46 vues 0 commentaires

Quand les bishies se confrontent aux thématiques LGBT

par le 29 juin 2022
 

En juin c’est le Bishie Day, mais c’est également et surtout le mois de la fierté ! Le mois pour les personnes de la communauté LGBT d’être fières de qui elles sont, celui où se passe d’ailleurs la Gay Pride. D’ailleurs, j’y ai été et c’était très cool ! Il se trouve également que ce thème est présent dans certains mangas à plus ou moins de niveaux, et pas que dans les yaoi et les yuri.

Du coup j’ai décidé, avec l’aide de Kitsu qui se sera occupée de 10th à couper le souffle, et de Nico qui aura été en charge de Nos temps contraires et Card Captor Sakura, de te présenter 5 de ces mangas et de comment ils lient leurs bishies aux thèmes LGBT !

Nos temps contraires

Nos temps contraires situe son histoire dans une société où les relations, de quelque nature que ce soit, sont gérées par des contrats. La rationalisation des rapports atteint ici son paroxysme, amplifié par le contrôle très fort de la procréation et d’autres aspects intimes de la vie des individus. En effet, pour enfanter, les habitants de cette nouvelle Terre doivent conclure un contrat et en faire la demande officielle.

Ainsi, dans ce système, il n’est pas rare de voir s’officialiser des couples queer, d’autant que dès le plus jeune âge, l’amitié contractualisée lie de jeunes individus, quel que soit leur genre. Puisque l’on parle de bishies de shôjo, intéressons-nous plus particulièrement à un couple de beaux gosses très touchants : Girafe et Lion.

Couverture japonaise du tome 5 de Nos temps contraires

Deux beaux gosses en guise de couverture : Girafe et Lion pour le tome 5 (couverture japonaise)

Le docteur Qilin, surnommé Girafe, et Léon (aka Lion) entretiennent une relation privilégiée de cet ordre puisqu’ils sont partenaires initiaux (amis depuis l’enfance pour faire simple). Leur lien transparaît comme puissant puisque Lion assiste Girafe dans les moments difficiles. Effectivement, ce dernier endure un traumatisme qui efface chaque jour ses souvenirs de la veille.

Lion est empli de tendresse envers celui qu’il aime, même s’il ne peut pas s’empêcher de souffrir pour Girafe, en particulier lorsque celui-ci retrouve – temporairement – sa lucidité. Quoi de plus poignant pour celui qui aime de voir l’être cher sombrer dans le désespoir ? Et la situation est d’autant plus terrible que même si Lion choisit de se déclarer, il sait que ce sera vain… puisque le lendemain, Girafe aura tout oublié.

Même si dans cet univers l’amour n’est pas le moteur des relations, on sent que celui-ci transparaît à travers le lien si spécial, tendre et profond qu’entretiennent les deux scientifiques.

10th – À couper le souffle

J’ai déjà évoqué la série 10th – À couper le souffle signée Yuki Inari par le biais des chroniques du tome 1 et du tome 2 (si d’ailleurs une review sur le tome 3 t’intéresserait, n’hésite pas à nous le signaler en commentaire !). Sa grande particularité – outre sa narration atypique – est le triangle amoureux qui se profile dès l’ouverture des premiers chapitres. C’est cet aspect LGBT que l’on va aborder aujourd’hui (garantie sans spoilers).

Nous avons donc d’un côté Také, jeune homme peu loquace, renfrogné et maître dans l’art de la distance sociale (bon ce n’est pas totalement de sa faute) et de l’autre côté Umeko, jeune fille pétillante, un peu (beaucoup) tête en l’air et joyeuse. Les deux lycéens sont amis d’enfance et se côtoient donc depuis de nombreuses années. Leur relation est purement amicale, aucune ambiguïté ne subsiste entre eux au moment où s’ouvre la première page du manga.

Take et Umeko n’ont d’yeux que pour le même beau gosse : Macchan

Ainsi, Také et Umeko tombent sous le charme d’une même personne : Macchan, un garçon. Commence alors une rivalité bonne enfant pour qui fera chavirer le cœur de Macchan. Le point fort de 10th À couper le souffle est la justesse des sentiments des deux ados, l’un garçon, l’autre fille : aucune différence n’est faite par l’autrice. La sexualité des personnages n’est pas remise en question par une tierce personne, et tout est parfaitement normal. Reflet d’une réalité dont bon nombre d’entre nous aspire mais qui est – malheureusement – remise sans cesse en question dans notre société.

Bless you

Bless you a la particularité d’être un manga shôjo qui raconte une histoire d’amour entre deux hommes. Bien qu’il tombe malheureusement dans le cliché des boy’s love où les hommes sont hétéros mais attirés quand même par une personne du même genre, il reste quand même incroyablement bon et intéressant autant du point de vue de sa qualité intrinsèque, que de la thématique LGBT qu’il supporte. Je l’ai d’ailleurs mis dans mon top des shôjo romantiques pour la saint Valentin !

Kenta et Yashiro - Bless you

Kenta et Yashiro – Bless you

Le couple central est composé de Kenta, qui commence par nier ses sentiments, et de Yashiro, ce dernier faisant le vœu de devenir une fille afin de plaire à l’homme qu’il aime. Tous deux sont plutôt populaires dans leur école, étant d’ailleurs déjà sortis avec plusieurs filles, donc correspondent vraiment bien au cliché type d’un personnage de yaoi qui est attiré par les deux genres au lieu de simplement aimer les hommes. Eh ! On nous sort même « oui mais tu es une exception », ce qui m’énerve de plus en plus.

Malgré tout, l’un des deux fait un changement totalement radical pour plaire à l’autre, tandis que Kenta a une évolution intéressante où il finit par accepter ses sentiments pour son meilleur ami de manière très touchante. Certes, il y a des défauts mais on a là deux bishies amoureux l’un de l’autre qui apprennent à simplement s’aimer sans se préoccuper du genre. Et c’est très beau !

The day of revolution

Pour celui-là, je me suis posée la question si je devrais l’inclure puisqu’on a là le cas d’un garçon qui apprend être génétiquement une fille. Il se trouve cependant que les personnes intersexes incluent bel et bien ces cas-là donc parler de The day of revolution est approprié !

Megumi et Kei - The day of revolution

La belle Megumi et le charmant Kei – The day of revolution

Alors oui, The day of revolution nous raconte l’histoire de Kei, qui apprend, après 15 ans de vie, qu’il est génétiquement une fille. Heureusement, le médecin lui laisse alors le choix de continuer à vivre sa vie comme un garçon ou de pratiquer un changement de sexe afin de correspondre à sa génétique. Kei fait ce dernier choix et devient ainsi Megumi, s’absentant alors de l’école pour revenir à la rentrée suivante, complètement transformée. Megumi attire alors l’attention de son ancien groupe de potes, qui reconnaissent Kei en elle et se mettent à se battre pour elle.

Il y a malheureusement une grosse part de sexisme et d’homophobie dans ce manga, les personnes faisant remarquer à Megumi qu’elle devra se marier avec un garçon. Mais le ton vraiment léger permet de pouvoir passer outre et au final elle ne sortira avec aucun d’entre eux ; celui dont elle tombera amoureux n’apparaissant qu’au second tome. Il permet cependant de se questionner sur la place du genre dans notre société, en montrant le cas d’un personnage de garçon qui est génétiquement une fille.

Card Captor Sakura

Si Card captor Sakura place son intrigue au cœur d’un Japon résolument contemporain – témoigné par de nombreux gadgets – il est une relation qui reste assez sous-entendue tout au long de la série : celle entre Yukito et Tôya, le frère de Sakura.

Jamais complètement révélé, jamais non plus caché, l’amour que se vouent les deux étudiants est à la fois délicat et passionné, le tout sur fond de mystère.

Yukito et Tôya sont amis depuis quelques années. À ce titre, ils nourrissent une tendre complicité qui point à chaque page. Mais il y a plus… On les voit souvent ensemble ; Yukito étant très fréquemment chez les Kinomoto. Les scènes qu’ils ont en commun sont tout à fait assimilables à des scènes de couple. C’est notamment le cas lorsque tous les deux assistent à un concours dans lequel Sakura participe, à la manière d’une famille. Tomoyo se sent d’ailleurs presque de trop.

Yukito et Tôya - Card captor Sakura

Yukito et Tôya, un couple tendre et discret

Désireux de protéger leur jardin secret, leur affection mutuelle passe principalement par certains gestes et attentions, tous plus délicats les uns que les autres. Ils sont la preuve, s’il en fallait une, que chacun se préoccupe de l’autre. De base, Yukito est un jeune homme très attentionné. Il l’est encore plus lorsqu’il s’agit de Tôya, qui semble être tout pour lui.

Leur relation est tellement naturelle et instinctive qu’il n’y a ni besoin d’explication ni d’officialisation. Après tout, pourquoi devraient-ils le faire ? Yukito et Tôya s’aiment de façon inconditionnelle, capables de soulever des montagnes l’un pour l’autre tout en s’acceptant mutuellement. C’est ce qui importe le plus. Ils sont les seuls maîtres de leur amour, ils en définissent les règles. Qu’aurions-nous à en juger ?

Alors bien sûr, les CLAMP savent entretenir cette ambiguïté une bonne partie de la série. C’est bon pour les affaires puisque les shippers ne pourront que se réjouir du moindre fragment de scènes entre eux ! Malgré tout, les autrices finissent par faire avouer à Yukito son amour pour Tôya. Il s’agit cependant davantage d’un trigger émotionnel pour la jeune fille, afin qu’elle avance dans sa mission et surmonte son premier amour. En parallèle, on peut également noter que l’attirance de Shaolan pour Yukito est traitée sur un même pied d’égalité que celle de notre mignonne héroïne.

À ce moment-là, Tôya et Yukito cessent d’être un fantasme pour devenir une réalité ; alors, tout prend sens. Malgré tout, les deux jeunes gens restent discrets, fidèles à eux-mêmes.

Outre l’aspect sulfureux (un peu fan service avouons-le) du sous-entendu de leur amour, il n’est jamais question de jugement sur leur genre ou leur sexualité. Tôya et Yukito sont deux êtres qui s’aiment et tiennent l’un à l’autre. Point.

Malgré les problèmes de LGBTpobie que peuvent rencontrer les personnes LGBT au Japon, on constate que ces thèmes sont de plus en plus présents dans divers mangas, que ce soit les shônen (comme Aromantic love story), les seinen (Éclats d’âme) ou les shôjo avec ces 5 exemples de mangas l’abordant de près ou de loin. Le mieux étant que ces mangas concernent souvent de beaux éphèbes attirants, au contraire de représentations LGBT comme le succulent Bon Clay que j’aime beaucoup mais qui diffuse une vision stéréotypée des hommes homosexuels. Il est donc satisfaisant d’en voir une vision plus nuancée, où on peut être très beau, voire quelqu’un de normal, et faire totalement partie de la communauté.

Sois le (la) premier(ère) à commenter !
 
Répondre »

 

Laisser un commentaire