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Revue de presse : semaine du 15 au 21 mars 2021

par le 22 mars 2021
 

C’est une nouvelle semaine qui commence ! Tandis que le printemps a pointé le bout de son nez samedi dernier, je te propose un petit récapitulatif des articles et autres publications parues entre le 15 et le 21 mars.

Les chroniques de la semaine

Commençons cette revue de presse par ma sélection de chroniques publiées la semaine dernière. De l’horrifique au plus mignon, en passant par de la tranche de vie, ce fut une semaine fort riche !

Le Perce Neige de Rensuke Oshikiri et les blessures de l’enfance : Dans cet article, L’Apprenti Otaku revient sur ce diptyque de Rensuke Oshiriki publié chez Omake Books. Après avoir situé l’œuvre générale de l’auteur pour mieux comprendre ses thèmes de prédilection, il nous gratifie d’un très bel avis aussi passionnant que le titre est intense ! Le Perce Neige aborde donc des sujets difficiles, sans tourner autour du pot ni détour. Le rendu est très cru autant visuellement que psychologiquement parlant. Il n’est assurément pas à mettre entre toutes les mains.

Nos Meilleures Vies de Kanna Kii, l’anti-Asano : Benjamin Benoît d’IGN France s’intéresse rapidement à ce tout dernier one-shot de Kanna Kii. Nos meilleures vies est un one-shot plaisant, lumineux et très beau graphiquement parlant. C’est un titre qui m’attire particulièrement puisqu’il fait partie de mes plus grandes attentes shôjo de 2021.

Mon coloc’ d’enfer tome 1 : Rioko Sakura nous dévoile son avis sur le premier tome de Mon coloc’ d’enfer, disponible aux éditions Pika. L’histoire est certes classique et simple mais ça fonctionne. La romance est présente. Toutefois, comme elle le dit si bien, tout ne tourne pas exclusivement autour de ça. L’auteure s’attache notamment à développer une jolie galerie de personnages, à travers les colocataires de l’héroïne ainsi que ses interactions. En somme, ce fut une agréable lecture pour elle ! À titre personnel, je la seconde dans ce qu’elle dit, ayant ressenti la même chose à la lecture de ce premier volume. 🙂

Mochi et compagnie de Hiromu Shinozuka : Aventurons-nous dans un récit mignon à travers la chronique d’enairolf du blog Les lectures de Floriane. Mochi et compagnie est un shôjo tout mignon et sans prise de tête. Même si elle ne lirait pas que ça, elle a été attendrie par cette histoire qui réchauffe le cœur. Que ce soit son héroïne altruiste ou les créatures qui l’entoure, enairolf a été charmée par les personnages. Et de mon côté, je me laisserais bien tenter !

& – And tome 1 : Mari Okazaki revient en version française à travers cette œuvre que j’avais commencée et beaucoup appréciée en scans, n’osant pas espérer la voir un jour arriver. En attendant de te partager mon avis, trois chroniques sont d’ores et déjà disponibles :

À travers &, Mari Okazaki aborde l’un de ses thèmes de prédilection (la pression sociale subie par les femmes), ce que Pommy ne manque pas de relever. Euphoxine, très touchée par l’un des protagonistes, note également que l’autrice a déjà commencé le développement de ses personnages. Si toutes les deux ont été enchantées par leur lecture, Djihane ressort un peu plus éprouvée par ce premier tome. Il aborde sans détour des thématiques difficiles que sont le harcèlement sexuel ou encore les inégalités hommes/femmes.

Mon coup de cœur

Je te présente ma chronique coup de cœur de la semaine passée. Elle concerne un manga que j’affectionne tout particulièrement.

Please Save My Earth (ou PSME pour les intimes) : Gemini du blog Le Chapelier Fou est revenu sur sa relecture de l’histoire de Please save my earth, profitant pour nous gratifier d’une jolie chronique à son sujet. Cette relecture lui a fait prendre conscience que même si la série offre de sérieuses qualités en termes de narration (gestion des révélations, etc.), certains propos sembleraient très compliqués à mettre en avant aujourd’hui. Nous sommes face à un titre de la fin des années 1980 et cela se ressent sur certains aspects.

Du côté de la blogosphère anglophone

Lorsque cela est possible, je te présente un article issu de la blogosphère anglophone. Cette semaine, brain du blog Brain vs. Book a souhaité évoquer un recueil – japonais – abordant la science fiction dans les shôjo entre 1948 et 1992 : Shojo manga no uchu.

Shojo Manga no Uchu: Tosho no ie (ed.) : Cette compilation présente notamment les grandes autrices (Keiko Takemiya, Moto Hagio, Yumiko Ôshima, etc.) qui ont contribué à traiter de la science fiction dans leurs œuvres. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur leurs carrières respectives, tout en évoquant leurs titres SF. Il y a également une mise en avant des œuvres de SF classées par magazines de prépublication. Enfin, la dernière partie montre des couvertures de romans SF (étrangers pour la plupart) réalisées par ces artistes de shôjo.

L’auteur(ice) du billet déplore d’ailleurs que la science-fiction ne soit pas autant abordée qu’avant dans les récits shôjo. Il est vrai qu’en voyant toute la richesse des titres qui ont contribué à cet âge d’or, on ne peut que s’en attrister. Malheureusement, ce n’est pas le genre de compilations que nous verrons en version française. Mais je tenais tout de même à en parler parce que la SF est un genre très présent dans le shôjo – surtout dès la deuxième moitié du XXe siècle.

De plus, ce recueil, bien qu’intéressant pour la culture, reste trop en surface. Cela manque d’analyses plus approfondies : pourquoi un tel boom pour la SF à cette période ? Malgré tout, pour servir de référence et de point de départ, cela reste un très bel objet.

La discussion de la semaine

Il y a près d’un mois je passais mon coup de gueule à propos de la façon dont le shôjo est très souvent considéré. Tanja du blog Last Eve a également voulu réagir sur le sujet, en se demandant plus particulièrement s’il était nécessaire de redorer le blason du shôjo dans son article : Redorer le blason du shôjo : pourquoi faire ?

Elle apporte une réflexion intéressante sur cette façon plutôt particulière que les éditeurs ont eue de se réapproprier, en interprétant à leur façon, les catégories éditoriales japonaises. Par exemple, dans la littérature – et particulièrement les romans – on a plutôt tendance à catégoriser les titres selon les thématiques abordées (histoire, SF, fantastique, etc.) même si la chick lit fait ici figure d’exception. Il y a bien sûr une notion de cible éditoriale, mais elle se fait davantage sur l’âge : jeunesse, young adult, adulte.

Le hic, et Tanja le précise, c’est qu’au Japon cette catégorisation genrée du public revêt un caractère plus large puisque plusieurs genres (romance, historique, sport) peuvent s’inclure dans le shônen, le shôjo ou encore le seinen. Or, chez nous, il y a une certaine tendance à ne classer en shôjo que ce qui a de la romance et en shônen ce qui contient de la baston. Tout le reste c’est pour le seinen, ce savoureux fourre-tout où on classe tout ce qui ne rentre pas dans l’une ou l’autre catégorie.

Son article reste volontairement ouvert pour laisser place à la discussion, que je ne manquerai pas de rejoindre dans les prochains jours en venant commenter ce bel article de réflexion.

Pour ma part, je ne sais pas s’il faut redorer l’image du shôjo ou carrément changer de fusil d’épaule. Faut-il déconstruire ces catégories shônen, shôjo et seinen pour ne parler qu’en thématiques ? Cette façon de classer les séries fonctionnait sûrement bien au début, où le marché du manga était balbutiant, où il fallait convaincre un public et le fidéliser. À présent, le marché est mature, a son public, même s’il continue toujours son expansion puisque les ventes restent importantes.

D’ailleurs, malgré ces catégories, au tout début des années 2000, un peu avant que je ne me mette aux mangas, plein de titres super passionnants et variés sortaient. Des shôjo fantastiques, de SF ou encore d’aventures étaient fréquemment publiés chez de gros éditeurs : Alice 19th, Fushigi yûgi, X, Tokyo babylon, etc. Il y avait bien sûr des romances lycéennes (Hana yori dango, Peach girl, A romantic love story, etc.). Et l’horreur ne faisait pas exception avec Tomie, notamment. À cette époque, il n’y aurait donc eu aucun problème pour que Les enfants de la baleine paraissent dans la catégorie shôjo de chez Glénat.

Donc, bon, le problème ne vient pas tant de la qualité intrinsèque de la catégorie puisqu’on a potentiellement des titres qui touchent des sujets très différents. Il serait plutôt bon de revoir nos aprioris sur le shôjo, et cela peut passer en premier par les éditeurs, qui tentent de proposer des œuvres plus variées à nouveau, pas forcément dans les catégories historiques calquées sur les japonaises mais peut-être via d’autres collections. Kana et sa collection Life le font très bien. Akata, de son côté, s’emploie à montrer toute la richesse du shôjo. En tant que relais d’opinion, les journalistes et blogueurs(euses) ont aussi leur rôle à jouer. Ils disposent d’une caisse de résonance pouvant permettre de faire bouger les choses. Enfin, les lecteurs en tant que consommateurs ont aussi leur mot à dire. Si l’offre peut influer sur la demande, l’inverse est tout aussi exact.

La vidéo de la semaine

Les éditions Chattochatto nous ont proposé cette semaine une petite vidéo sympathique sur le monde de l’édition, et ses coulisses. À titre personnel, j’adore en savoir plus sur les dessous d’un univers, en particulier celui qui me pousse à parfois dépenser une centaine d’euros par mois pour assouvir ma passion des mangas. 🤭

Le directeur de éditorial de Chattochatto nous en dit donc davantage sur le dossier d’édition et sur comment faire pour être édité(e). Il donne notamment, avec beaucoup d’humour, quelques conseils sur la manière de proposer un dossier pertinent qui puisse être retenu par l’éditeur.


Il est temps pour moi de conclure cette revue de presse. Merci de m’avoir lue et je te souhaite une agréable semaine !

Sois le (la) premier(ère) à commenter !
 
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