Le Clan des Poe tome 1

Edgar du Clan des Poe

Qu’il est bon de retrouver Moto Hagio dans le paysage littéraire francophone ! Dix ans après la sortie de son anthologie aux éditions Glénat et du Cœur de Thomas chez Kazé Manga (collection Kazé Classic, aujourd’hui indisponible), c’est au tour du Clan des Poe d’arriver en librairies.

Cette série du magazine Bessatsu Shôjo Comic (aujourd’hui appelé Betsucomi) parue au Japon entre 1972 et 1976 dans sa première partie, inaugure la collection Héritages d’Akata, visant à proposer des œuvres « patrimoniales ». Elle totalisera deux tomes dont le premier compte presque 500 pages. Un beau bébé en somme !

J’en parle depuis l’annonce mais j’ai tellement voulu être ce jour où je pourrai tenir le premier tome entre mes mains. C’est désormais chose faite : un bonheur irrépressible m’envahit ainsi qu’une certaine nervosité. Je savais que j’allais aimer – or  je ne m’attendais pas à recevoir une telle claque, autant visuelle que narrative. Et travailler sur cette chronique me donne l’occasion de renouer avec mes marottes que sont les mouvements littéraires et artistiques.

Chose exceptionnelle, la présente publication se veut un peu plus longue que la normale. Avant de parler du cœur du sujet à travers ses thèmes, j’ai jugé nécessaire de recontextualiser l’œuvre et son édition.

Illustration originale du 1er tome du Clan des Poe (première édition – tankobon)

Angleterre, XVIIIe siècle. Adoptés par les Portsnell, aristocrates anglais aux yeux de la société, vampanellas pour leur cercle intime, Edgar et Marybelle sont frère et sœur. Transformés à leur tour en êtres surnaturels, leur vie est rythmée par l’errance et le changement fréquent de domicile, afin de ne pas attirer les soupçons.

Le premier est un jeune garçon très vif qui rêve d’une seule chose : retrouver son humanité, tout en protégeant sa jeune sœur. Alors qu’il s’est disputé avec son père, il fait la rencontre d’Allan Twilight, qui semble être du même âge apparent que lui. Très désireux d’en faire son ami, il décide de s’inscrire à l’école afin de pouvoir côtoyer d’autres camarades. Mais en intégrant la vie du commun des mortels, Edgar prend des risques et le secret des Portsnell risque d’être découvert…

Un bel écrin perfectible

Pour ce retour tant espéré, Akata a souhaité mettre les petits plats dans les grands, proposant pour cette collection « Héritages » des ouvrages au format de 147 × 210 mm, le tout constitué d’une couverture souple et d’illustrations couleur à l’intérieur – le cas échéant. Pour Le Clan des Poe, l’éditeur nous gratifie d’ailleurs de très belles images en couverture, celle de la quatrième étant en bichromie.

Dans l’idée, il était question d’accueillir des suppléments « permettant un appareil critique adapté (remise en contexte de l’œuvre, interviews, avis d’éditeurs japonais…) pour permettre au lectorat francophone d’en comprendre l’importance ».

Or, la préface rédigée par Fausto Fasulo, fondateur de la revue ATOM et co-directeur artistique du Festival d’Angoulême, peut paraître lacunaire. Elle n’en demeure pas moins intéressante puisqu’elle retrace rapidement les premières années de l’autrice ainsi que ses rencontres avec d’autres collègues (telle Keiko Takemiya). Elle nous parle également de ses influences. Cela représente ainsi un premier pas pour qui souhaite en découvrir davantage sur l’artiste. Et j’imagine que c’est là le but : pouvoir toucher un plus large public, en dehors de la sphère des amateur·ices de shôjo vintage et de Moto Hagio.

Le premier tome du Clan des Poe – et les illustrations des couvertures des prochaines séries de la collection Héritages

Si tu souhaites en apprendre plus sur l’autrice, Julia a réalisé un très beau fil Twitter dans lequel elle replace la mangaka dans son contexte. Il me servira d’ailleurs de référence pour la prochaine partie dédiée à Moto Hagio elle-même.

Quant à la postface réalisée par la traductrice Miyako Slocombe, elle nous permet de mieux saisir son rapport à l’œuvre en elle-même, du point de vue de son adaptation, entre volonté de rester assez proche du médium d’origine et crainte de ne pas réussir à bien retranscrire la densité narrative du titre.

En outre, je tiens à saluer le très beau travail d’édition sur ce premier volume. Certes, le papier demeure assez translucide – on le remarque principalement sur les parties sans décor. De mon côté, cela ne m’a pas dérangée, bien que je puisse comprendre qu’on puisse être gêné·e. Akata a précisé retravailler sa copie pour l’avenir. Gageons que le résultat sera du meilleur effet ! L’ouvrage est agréable à prendre en main grâce à la souplesse de sa couverture et on peut profiter au mieux des superbes planches de ce récit !

Notons d’ailleurs que la composition de la couverture – sublime – provient d’Isabel Ferreira et le lettrage a été réalisé par Elsa Pecqueur. Nostroblog a d’ailleurs interviewé cette dernière qui revient sur son parcours tout en nous donnant quelques précisions concernant son rôle – notamment – dans l’adaptation graphique (choix de typographie, onomatopées, etc.) et la mise en page de la version francophone.

Moto Hagio, une autrice majeure du shôjo

Souvent qualifiée d’Osamu Tezuka au féminin, Moto Hagio est bien plus qu’une simple comparaison à l’une des plus célèbres figures du manga d’après-guerre. Son œuvre a su traverser les générations de lecteur·ices mais aussi de mangaka, les inspirant et leur servant de modèle.

Le jeune Edgar – illustration de la première de couverture sur cette édition francophone

Affilée au mouvement informel du Groupe de l’An 24, nous la reconnaissons également en tant que précurseure au shônen-ai (ancien nom donné aux histoires homoérotiques mettant en scène un couple de garçons). Aux côtés de Keiko Takemiya (Destination Terra disponible chez Naban, Kaze to ki no uta – inédit), Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles disponible chez Kana, Très Cher Frère – plus commercialisé) et bien d’autres, elle donne la part belle aux bishônen – ces beaux éphèbes à l’allure androgyne.

Comme le souligne Julia, Le Clan des Poe rencontre très vite du succès au moment de sa parution, récompensé par le 21e Prix Shôgakukan en 1976, avec Nous sommes onze.

Il sera notamment en rupture et réimprimé dans l’urgence pour faire face à la demande.

Tandis qu’en 2019 elle célèbre ses 50 ans de carrière, elle entre trois ans plus tard au Hall of Fame des Eisner Awards.

Son œuvre est fortement imprégnée par son goût pour la science-fiction et la psychanalyse occidentales. Julia cite notamment le romancier allemand Herman Hesse, affilié à l’école de Carl Jung.

Lyrisme et influences romantiques

Le romantisme est un mouvement artistique et littéraire apparu en Allemagne puis en Grande-Bretagne dès la fin du XVIIIe siècle. Il s’est ensuite étendu à toute l’Europe, touchant par la même occasion les États-Unis.

Ce courant place l’expression des sentiments au-dessus de la raison, insistant sur les exaltations et passions. Un certain lyrisme transparaît à travers les dialogues souvent très dramatiques. Dans la peinture, cela s’exprime également par des visages très marqués au niveau de leurs expressions : la peine, la peur sont exacerbées. La nature y apparaît le plus souvent déchaînée. De même, une certaine nostalgie des auteurs pour une époque médiévale idéalisée se manifeste à travers leur écrits.

Le romantisme est pluriel, chaque pays l’ayant adapté à son contexte politique et culturel. Ainsi, le romantisme britannique permet aux artistes d’exprimer leur attrait pour l’étrange et le gothique. Il s’inspire beaucoup du roman gothique, lui-même dérivé de l’univers shakespearien et ayant fortement influencé l’un de ses sous-genres : le romantisme noir. Edgar Allan Poe, un romancier américain en est d’ailleurs l’une des figures majeures.

Alors que le romantisme joue sur l’équilibre entre sentiments positifs (célébration du sublime) et sentiments négatifs (mélancolie, nostalgie, folie, le tout dans des atmosphères macabres et angoissantes), le romantisme noir penche vers le côté sombre.

En nommant deux de ses personnages Edgar et Allan, l’hommage du Clan des Poe à l’auteur ainsi qu’au mouvement dans lequel il s’inscrit devient une évidence.

L’autrice place son décor principal dans la campagne aristocrate anglaise du XVIIIe siècle – la première histoire me servant de référence. La nature y joue alors un grand rôle, tour à tour inquiétante (à travers le brouillard de certaines journées, dangereuse (à cause de ses pluies diluviennes et ses vents tonitruants) et sublime (lorsque le temps est au beau fixe).

Nous découvrons ainsi de belles bâtisses cossues habitées par de riches propriétaires élégamment vêtus. Toute cette délicatesse contraste d’ailleurs avec les événements que certain·e·s s’apprêtent à vivre, changeant leur destin à tout jamais.

Alors que la série entre dans son cinquantenaire, le style de l’autrice est tellement frais et agréable qu’il pourra plaire à toutes celles et ceux qui souhaitent se mettre au vintage. La mise en scène est certes très riche et dense à certains moments qu’on a peine à respirer. Toutefois, elle nous ménage de nombreux espaces de pause, le tout grâce à un trait maîtrisé et précis.

Charles, un jeune garçon, fait la rencontre de Marybelle

La figure du vampire : entre séduction et effroi

À travers Le Clan des Poe, Moto Hagio choisit de s’attaquer au mythe du vampire, figure hautement célèbre dans la littérature de tous continents. Qu’il fascine ou qu’il effraye, le vampire jouit d’une réputation qui ne laisse personne indifférent. Dans son œuvre, ils apparaissent sous le nom de vampanella, un terme qu’elle a inventé. Tout en lui donnant les caractéristiques de la bête aux dents pointues, cela lui permet une certaine liberté dans sa façon de les représenter.

L’autrice traduit à merveille cette dualité. Les humains qui côtoient de près ou de loin Edgar et sa famille se retrouvent à la fois irrémédiablement attirés par l’envie d’en savoir plus et complètement effrayés lorsqu’ils découvrent le pot-aux-roses. Les yeux perçants d’Edgar reviennent à chaque fois comme l’image la plus saisissante qu’ils en aient, au-delà de l’horreur de certaines scènes plus gores évidemment.

Edgar au regard perçant et glacial

C’est en général cette curiosité malsaine qui cause leur perte. Leurs regrets se lisent sur leur visage, tandis que la vie va leur être ôtée. En cela, Moto Hagio parvient à nous transmettre l’ensemble de ces sentiments grâce aux visages très expressifs des personnages.

De la même manière que les humains qui croisent la route du Clan des Poe n’en sortent pas indemnes, notre héros et sa jeune sœur Marybelle voient leur destin bouleversé à tout jamais. Tel un conte présentant sa morale en sous-texte, ce récit nous permet aussi de comprendre qu’il est parfois plus salutaire de ne pas chercher à connaître la vérité sur un phénomène étrange.

L’immortalité comme une malédiction

Ce premier tome du Clan des Poe se compose de différentes histoires qui se passent à des époques distinctes à chaque fois.

On voyage ainsi à travers le temps, suivant Edgar, de près ou de loin. Parfois, nous le voyons directement. D’autres fois, il s’agit de sa légende, plus précisément celle de son « clan » – bien qu’il est à parier qu’il soit présent quelque part en Angleterre (ou ailleurs) au moment de l’action. L’autrice nous ballade ainsi de la fin du XVIIe siècle jusqu’à la moitié du XXe dans ce premier opus.

Le récit ne se déroule pas dans l’ordre chronologique. Nous faisons des bons dans le temps au gré des chapitres qui défilent. Cela peut perturber au début mais on s’y fait finalement très vite. L’autrice réussit à nous accrocher grâce à quelques indices disséminés au tout début (le nom d’un personnage par exemple).

De plus, l’événement tragique qui se produit dedans sert également de repère. Même sans marqueur temporel directement inscrit en didascalie, je n’ai pas eu trop de peine à raccrocher les wagons. Et je trouve ça presque amusant de chercher à quelle époque se déroule chaque histoire.

Edgar, notre référence temporelle

De fait, les époques changent mais toutes présentent une certaine permanence, exprimée par l’intermédiaire d’Edgar, le fil conducteur « rassurant » de l’ensemble de cette histoire. Alors que les personnes qu’il côtoie sont différentes, lui reste le même, imperturbable face au temps qui passe, conservant cette apparence juvénile. D’une certaine façon, cela le condamne à une certaine solitude et son immortalité apparaît alors comme une malédiction.

Edgard au milieu des fleurs

L’espèce humaine a soif d’immortalité et souhaite plus que tout demeurer le plus longtemps possible sur Terre. Que ce soit à travers l’envie de conserver une apparence jeune ou préserver le mieux possible sa santé grâce aux progrès de la médecine, nous n’avons de cesse de vouloir lutter contre la course implacable du temps. C’était vrai à l’époque de la sortie du Clan des Poe, cela reste encore complètement d’actualité. La série n’a donc pas mal vieilli, bien au contraire !

Via Edgar, l’autrice nous montre un autre visage, moins positif, de la vie éternelle. En effet, une fois qu’on a fini de faire tout ce que l’on désirait dans notre vie, que nous reste-t-il ? On finit par se sentir bien seul·e et assez blasé·e puisque plus rien n’a de saveur, tout a été vécu. Tout finit par se ressembler, les gens, leur attitude. Rien ne change vraiment. La seule affliction est provoquée par la disparition d’autrui. Edgar apparaît totalement dévasté à ce genre d’occasions. Projette-t-il son traumatisme passé ?

Tromper la solitude

Lorsque nous le rencontrons pour la première fois, Edgar est un jeune garçon vif, débordant d’énergie et qui souhaite plus que tout retrouver son statut d’être humain. Il veut faire comme les autres enfants de son âge – apparent. Il souhaite aller à l’école, se faire des amis, etc. C’est d’ailleurs au détour d’une rencontre avec Allan, un autre garçonnet, que cette envie lui prend. Cette solitude imposée lui pèse bien que trop… Ainsi, de la même manière que ses parents adoptifs, il va tenter de recréer son propre foyer, ses propres compagnons d’infortune.

Si le temps ne semble pas avoir de prise sur Edgar, il ne le rend que plus triste. Il se montre au final davantage cruel pour le vampanella que ses homologues humains. En parallèle, la mangaka s’attache à nous montrer ses effets sur certains personnages restés humains. On sent une pointe de nostalgie – pas non plus démesurée – mais ce qui ressort c’est que les années défilant, ils ont acquis en sagesse. La passion d’autrefois laisse place à davantage de mesure.

Une vie d’errance

Cette vie immortelle – ou quasi – condamne Edgar et son clan à demeurer discrets, les forçant à fuir dès que les soupçons de leur identité commencent à devenir de plus en plus grands.

Les Portsnell, aristocrates le jour, vampanellas la nuit

À la manière d’une tragédie au théâtre (certainement shakespearienne pour coller au tableau), les événements semblent vouloir se répéter. Chaque fois qu’ils s’installent quelque part, ils attisent la curiosité par leur mode de vie, leur jardin empli de roses toutes plus enivrantes les unes que les autres, et leur beauté fatale. Et plus ils s’attachent à rester entre eux pour ne pas faire de vague, plus les humains sont curieux à leur propos. C’est la raison pour laquelle, ils reviennent certaines fois sur leurs terres – en dehors du temps et de toute réalité – pour disparaître quelques années. Seuls les promeneurs perdus parviennent à les atteindre…

La fatalité touche notre héros de plein fouet, surtout en ce qui concerne ses relations avec autrui. C’est comme si toutes celles et ceux qui étaient proches de lui finissaient par lui être enlevé·e·s. Sa sœur est de constitution fragile, craignant les jours de pluie qui affaiblissent considérablement son organisme. Surprotecteur, il lui voue une véritable fascination et un amour fraternel très intense. Sans trop en dire pour ne pas spoiler, le destin qui attend Allan sera très certainement similaire.

Edgar et Marybelle, un frère et une sœur qui tiennent fort l’un à l’autre

Au final, ce premier tome du Clan des Poe a été un véritable régal de lecture. Les quasi 500 pages défilent à vive allure, alors même que j’ai pris mon temps pour admirer chaque case et chaque détail. Bien qu’ancrée dans une Angleterre de la fin du XVIIIe siècle (hors sauts dans le temps), l’histoire demeure saisissante de modernité, ce même 50 ans après sa première publication. Le destin des différents personnages réussit à me toucher, quand bien même leur condition diffère très franchement de la mienne car Moto Hagio a su leur insuffler une très belle humanité !

Pour aller plus loin

D’autres lectrices et lecteurs en parlent

Pour compléter ton avis, voici les articles et fils Twitter d’autres lectrices et lecteurs de ce premier volume :

Références

« Histoire de l’art – Les mouvements dans la peinture – Le romantisme ». Consulté le 16 avril 2023. http://www.histoiredelart.net/courants/le-romantisme-9.html.

La langue française. « Le romantisme (1820-1850) – mouvement littéraire », 11 octobre 2022. https://www.lalanguefrancaise.com/litterature/le-romantisme-1820-1850-courant-litteraire.

« Le romantisme ». Consulté le 16 avril 2023. https://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/romantisme.php.

« Qu’est-ce que le romantisme ? | Beaux Arts ». Consulté le 16 avril 2023. https://www.beauxarts.com/grand-format/le-romantisme-en-3-minutes/.

« Romantisme noir ». In Wikipédia, 11 juillet 2022. https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Romantisme_noir&oldid=195236991.

Edgar du Clan des Poe
Le Clan des Poe tome 1
En bref
Moto Hagio nous offre un formidable voyage à travers la campagne anglaise, grâce à Edgar et son clan. Résolument moderne, l'histoire nous parle d'éternité et de malédiction.
Je remercie les éditions Akata pour l'envoi de ce tome en service presse.
Crédits images : POE NO ICHIZOKU PREMIUM EDITION Vol.1 by Moto HAGIO ©2019 Moto HAGIO
Scénario
10
Personnages
10
Dessins
10
Ta note0 Note
0
Point(s) positif(s)
Un récit plus que jamais moderne
Une histoire aux influences romantiques
Le lyrisme
Edgar et Allan, deux personnages très attachants
Un style graphique agréable
Point(s) négatif(s)
Le papier un peu translucide (mais pas un critère gênant de mon côté)
Une préface un peu légère
10
Note globale

Nico

Véritable cœur d'artichaut, je suis friande de romances poignantes. Plus une série me fait pleurer, plus je l'aime !

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