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Le shôjo au Japon : présentation des magazines de prépublication

par le 27 avril 2021
 

Betsuma, Comic zero sum, Hana to Yume, Ciao, Feel Young, Mystery Bonita, Melody, ça te dit ? Pour ce deuxième jour de la Semaine du shôjo, prépare ta meilleure combinaison : on plonge dans les mondes merveilleux des magazines de prépublication.

Question à trois Cheese! : à qui appartiennent les magazines de prépublication cités en intro ? Banco Mariko ! La bonne réponse est : « aux maisons d’édition ». D’ailleurs, Cheese! aussi est un mag’ de prépublication. Et son nom n’a rien à voir avec le fromage.

Les poids lourds de l’édition japonaise

Avant de régaler les étagères de notre libraire préféré-e, nos mangas fleurissent les pages de magazines de prépublication. On retient souvent ces quatre gros éditeurs : la Kôdansha, créée en 1909 et considérée comme la plus grosse maison d’édition de l’archipel, la Shôgakukan (1922), la Shûeisha (1925) et la Hakusensha (1973). Bien sûr, il en existe bien d’autres ; derrière les pages des mangas, c’est la guerre, les fusions et les rachats.

À la base, la Shûeisha est la branche loisirs/divertissements de la Shôgakukan. Elle prend son indépendance en 1949, avec le succès que l’on connaît. Dans les années 2000, la Shûeisha s’offre Viz media, premier éditeur US, Viz media Europe (devenu Crunchryoll l’an dernier), et Kaze… en featuring avec la Shôgakuan. What !! Attends la suite : connais-tu le groupe Hitotsubashi ? C’est lui, le boss actionnaire de l’ombre : dans ses cartons, la Shûeisha, la Shôgakukan, et la Hakusensha ! La holding possède aussi la Shôdensha… créée en 1970 par – notamment – un membre de la Shôgakukan. As-tu mal au crâne ? Ce n’est que le début.

À côté de la Hitotsubashi se dresse l’autre géant de l’édition japonaise : Kadokawa Corporation.

Retour en 1945. La Seconde Guerre Mondiale a ravagé les États et les consciences. Les survivants tentent de reconstruire le pays. Avec quoi ? Il n’y a plus d’espoir. Les rêves sont morts avec les hommes. La famine décime les rescapés.

C’est dans ce contexte que Genyoshi Kadokawa crée sa maison d’édition, et lui donne son nom. Objectif : redonner espoir à tout un peuple, à travers la culture. Le succès vient vite. Dès 1954, la modeste maison d’édition indépendante devient une corporation. Le groupe étend son influence : romans, magazines, mangas, télévision, développement à l’étranger, et association avec d’autres sociétés, comme MediaWorks, en 2002. L’année suivante, Kadokawa Corporation devient « Kadokawa Holdings » ; la holding changera encore de nom pour Kadokawa Group Holding, en 2006. Elle reprendra le nom « Kadokawa Corporation » en 2013 (tu suis toujours?).

Le groupe se réorganise encore : Kadokawa Shoten s’occupe de l’édition, ASCII et Enterbrain rejoignent la puissante société (2004). ASCII, ça ne te dit rien ? La maison d’édition s’est fait absorber par MediaWorks pour devenir ASCII Mediaworks (2008), celle-là même qui édite Celle que je suis et Tant que nous serons ensemble. Comme la Hitotsubashi, Kadokawa Corporation (partenaire officiel des JO de Tokyo) s’étend à l’international, et s’impose dans bien d’autres secteurs que celui du manga.

Très chères classifications

Ça va, la tête ? Tiens bon, car toutes ces maisons d’édition ont, chacune, leurs magazines de prépublication. Je t’épargne leurs éditions Deluxe, Collector, Spécial, Big, et tutti quanti. Ces magazines sont souvent mensuels, ou bimensuels (trimestriels pour les éditions spéciales).

À la base, toutes les maisons d’édition suivent un découpage simple : magazines pour petites filles (primaire-collège) ; pour adolescentes ; pour femmes (josei). Le boys love et le yuri naviguent dans les deux dernières catégories. Mais dans les faits, les frontières s’effritent vite, et les revues s’entremêlent. Prépare-toi pour la plongée en eaux profondes.

Ready ? Go ! (Rinko de Tokyo Tarareba Musume / Akiko Higashimura

On distingue traditionnellement les shôjo/josei magazines (visant les filles/femmes) des shônen/seinen magazines (visant les garçons, hommes). Bien sûr, ce découpage, purement technique, n’entrave, ni les mains, ni les esprits. Le public féminin l’a compris depuis longtemps, et vogue à l’envie vers les terres shônen. Le public masculin semble plus timoré, mais les époques changent et les mentalités évoluent doucement.

Notons que « seinen » (青年) signifie « jeune, jeunesse ». Il est pourtant uniquement employé pour les revues visant les jeunes hommes. Soit ; cessons notre bavardage orthographique et allons payer nos magazines.

En général, ils coûtent environ 300 à 600 yens hors taxes. Un excellent rapport qualité/prix, pour ces grosses revues (plusieurs centaines de pages) qui nous offrent régulièrement des produits dérivés. Goodies, et autrices/auteurs stars sur lesquels comptent les éditeurs pour attirer le public. Tous luttent, à grand renfort de concours de manga, pour dénicher de nouvelles artistes. Il y a toujours des concours, faciles d’accès…pour qui parle japonais (exemples ici, ici, ou ). Mangaka, assistant mangaka, scénaristes… les éditeurs sont en recrutement permanent !

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