Banana Fishi édition 25 ans

Paru en 1985 au Japon dans le magazine de prépublication Betsucomi, Banana Fish a su s’imposer comme un grand classique. En France, Panini l’édite une première fois en 2003, puis une seconde fois en édition perfect en 2021. En 2018, la série est adaptée en anime, disponible en streaming sur Prime Video. Cette année, Panini Manga fête ses 25 ans et propose pour l’occasion une toute nouvelle couverture à Banana Fish.

Ash, un jeune chef de gang new-yorkais de 17 ans mène une enquête pour savoir ce qui est arrivé à son grand frère Griffin. Celui-ci a en effet perdu la tête lors de la guerre du Vietnam et n’arrête pas de répéter deux mots en boucle : Banana Fish. Ash croisera la route d’Eiji, un photographe japonais de 19 ans venu faire un reportage sur les gangs à New-York. Il se retrouvera embarqué malgré lui dans le monde de la pègre.

Un shôjo violent

Dès les premières pages, Akimi Yoshida nous met dans le bain. Au Vietnam, le frère d’Ash se met à tirer sans raison apparente sur ses compagnons. Quelques pages plus loin, gros plan sur un cadavre sanguinolent. Juste après, Ash découvre un homme agonisant. Que de morts en seulement quelques pages !

L'image d'un cadavre paru dans les premières pages du manga banana fish

Cet homme mourant dont je te parlais plus haut confie à Ash une petite capsule et lui susurre à l’oreille quelques mots avant de trépasser sous ses yeux. On devine de suite qu’il lui a donné de la drogue et que cette mystérieuse substance se retrouvera en filigrane tout au long du manga.

Après cette entrée en matière plus que limpide, l’autrice nous présente son héros : Ash, de son vrai nom Aslan Callenreese. Il baigne dans l’univers du crime depuis son plus jeune âge. C’est un tireur hors pair qui a su se faire respecter des jeunes sous ses ordres, à l’exception d’Arthur qui l’envie et cherche à le doubler.

On découvre aussi qu’Ash a ses entrées chez Dino F. Golzine, surnommé papa Dino, un parrain de la mafia new-yorkaise. L’autrice distille de menus indices sur le passé sombre d’Ash et la façon dont il a été attiré dans ce monde trouble. On comprend bien vite pourquoi il est aussi torturé.

Dans la seconde partie de ce volume, la violence s’intensifie. Ash est incarcéré. Nous voilà alors plongées dans l’univers carcéral américain où les pots de vin, les règlements de compte et les viols sont monnaie courante.

Des enquêtes policières

Lorsqu’on ouvre le manga nous ne pouvons pas le refermer sans avoir achevé de le lire tant le suspense est intenable. L’autrice maîtrise son récit et les événements s’enchaînent sans nous laisser souffler. Mais on en redemande !

Banana Fish, que se cache-t-il derrière ces deux mots que rabâche Griffin, le frère d’Ash ? C’est ce qu’Ash aimerait savoir. Il voudrait comprendre comment et pourquoi son frère a été transformé en légume. En effet, depuis la guerre du Vietnam, Griffin ne reconnaît même plus son entourage et semble plongé dans un état semi-végétatif.

Parmi les personnes qui s’intéressent à Banana Fish et au mystère qui entoure ces deux mots, il y a aussi un journaliste du nom de Max. Ash le côtoiera lors de son passage en prison. Il connaît Griffin. Il faisait partie des compagnons sur lesquels il a tiré au Vietnam. Il se pose les mêmes questions qu’Ash et mène ses propres recherches qu’il a consignées dans un dossier.

Dans les premières pages du manga, nous faisons également connaissance avec des policiers qui s’interrogent sur de mystérieux suicides. Toutes ces morts étranges semblent liées à papa Dino. Ils mènent une enquête parallèle à celle d’Ash. Il y a fort à parier que ces différentes quêtes finiront par se rejoindre.

Des personnages très contrastés

D’un côté, il y a Ash, un chef de gang, blond aux yeux verts. De l’autre il y a Eiji, un japonais fraîchement débarqué à New-York. Ce sont les deux protagonistes de cette série.

Ash est intelligent. On le surnomme Ash Lynx, en clin d’œil à sa perspicacité. Il est charismatique et a l’âme d’un leader. Il est impulsif et suit ce que son cœur lui dicte. Il fonce dans le tas quand ses amis sont en danger. Il n’est pas non plus le dernier pour coller une raclée à un mec qui lui aurait manqué de respect.

Eiji est japonais. Il débarque à New-York avec sa vision du monde très éloignée du quotidien des gangs new-yorkais dans lequel évolue Ash. Eiji se retrouve embarqué malgré lui dans cet univers trouble. On pourrait s’attendre à ce qu’il panique et ne fasse que gêner les autres personnages. Il n’en est rien. Il est débrouillard et pleins de ressources.

Ce contraste se retrouve aussi dans les dessins très propres et nets. Il n’y a que très peu de décors avec parfois de grands aplats de couleur noire. Cette parcimonie dans les décors sert à mettre l’accent sur la scène qui se déroule ou les expressions des personnages. Les trames utilisées par Akimi Yoshida sont de plus très éloignées des codes du shôjo avec des traits ou des étoiles évoquant la violence.

Banana fish - scène de bagarre

Les dessins sont très différents des classiques du genre. Ici, les vignettes sont rectilignes et parfaitement découpées. On est plus proche du shônen (voire du comics) que du shôjo. En effet, les dessins de shôjo se caractérisent par des planches très déstructurées et des vignettes aux contours flous. Grâce à ce coup de crayon très sobre, la lecture de Banana Fish est simple et fluide.

Banana Fish a su me captiver de la première à la dernière page. J’ai suivi avec le plus grand plaisir les aventures d’Ash dans sa quête de la vérité. J’ai vraiment hâte de lire le deuxième tome de cette série, véritable ovni dans le monde du shôjo.

Banana Fishi édition 25 ans
Banana Fish tome 1
En bref
Banana Fish est initialement paru dans le Betsucomi (magazine de prépublication shôjo) en 1985. Cette série réellement originale dans le monde du shôjo n'a pourtant pas pris une ride tant elle s'avère captivante.
Scénario
9.5
Personnages
9
Dessins
7
Ta note0 Note
0
Point(s) positif(s)
Un univers original pour un shôjo
Une histoire passionnante avec beaucoup de suspense
Un récit bien huilé
Des personnages intéressants et contrastés
Une jolie édition
Point(s) négatif(s)
Les dessins des personnages qui datent un peu
8.5
Note globale

Caro

Fan de shôjo sans être ni fleur bleue, ni romantique pour un sou, c'est possible ! J'en suis la preuve ! ^^

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