Stray Cat and Wolf tome 1

La curiosité m’a piquée lorsque j’ai perçu la couverture du premier tome de Stray Cat and Wolf, le shôjo de Mitsubachi Miyuki, autrice de Cheeky Love. Qu’a donc donné ma lecture de cette nouveauté éditée par les éditions Delcourt/Tonkam et sortie le 1er février dernier ?

Tamaki Mishina est une lycéenne de seize ans, campagnarde qui s’est exilée à Tokyo après le décès de son père qui l’avait élevée. Débrouillarde, réticente à nouer des liens sociaux, elle se retrouve sans le vouloir dans l’appartement de Logan, un jeune homme de vingt-deux ans qui accepte de la dépanner pour quelques nuits… malgré le fait qu’ils ne se connaissent absolument pas ! Musicien, coureur de jupons, Logan est l’opposé même de ce qu’a toujours connu Tamaki : il est bruyant, son appartement est sale, mal rangé et sent atrocement la cigarette et l’alcool… et pompon sur la Garonne : il n’est même pas sympathique !

Un chat errant rencontre un loup

Parlons d’abord de la jeune Tamaki qui se révèle assez vite être une jeune fille perdue autant dans l’espace que dans le temps puisqu’elle se retrouve à Tokyo, sans toit au-dessus de la tête car elle ne pouvait plus rester dans son précédent logement. Elle est aussi très seule puisqu’elle ne connaît absolument personne dans la capitale et qu’elle n’a pas d’interactions sociales… Un peu à part, un peu sauvage, elle révèle rapidement aux lecteurs et aux lectrices qu’elle ne trouve pas sa place en ce bas monde depuis que son père est décédé. Elle vivait dans un village très lointain avec sa grand-mère où les gens ne l’approchaient pas et l’appelaient « l’étrangère » car on ne connaissait pas l’identité de sa mère… Pas évident alors pour une fillette de se construire avec ce peu de chaleur humaine et où personne ne lui a jamais dit « Je veux que tu restes ».

Pour Tamaki, fuir ce petit village isolé était sa porte de salut…

Nous sommes donc face à une jeune fille fragile, qui a probablement un gros manque d’amour enfoui au fin fond de son cœur. Arrive alors Logan, ce jeune homme de vingt-deux ans, qui s’engouffre dans la porte béante de son insécurité. Logan est un musicien passionné puisqu’il est guitariste pour un groupe amateur avec qui il fait quelques concerts. Bien qu’il affiche une mine blasée la plupart du temps, il se déchaîne sur scène où il peut enfin s’exprimer. C’est d’ailleurs en le voyant jouer que Tamaki a un « coup de foudre » pour ce garçon qu’elle trouve transcendé lorsqu’il se met à jouer. Pour elle qui a peur du moindre bruit tant elle est habituée au calme de sa campagne, c’est une révélation.

Le charme Logan opère lorsqu’il est sur scène.

Mission : cohabiter ?

Le cadre est posé et les deux individus aux caractères bien trempés doivent apprendre à cohabiter le temps d’un été. En effet, Logan accepte d’héberger la jeune fille jusqu’à la rentrée, le temps qu’elle se trouve un autre endroit où dormir. Ce qui devait être éphémère s’inscrit dans le temps et un quotidien se dessine entre les deux jeunes gens. Logan joue de la musique, Tamaki en a le poil hérissé, il va jouer dans ses concerts, rencontre des filles, travaille le soir dans un bar, et Tamaki se surprend à songer : « que représente Logan pour moi ? ». D’autant plus que le jeune homme fait d’ailleurs des efforts pour ne plus la brusquer, allant jusqu’à décliner l’invitation de ses potes à sortir faire la fête… « Son chat » n’aime pas lorsqu’il rentre à la maison avec des odeurs inconnues sur lui (comprenez bien le parfum d’autres femmes).

« Mon chat »

Pour ma part, j’ai du mal avec le surnom que donne Logan à Tamaki en l’appelant « mon chat » puisqu’ici nous ne sommes pas dans le surnom affectueux mais dans une notion de propriété. Surtout venant de la part d’un garçon plus âgé. J’ai la désagréable sensation que cela « objectifie » d’une certaine manière la lycéenne qui se retrouve tributaire du bon vouloir de son « sauveur ». D’autant plus qu’il s’agit d’une fille très jeune (seize ans) et qu’elle va inévitablement idéaliser, voire fantasmer, ce jeune adulte qu’elle trouve si cool d’une certaine manière. Peut-être que l’appel de l’interdit joue également dans le rapprochement inévitable qui se profile entre les deux protagonistes.

Une… relation ?

Il m’a été difficile d’apprécier ma lecture je dois le reconnaître, et je ne pense pas être, de fait, la plus à même de parler de Stray Cat and Wolf. La relation qui se noue entre les deux protagonistes, dont l’une est mineure rappelons-le, m’a gênée et me fait sortir un énorme red flag de mon sac : je ne peux cautionner une relation amoureuse entre un jeune homme de vingt-deux ans et une lycéenne qui, de surcroît, se retrouve dans une situation d’extrême fragilité puisqu’elle est livrée à elle-même, sans adulte bienveillant (et non intéressé par autre chose peut-être ?) pour la conseiller. J’ai grincé des dents dès le début du manga lorsque Logan se comporte de manière hyper ambiguë avec Tamaki, frôlant le mauvais goût et flirtant avec le non-consentement.

Je ne continuerai pas cette série à titre personnel tant je n’adhère pas à la relation entre Tamaki et Logan. Toutefois, je sais que ce shôjo trouvera son public et ses défenseurs, et c’est sans jugement aucun que je leur souhaite une bonne lecture !

Stray Cat and Wolf tome 1
En bref
Je ne continuerai pas cette série à titre personnel tant je n'adhère pas à la relation entre Tamaki et Logan. Toutefois, je sais que ce shôjo trouvera son public et ses défenseurs, et c'est sans jugement aucun que je leur souhaite une bonne lecture !
Un grand merci aux éditions Delcourt pour l'envoi de ce tome en service presse.
Crédit : NORANEKO TO OOKAMI © 2019 by Mitsubachi Miyuki / HAKUSENSHA Inc.
Scénario
5
Personnages
6
Dessins
7
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0
Point(s) positif(s)
Point(s) négatif(s)
La relation "amoureuse" qui se développe entre Tamaki (16 ans) et Logan (22 ans) : un gros frein de mon côté !
6
Note globale

Kitsu

Mon mantra : shôjo et chocolat 🍫

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