C’est toujours le mois de la rentrée et des bonnes résolutions. Au Club Shôjo, en voici une que nous serons ravies de tenir : nous faire du bien en regardant de (très) sympathiques anime shôjosei ! On te partage nos découvertes.
Avant-propos
Tous les anime présentés ci-dessous sont adaptés de mangas disponibles en France. Ces anime sont récemment sortis sur Crunchyroll, mais cet article n’est absolument pas sponsorisé par ladite plateforme VOD !! surtout pas après son virage concernant l’IA.
La mise au point étant faite, place aux anime shôjosei à suivre cette année !
2026 : une année shojosei ?
2026 sera-t-elle une belle année pour les anime shôjosei ? On peut l’espérer, au vu des nouveautés récemment sorties ou annoncées. Je te rassure donc : la sélection qui va suivre n’est qu’un petit échantillon de shôjosei à découvrir. Le monde shôjosei est très vaste : histoire, sport, aventure, thriller, horreur, romance… Tu trouveras certainement ton bonheur parmi les nouveautés de cette année.
Par exemple, si tu aimes l’histoire et la romance, tu seras peut-être intéressé.e par Le Prisme de l’amour, anime imaginé par Yôkô Kamio, la célèbre autrice de Hana Yori Dango (exclusivité Netflix sortie le 15 janvier). Si tu cherches un titre fantasy, le shôjo manga La sorcière aux champignons est sorti en anime (Crunchyroll). Sur la même plateforme, tu pourras partir à l’aventure avec le héros d’Odayaka Kizoku no Kyūka no Susume, isekai adapté d’un josei manga encore inédit en France. Et pour un concentré de romance, la saison 2 du shôjo manga Anyway, I’m falling in love with you t’attend sur Crunchyroll.
3 anime shôjosei à découvrir cette année
La petite sélection que voici te propose de découvrir 3 anime shôjosei tirés de mangas incontournables, qui ont marqué le public : Entre les lignes, Ton visage au clair de lune, et Hana Kimi.
Journal with Witch (Entre les lignes)
Tu connais sûrement l’excellent manga Entre les lignes (éditions Kana). Fort de son succès, le josei de Tomoko Yamashita a été adapté en film live (sorti le 7 juin 2024 au Japon) et en anime, réalisé par le studio Shuka (Les quatre frères Yuzuki…). L’anime est dispo sur Crunchyroll depuis le 4 janvier.
Entre les lignes nous entraîne dans le nouveau quotidien de Makio et Asa. La première est une romancière trentenaire casanière et légèrement asociale. La seconde est une lycéenne qui vient de perdre ses parents. S’il y a bien un lien de parenté entre Makio et Asa, ce n’est pas vraiment pour cette raison que Makio a accepté de recueillir l’orpheline. La trentenaire l’admet : pour elle, Asa est une totale inconnue. Mais elle fera son possible pour ne jamais la faire souffrir. La franchise de la trentenaire étonne la lycéenne. Car Makio n’a aucun mal à admettre qu’elle a du mal avec les êtres humains. Curieusement, Asa est vite rassurée par cette franchise, qui lui donne la liberté de s’exprimer ou de ne pas le faire. Auprès de Makio, la lycéenne va découvrir une nouvelle façon de voir les choses…
Le premier épisode de Journal with Witch pose le cadre de la relation entre Makio et Asa. L’adaptation anime oscille entre présent et flash-back, et parvient dès le départ à nous plonger dans une ambiance très particulière. Comme dans le manga, on est frappé par cette atmosphère étrange… un drame vient de se produire, mais la place n’est pas vraiment aux larmes et au recueillement. Le temps semble suspendu. Asa ne sait pas quoi faire avec ses sentiments. Makio ne lui donne pas de solution ; Asa fait ce qu’elle veut. D’ailleurs, ne pas savoir quoi faire peut être une solution… J’ai trouvé ce premier épisode très réussi. Son démarrage, en chanson, nous plonge dans le rythme Asa/Makio. Les dessins donnent vraiment vie au trait de la mangaka. C’est calme et entraînant, léger et profond. Vivement la suite !
In the Clear Moonlit Dusk (Ton visage au clair de lune)
Voilà encore un titre qui fait beaucoup parler de lui : le shôjo manga Ton visage au clair de lune (de Mika Yamamori), nous présente un couple de rêve, du moins, a priori. Yoi, l’héroïne, est surnommée « Prince » à cause de son physique androgyne. Mais elle voit débarquer un autre lycéen, Ichimura, qui lui aussi devient un « Prince », à cause de sa grande beauté… Ichimura ne se soucie guère de son titre. Il est plutôt du genre désinvolte. Yoi, au contraire, regrette que sa féminité soit ainsi remise en cause. Pourquoi serait-elle un prince ? Le manga nous parle du rapport au corps, du regard de l’autre, des stéréotypes…
La rencontre de Yoi avec Ichimura lui fera voir les choses sous un autre angle : plutôt que de se laisser manger par les stéréotypes, Yoi pourrait juste voir la réalité. Être féminine ne signifie pas ressembler à tous les clichés que l’on colle sur les filles…
Créé par East Fish Studio (A tes côtés/A condition called love…), l’anime In the Clear Moonlit Dush est disponible sur Crunchyroll depuis le 11 janvier. Ça faisait un bout de temps que j’envisageais d’acheter le manga… Finalement, j’ai profité de l’adaptation anime pour découvrir l’œuvre de Mika Yamamori. Après avoir vu les deux premiers épisodes, je dois t’avouer que pour l’instant, je reste un peu sur ma faim.
L’anime est pourtant très beau à regarder. On plonge tout de suite dans une ambiance un peu mélancolique, faisant écho au quotidien de Yoi, l’héroïne. L’animation est délicate, avec des lignes fines qui rendent hommage au trait de l’autrice. Je pressens peut-être une utilisation visible de la 3D, qui rend parfois certaines expressions ou actions, légèrement « figées » Mes explications étant ce qu’elles sont (pas terribles) je m’arrêterai là. J’insiste néanmoins pour te dire que l’animation est très belle ! Ne prête pas attention à mes piailleries !
Rapport au corps, féminité, masculinité
Pourquoi suis-je restée sur ma faim ? Bien sûr, je comprends la frustration de Yoi. D’un côté, elle profite des qualités forcément attribuées aux hommes. De l’autre, elle voudrait juste être appréciée pour qui elle est. Pourquoi devrait-on forcément dire d’une fille courageuse qu’elle est masculine ?
Le léger « problème » se trouve du côté d’Ichimura (le mot « problème » est sûrement trop fort…). Ne connaissant pas du tout la série, j’ai découvert un héros conforme aux stéréotypes que l’on peut avoir sur le héros de shôjo manga « beau et cool ». Comme par hasard, il est désinvolte, sûr de lui, drôle, sociable (du moins, c’est l’image qu’il renvoie pour l’instant). Un peu comme Itsuomi de A sign of affection, j’ai peur qu’il incarne l’homme parfait, très loin du mec qu’on peut croiser tous les jours (même si j’apprécie beaucoup notre petit Itsuomi ^^).
J’imagine bien Ichimura guider l’héroïne sur le chemin de sa féminité. Bien sûr, j’ignore où partira l’histoire. Peut-être que comme Yoi, Ichimura se sent en fait enfermé dans cette image qu’on veut avoir de lui… Affaire à suivre.
Hana Kimi
L’adaptation du manga Hana Kimi de feue Hisaya Nakajo est disponible depuis le 4 janvier. Tu peux aussi regarder l’adaptation drama, dispo sur Netflix depuis novembre 2025. Pour rappel, Hana Kimi raconte le pari fou de Mizuki, 16 ans, qui décide de s’inscrire dans le même lycée que l’amour de sa vie : Izumi Sano, ancienne star du saut en hauteur. Petit problème : elle vit aux États-Unis, et lui, au Japon (apparemment, ce n’est pas un problème pour elle). Autre souci : le lycée d’Izumi est un internat pour garçons. Mais ça aussi, ça ne décourage pas notre héroïne ! Ni d’une ni de deux, voici Mizuki officiellement « garçon » et camarade de chambrée d’Izumi !
Je connais surtout l’adaptation drama de Hana Kimi (disponible sur Netflix et sur Viki). Je n’ai pas encore vu l’anime, mais sait que le seiyuu Jun Fukuyama interprète Hokuto Umeda, le médecin scolaire de la série, qui deviendra vite un indispensable allié pour l’héroïne… on le voit aussi dans la bande-annonce ci-dessus. Jun Fukuyama prête sa voix à nombre de personnages, parmi lesquels Ei Sei, le roi de la série Kingdom, adaptation du célèbre manga éponyme. C’est grâce à ce titre que j’ai connu le seiyuu. Inutile de préciser que j’apprécie beaucoup le personnage de Sei… ceci est une autre histoire…
Quand il n’y en a plus… il y en a encore !
En guise de bonus, je te présente ma dernière découverte « anime shôjo » : Two F/aced Tamon (Tamon’s B-Side ; Tamon-kun Ima Docchi!?). Le manga est édité en France depuis 2023, chez Crunchyroll… qui « redeviendra » bientôt Kaze manga. Sur le Club Shôjo, la série a remporté la deuxième place Prix Shôjosei 2023 de la meilleure comédie. L’anime est produit par le studio d’animation J.C. Staff.
L’histoire parlera à tou.t.e.s les fans hardcore. Si tu as une passion démesurée envers quelqu’un (personne réelle ou fictive) ou quelque chose, tu te reconnaîtras peut-être en Utage Kinoshita. La lycéenne de 16 ans est une fan absolue du boy’s band F/ACE. Et comme toute heureuse fan qui se respecte, elle a son préféré : Tamon, le beau gosse « Sexy & Wild » aux cheveux roses. Utage est fière de partager sa passion avec ses amies du lycée, et avec les fans du monde entier.
Un jour, l’adolescente, qui a un petit boulot d’agente d’entretien, se rend chez son nouveau client. Et ce client… c’est Tamon ! Le monde d’Utage s’arrête, pour deux raisons :
- Rencontrer Tamon en vrai, c’est le désir secret de toute fan qui se respecte !
- Mais pourquoi ce Tamon-là n’a RIEN À VOIR avec le beau gosse sexy & wild qui enflamme la galaxie ?
La suite est un savant mélange de comédie et de moments plus touchants. Loin de son image de beau gosse, le jeune Tamon est ravagé par le doute et les complexes. Comment réagira Utage… ?
À ma grande surprise, j’ai vu les 7 premiers épisodes assez rapidement. Car le manga, je le connaissais, mais n’avais lu que l’extrait gratuit disponible chez mon libraire… Je dois t’avouer que, même s’il s’agit d’une comédie et que le « bouchon » a été volontairement poussé à son maximum, l’idolâtrie d’Utage, c’est vraiment quelque chose. Et je sais que de tel.l.e.s fans existent en vrai.
Comme Utage, une ancienne collègue de formation avait une passion sans limite pour l’un des membres de BTS (je te le donne en mille : Jimin). Cette collègue a donc dit un jour, très fièrement : « Jimin, c’est mon dieu ». Chacun.e sa foi, me diras-tu fort justement. Eh bien, je ne partage pas du tout cette conception. Confier l’univers entier à un simple humain… je pense que lui-même refuserait cette mission impossible, et il aurait bien raison.
Bref, cet aspect de la série ne m’enchante pas du tout. Si je laisse ça de côté, je me retrouve devant une série super drôle, avec des personnages très attachants… mais attention à la « face cachée » ! On rit beaucoup, principalement grâce au duo Utage/Tamon.
Je pense, et j’espère, que cette idée sera développée dans la série : Utage ne cesse de porter Tamon sur un piédestal, au point de dissocier ses deux personnalités. Mais le vrai Tamon n’est-il pas celui qu’elle voit au quotidien ? Lui-même n’aimerait-il pas être apprécié tel qu’il est ? Heureusement, on sent bien qu’Utage a de l’affection pour ce jeune homme tourmenté. C’est surtout pour ça que je regarde la série. Je voudrais voir comment leur relation va évoluer.
Mes coups de cœur hors série
Les mangas présentés ci-dessous étant à la base édités dans des magazines de prépublication shônen et seinen, je ne puis m’étendre sur le sujet. Je tenais tout de même à signaler ces deux pépites, qui montrent bien que les barrières shôjo/shônen ne devraient plus exister.
Tani & Suzuki – You and I are polar opposites
En France, le manga Tani & Suzuki est récemment sorti dans la collection shônen de nobi nobi!. L’anime, réalisé par le studio Lapintrack, est sorti quasi en même temps. Je n’ai pas encore acheté le manga, mais il est déjà dans ma liste : dynamique, drôle, colorée, la série a tout pour plaire !
À la base, Tani & Suzuki est un manga de Kôcha Agasawa. Haute en couleur, son adaptation anime est une vraie pépite de joie, de bonne humeur et de rires. L’héroïne, Suzuki, est hilarante (malgré elle). Elle est très extravertie et en même temps, peut se révéler très réservée. Eh oui, on est rarement 100 % extraverti dans tous les domaines, ou 100 % introverti dans tous les domaines. Son voisin de classe, Tani, est tout son contraire. Calme, posé, on le croirait volontiers très craintif… mais il montre au contraire une capacité à dire clairement ce qu’il pense, et à oser des actions… très osées, justement ! Tani & Suzuki sont très attachants (leurs camarades de classe aussi) ; on peut facilement s’identifier à eux. Le premier épisode de l’anime est un concentré de bonne humeur et de bienveillance. Vivement la suite !
Yano, une vie ordinaire / Yano’s kun Ordinary Days
Publié chez Vega, le manga de Yui Tamura nous plonge dans le quotidien mouvementé de Yano. Difficile de ne pas s’inquiéter pour ce garçon qui arrive toujours blessé au lycée ! Sa voisine, Yoshida la déléguée, n’en dort plus. Et si Yano était en danger ! Elle découvre vite le secret de son camarade : une maladresse aussi légendaire qu’inquiétante… Yoshida est bien décidée à aider Yano. Ce dernier est touché par l’attention de sa voisine de classe. Faudrait-il y voir le début d’une relation plus profonde entre les deux lycéens ?
L’adaptation du studio Ajiado est douce ; elle réchauffe le cœur. Yano est un concentré de mignonnerie ! Yoshida est brave, courageuse, attachante, et très empathique. Elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour son ami… et elle est bien la seule ! Les autres camarades semblent complètement indifférents. Je me suis retrouvée dans le côté « j’aide mon/ma prochain.e » de Yoshida. Moi aussi, j’aurais agi de la même façon. Comment ne pas s’inquiéter quand vous voyez quelqu’un toujours blessé ? (comment ça, je suis chiante et intrusive ???). Bref, Yano’s kun Ordinary Days est une belle tranche de vie qui transcende les divisions shôjo/shônen.
La petite liste présentée ci-dessus n’est bien sûr pas exhaustive ! On serait ravies que tu nous partages tes coups de cœur anime shôjosei ! Quels sont les titres que tu regardes en ce moment ? Quelles seraient tes recommandations ?


