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Les genres de shôjo : diversité et originalité

par le 10 octobre 2011
 

Les shôjos sur la société japonaise

Terreur en milieu scolaire

Nombreux sont les titres qui abordent un sujet sensible, proche de la réalité. Des phénomènes de société qui dépassent l’absurdité. Malheureusement ils existent, et touchent dès le plus jeune âge. Suenobu Keiko, l’auteur du manga Life, écrit et illustre bien ces cas gravissimes qui touchent le milieu scolaire. Il est question dans son oeuvre d’aborder l’Ijime (intimidation). Chez les Occidentaux, cette pratique peut paraître insignifiante, bien que les brimades existent aussi sur nos territoires. Cependant sur le sol nippon, ce phénomène semble plus amplifié et dramatique au point que certains mangakas n’hésiteront pas à s’en servir comme sujet principal dans leurs travaux. Pour en revenir à Life qui est un très bon exemple du manga qui ne se dope pas aux stéréotypes du conte de fées, le titre dépeint la descente aux enfers d’une héroïne torturée, persécutée à la fois sur le plan psychologique et physique. En somme, ce shôjo dégage un portrait de l’adolescence très inquiétant et alarmant. Oeuvre culte, Hana yori dango de Yoko Kamio traite aussi des brimades à l’école sur un ton peut-être plus positif et avec humour, à l’opposé de Life. Quoique le début de la série, entre une tentative de viol et autres brimades, est loin de faire sourire. La différence de catégorie sociale entre le personnage féminin principal qui est pauvre et du reste de sa classe plus riche les uns que les autres, fait de l’héroïne une souffre-douleur. La mise en situation de différence entre les divers acteurs dans les shôjos est souvent employé. Ce n’est pas seulement une question d’argent mais aussi de cote de popularité, d’appartenir à tel groupe ou encore le souci de l’apparence physique afin de ne pas être dévalorisé ou rabaissé par autrui.

Manga Cat Street
Fond d’écran – Manga Cat Street

Rejet et socialisation

Les relations superficielles dans les mangas féminins semblent être parfois soulignées à des fins manipulatrices ou pour pouvoir s’intégrer dans un groupe ou encore d’établir une excellente réputation vis-à-vis des autres. C’est le cas notamment dans Cat Street. Souvenez-vous par exemple de l’excellente entrée en matière de ce shôjo. Suite à une trahison de son amie, l’héroïne voit sa personne brisée en éclats. Alors qu’elle était promise à une belle carrière, la jeune adolescente se referme sur elle-même jusqu’à être une Hikikomori. L’héroïne de l’histoire dresse un mur à la vie extérieure, voire même à sa famille, durant plusieurs années. Yoko Kamio dévoile les conséquences de son mal-être. En s’empêchant de se socialiser et d’exprimer ses émotions clairement, son personnage perd progressivement confiance en elle et perd toute estime de sa personne. Moins sombre qu’un manga tel que Life, Cat Street est une oeuvre optimiste qui apporte des solutions aux difficultés dont fait face l’adolescente. Nous noterons aussi dans ce titre, la pression dans laquelle les parents mettent à son enfant dès le plus jeune âge pour réussir son avenir. Dans la même lignée, Aishiteruze Baby, en dépit de ces apparences de manga très « kawaii », traite des thèmes fort bien dramatique tels que le rejet, l’abandon et maltraitance parentale. Le souci de socialisation semble toucher les Japonais. Les problèmes d’intégration, de rejet sont des thèmes qui reviennent souvent et c’est le cas notamment dans les mangas féminins. Ces phénomènes de société sont assez bien retranscrits à travers un shôjo. Ils sont décrits avec beaucoup de finesse et sensibilité sur un ton comique ou de manière pessimiste.

Par YaSu

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