Le Club-shojo fait sa rentrée. Les chaleurs d’août nous ont mis KO ! On reprend du service pour une nouvelle saison shôjosei. Pour survoler le mois de septembre comme des chef.fes, le Club Shôjo se met en tenue de sport, tout en révisant ses classiques littéraires, grâce au drama Chihayafuru – un nouveau cycle…
Tout d’abord, je précise que j’ai arrêté le manga Chihayafuru au 15e tome… voire même avant. Pourtant, Chihayafuru m’avait bien emballée, au début. Hélas, c’est comme s’il manquait « un petit truc » à ce manga pour m’accrocher sur la durée (je ne suis qu’une pinailleuse).
C’est pour essayer de mieux comprendre l’univers de Chihayafuru que j’ai décidé de tester le drama. Diffusé depuis cet été sur Netflix, il compte pour l’instant 7 épisodes. Certes, cette mouture ne reprend pas l’histoire du manga… et c’est tant mieux ! J’apprécie les adaptations qui permettent de voir l’œuvre d’origine sous un autre angle. Ici, l’histoire nous présente une nouvelle héroïne, Meguru, qui, bien qu’inscrite au club de karuta, n’a aucun intérêt pour ce sport. Les personnages emblématiques de Chihayafuru ne sont pas oubliés pour autant, à commencer par Kanade…
Chihayafuru – un nouveau cycle, une série accessible à toutes et tous
Même si les personnages évoquent parfois le passé, inutile de connaître le shôjo manga Chihayafuru pour découvrir le drama. Tout est fait pour rendre la série accessible à toutes et tous. Il s’agit bien d’un nouveau cycle, avec une nouvelle héroïne, Meguru. Une lycéenne bien plus intéressée par le cours de la bourse que par le karuta. Elle s’est bien inscrite dans le club de son lycée, mais uniquement parce que “ça faisait bien sur le dossier”. Elle ne suit aucun entraînement, et c’est fortuitement qu’elle se retrouve impliquée dans une compétition… que son équipe perd. Meguru l’ignore encore, mais elle sera profondément marquée par cette rencontre directe avec le karuta.
Un drama familial et bienveillant
Ce drama est familial. Comme l’univers dont il est tiré, il peut toucher tous les publics. Le duo d’héroïnes renforce cet aspect. En effet, on a une adulte, la professeure Kanade Oe, et une élève, Meguru. Si tu connais Chihayafuru, tu te souviens sûrement de Kanade, la passionnée de littérature et d’histoire. Je trouve que ce duo est une manière habile de réjouir les fans Chihayafuru (en leur montrant en plus l’évolution de Kanade) tout en captant l’attention d’un public nouveau, grâce à Meguru. Au fond, celles et ceux qui ne connaissent pas Chihayafuru (comme moi), pourront se reconnaître en Meguru. Elle aussi découvre le sport.
Le premier épisode est accrocheur. On comprend tout de suite les enjeux. Il y a un côté très actuel, avec la passion de l’héroïne pour les investissements boursiers. C’est la crise, les temps sont durs ! L’actu française et internationale est là pour nous le rappeler. Meguru a la tête sur les épaules, et pourrait même paraître trop sérieuse. À côté d’elle, Kanade et sa passion semblent presque indécents. Meguru ne se prive d’ailleurs pas de soulever l’inutilité du karuta. À l’écouter, on a même l’impression que toute forme de sport, de jeu, ou même de discipline, comme la littérature, est inutile… Mais la jeune fille va rapidement revoir son jugement, captivée malgré elle par la beauté du karuta. La fin du premier épisode donne vraiment envie de découvrir la suite.

L’équipe de karuta du lycée Umezono, de gauche à droite : Chikara, Sota, Fuki, Meguru, Chieri et Haruma
Faut-il poursuivre ses rêves ?
C’est une question universelle, qui raisonne particulièrement en cette période de rentrée scolaire, universitaire et professionnelle. Le drama nous présente deux grands problèmes.
Le premier est celui de l’héroïne. Elle ne comprend pas cette “perte de temps” qu’est le karuta et préfère investir pour son avenir. On salue son pragmatisme, mais en même temps, on se rend bien compte qu’elle ne va pas bien. Sa passion des chiffres cache une grande souffrance… une souffrance teintée de jalousie et de complexes. Comment avancer lorsqu’on se sent nul-le ? Comment se (re)motiver après une série d’échecs ? Les nouveaux personnages qui apparaissent de le drama (Chieri, Fuki…) se posent les mêmes questions.
L’autre problème est celui de Kanade. Elle espérait vivre de sa passion, et semble presque avoir honte de sa vie de professeure. Comment concilier passion et vie active ? Pourquoi n’a-t-elle pas eu le destin spectaculaire de Chihaya ?
Impossible de rester impassible devant les questionnements de la professeure et des élèves. Ils nous renvoient à nos propres interrogations, à nos rêves, aux difficultés de la réalité… c’est un aspect touchant du drama qui, je l’espère, continuera d’être développé par la suite.
(Re)découvrir le karuta grâce au drama
J’en viens presque à me demander s’il existe un club dans ma ville ! Chihayafuru – un nouveau cycle réussit à nous transmettre la passion du karuta. Une belle harmonie se crée entre les passionné.e.s du sport et entre celles et ceux qui le découvrent… Le drama montre également les difficultés bien réelles des joueurs et joueuses de karuta. Comment recruter plus de membres ? Comment intéresser les jeunes à ce sport ? Comment préserver le lien intergénérationnel ? Comment continuer de rêver, malgré les menaces de fermeture de clubs et de coupes budgétaires ?
J’ai vraiment l’impression que les rêves/passions, la jalousie et les complexes seront les principaux thèmes qui sous-tendent la série. Bien sûr, on espère que tous les personnages trouveront leur voie et parviendront à communiquer leur passion. C’est un autre thème dont parle le drama. Certains personnages, à commencer par l’héroïne, semblent afficher une « personnalité publique » , pour mieux se fondre dans la masse, mais aussi pour mieux cacher leurs passions réelles et leurs appréhensions…
Quelle belle découverte ! On passe vraiment un bon moment. Je n’ai pas parlé de la “forme” du drama, qui est également bien plaisante : c’est coloré, c’est aérien. Les scènes de récitation des poèmes (à la base du karuta) sont particulièrement poétiques.


