustrant de se retrouver avec le mauvais manga et la bonne jaquette !
      Je n’avais pas gravé les noms de Yuki et Kyo sur mon étui mais j’avoue avoir eu après le visionnage de l’animé une vraie fascination pour le zodiaque chinois, c’était indécent ! xD
      Et oui Fruits Basket tape très fort, fait beaucoup pleurer mais c’est aussi pour ça qu’elle est autant appréciée je pense ! 🙂

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  • 1 juin 2021 à 11:46

    Très bel article ! ^^ Fruits basket n’est peut-être pas mon manga préféré mais c’est un titre que j’affectionne énormément. J’étais d’ailleurs vraiment contente en apprenant qu’une nouvelle adaptation – plus fidèle au manga – allait voir le jour. Cette nouvelle mouture ne déçoit pas du tout.

    Comme toi, j’apprécie ce mélange entre folklore – fantastique – vie quotidienne. Ça donne toujours des histoires savoureuses. En plus grâce à Fruits basket, on en apprend plus sur la légende du zodiaque chinois.

    Bien sûr les personnages sont la force de cette histoire. Ils ont tous quelque chose de super touchant, peu importe qui ils sont.

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    • Kitsu
      2 juin 2021 à 15:01

      En effet, la pluralité des personnages et une BO sensationnelle rendent justice à cette histoire très touchante. La nouvelle adaptation permet, j’espère, à de nombreuses personnes de découvrir l’œuvre et de la diffuser autour d’eux 🌺

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