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Revue de presse : semaine du 15 au 21 février 2021

par le 22 février 2021
 

La semaine passée, il n’y a pas que les températures qui ont chauffé. Mon esprit aussi ! Je me suis énervée avec ce que je pourrais appeler une nouvelle saison de la série “Et si on disait n’importe quoi sur le shôjo”. Je t’en dis plus après ma sélection de chroniques.

Cette semaine reste toutefois très positive avec de nombreux articles traitant de shôjo, tous aussi passionnants les uns que les autres, ainsi qu’une interview très intéressante réalisée par Yaoi Cast avec Bruno Pham.

Les chroniques de la semaine

Cette semaine encore, de nombreuses chroniques sont sorties. C’est pourquoi, je te propose une petite sélection d’article que j’ai bien appréciés. Comme la dernière fois, les articles sont listés par date de publication.

So Charming – Tome 10 : Dans cette chronique, Euphoxine revient sur le dernier tome de la série sorti le 5 février aux éditions Kana. Le titre en comptera 14 au total. Si la lecture lui est restée agréable, elle note cependant quelques petits bémols, que je n’évoquerai pas ici. Je reconnais être passée totalement à côté de ce titre – et n’avais pas fait le rapprochement avec l’autrice d’Aozora yell. 😓 Maintenant, j’ai bien envie de le découvrir !

Ocean Colored Polaris de Yushi Wu : tampopo24 revient sur le récent one-shot de Yushi Wu sorti aux éditions Chatto Chatto. Le trait de l’autrice, ainsi que la “belle revisite du mythe des sirènes” ont su la séduire, malgré un côté assez classique. N’ayant pas encore lu ce volume unique, cela me permet de voir rapidement de quoi il en retourne, ce qui n’est pas plus mal.

Outsiders tome 1 : La toute nouvelle série shôjo publiée chez Ki-oon a le vent en poupe sur la blogosphère ! En effet, de nouvelles chroniques ont été publiées la semaine dernière par 3 blogueuses :

Toutes les trois notent un début prometteur et pas si cliché que ça, tout en étant inspiré de la bit-lit (Twilight, Vampire diaries, etc.). De plus, la fin du volume semble augurer un retournement de situation intéressant. Néanmoins, tampopo24 remarque le côté inégal du dessin de l’autrice : tantôt surchargé, tantôt moins bien maîtrisé.

High School Lala Love : Xander continue son tour d’horizon des séries BL/yaoi avec ce one-shot publié par Boy’s Love IDP. Ça a l’air très drôle, en particulier avec ce héros au cœur d’artichaut, qui se fait des films !

Héroïne malgré moi T02 de Fuyu Amakura : Après un premier tome ne l’ayant pas convaincue, Julie F. / Artemissia Gold a davantage apprécié la lecture du deuxième volume. Le graphisme ainsi que l’intégration de nouvelles intrigues sont ses points forts. Ce titre en 4 tomes publié chez Kana me fait de l’œil depuis l’annonce de sa sortie, pourtant je n’ai pas franchi le pas. L’avis de Julie m’encourage à me procurer le début pour tester.

Given – tomes 1 à 5, Natsuki Kizu : Dans cette chronique, Starmornielna évoque les 5 premiers tomes de Given, édité par Taifu Comics. Elle parle de son coup de cœur pour cette série qui parvient à traiter différents thèmes avec beaucoup de subtilité. L’histoire est également très intense, ce qui pourrait plaire à mon cœur de guimauve !

Du côté de la blogosphère anglophone

Parce que la blogosphère anglophone est également très riche en créateurs et créatrices de contenu, découvre – quand ce sera possible – une à deux publications en anglais, sur des titres parfois inédits encore en version francophone.

The King’s Beast Manga Volume One Review : A_Ziebrah s’intéresse à la toute nouvelle série de Rei Toma (L’arcane de l’aube) disponible chez Viz depuis le 2 février. The King’s Beast m’intriguait beaucoup, aussi ai-je voulu découvrir son avis. Malgré le joli trait de l’autrice, elle n’a pas réussi à se plonger dans l’histoire ni à s’identifier aux personnages. Elle n’en ressort pas forcément conquise mais ça ne démonte pas ma motivation. Au moins, je sais à quoi m’attendre !

Coup de gueule

Pas une semaine ne passe sans que le shôjo ne soit critiqué ou dénigré. Quand ce ne sont pas les éditeurs qui traitent les histoires de cette catégorie éditoriale avec dédain (re-catégorisation en seinen, shônen et j’en passe), ce sont les médias qui aiment en ajouter une couche.

Au bout d’un moment ça suffit ! En tant que lectrice – amatrice – de shôjo, j’ai l’impression de me sentir insultée à lire de la m**de.

Sur Club Shôjo, cela fait près de 12 ans que nous essayons de promouvoir le shôjo, comme une lecture qui vaut vraiment le détour. Nous tentons également de montrer que le shôjo est très varié. Il y a de la romance certes – et quand bien même ça ne veut pas pour autant dire que c’est nul – mais on trouve des récits historiques, gores, fantastiques, post-apocalyptiques, parmi tant d’autres exemples.

Le 18 février dernier, le site 9eme Art sort un article abordant la nouvelle collection de Glénat, Shôjo+ en l’intitulant : Shojo+ : la nouvelle collection de Glénat pour rendre au genre ses lettres de noblesse. Sans prendre connaissance du contenu, le titre me fait déjà sortir de mes gonds ! Mais avant de parler de cette publication, remontons aux origines du problème.

Aux origines : la sous-collection Shôjo+ de Glénat

Quelques mois auparavant, Glénat annonçait l’arrivée d’une sous-collection visant à “casser les codes du shôjo classique” et “apporter un nouveau regard”. Pour son lancement, l’éditeur avait vu grand en proposant trois titres en simultané : 100 jours avant ta mort, Une touche de bleu et Alter ego. Et pour montrer que ce n’est pas du shôjo comme les autres, le code couleur a été revu. Exit le rose vif (ça fait trop fille, m’comprenez), bienvenue au violet (plus neutre, la fusion du magenta et du cyan, la synthèse garçon-fille) !

Le problème de cette sous-collection c’est qu’il n’y a qu’un seul de ces trois titres qui soit catégorisé shôjo (100 jours avant ta mort). Une touche de bleu est pré-publié dans un magazine mixte, n’ayant pas spécialement de catégorie éditoriale, tandis qu’Alter ego est ce qu’on pourrait trivialement appeler un global manga. “Redorer” – et je mets des guillemets – l’image du shôjo en proposant deux titres qui ne sont pas des shôjo, avouons que c’est un peu bizarre non ? Rien que dans le choix des titres, on démarre mal.

Le deuxième problème c’est que son but est d’aller à l’encontre des clichés, de proposer autre chose et ouvrir de nouveaux horizons. Bon, soit. Je ne nie pas que le shôjo souffre d’une image négative, souvent associée à tord à de la romance lycéenne. On retrouve beaucoup de titres traitant de ces thématiques dans les rayons des librairies, mais ce ne sont pas les seuls. En modifiant la cible – puisqu’en France la plupart des collections correspondent à des cibles éditoriales – et en présentant ces mangas comme des shôjo, le risque d’enfermer la catégorie est encore plus grand. Les aprioris et clichés continueront de perdurer. Donc pour l’ouverture vers de nouveaux horizons, on repassera.

Autant dire que beaucoup de lecteur-ices de mangas n’ont pas tardé à réagir à ces propos. Le/la CM de Glénat a d’ailleurs dû apporter quelques explications complémentaires pour justifier cette position, plutôt bancale.

Glénat se prend donc pour le Messie qui va sauver le shôjo de sa mauvaise réputation. L’idée de proposer des titres qui sortent de sentiers battus me séduit mais il faut le faire correctement !

On en rajoute une couche avec un article à la qualité douteuse

Dans son article traitant de la sous-collection Shôjo+, 9eme art attaque fort dès l’introduction – et même dès le titre. L’auteur reprend les mots de Glénat à travers l’expression : rendre “au genre ses lettres de noblesse”.

Doit-on déjà rappeler que le shôjo n’est pas un genre ? Il s’agit d’une cible éditoriale, au même titre que le shônen ou le seinen. Celle-ci est déterminée par le magazine de prépublication japonais dans lequel le manga est paru, avant sa compilation en tomes. Ce n’est donc ni plus ni moins qu’une segmentation du marché des lecteurs de mangas. Il y a bien sûr des codes propres à chaque cible, pour pouvoir plaire à la catégorie visée mais cela n’empêche pas d’avoir des œuvres très variées au sein d’un même magazine.

Ensuite avec “ses lettres de noblesse”, on peut supposer que le shôjo doit être réhabilité. Il a connu un âge d’or (notamment avec les succès de Nana et Switch girl), ce qui est vrai, puis depuis quelques années c’est la traversée du désert. L’idée est donc de lui faire remonter la pente. Mais cette traversée du désert ne serait-elle pas due à un appauvrissement de l’offre francophone ? Forcément, si des titres comme Les enfants de la baleine, prépublié dans le Mystery Bonita (Nos temps contraires, Kieli) sont re-catégorisés en seinen, cela contribue à faire penser au lecteur ou à la lectrice que le shôjo ne peut pas parler d’autre chose que d’amour et qu’un garçon ne saurait être le personnage central du récit.

Puis dans l’introduction, le journaliste oppose les thématiques connues du shônen et du shôjo :

  • du sang, de la baston et une quête dans le shônen
  • l’amour pour le shôjo

D’un côté, on définit le shônen selon 3 sujets, alors que pour le shôjo, il faut croire qu’on ne parle que d’amour. De plus, pour le shônen le vocabulaire utilisé est plutôt mélioratif (“la part belle”) tandis que pour évoquer la caractéristique “principale” du shôjo, on est tout de suite dans le discours négatif (“a la réputation”).

De manière générale, cet article donne l’impression d’être un copier-coller d’un communiqué de presse que l’éditeur aurait transmis pour pouvoir vanter les qualités de cette nouvelle sous-collection. Il n’y a aucune mise en perspective ou discussion sur le choix des titres, alors qu’une simple recherche aurait suffi à comprendre qu’il n’y a pas 3 shôjo stricto sensu. Je ne parle pas de la qualité intrinsèque des œuvres, mais leur pertinence dans cette sous-collection qui vise à proposer quelque chose de différent. Manga-News évoque lui aussi ses doutes quant à sa cohérence.

L’interview de la semaine

Pour finir cette revue de presse sur une note plus enrichissante, découvre l’interview de Bruno Pham, Directeur de collection des éditions Akata par Nico de Yaoi Cast.

C’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’actualité des titres BL, GL et LGBT+ de l’éditeur (Mes yeux rivés sur toi, Tant qu’il le faudra, etc.). Bruno évoque également le positionnement particulier d’Akata par rapport au numérique et à la publication par chapitre.

D’ailleurs, jusqu’au 25 février, il est possible de profiter de certains tomes à prix réduit (1,99 € le volume).

Opération Saint Valentin - Akata
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